844 millions de personnes sans eau potable et 2,3 milliards sans toilette

Protos
17 novembre 2017
La Journée mondiale des toilettes, le 19 novembre, est destinée à prendre des mesures pour les 2,4 milliards de personnes qui n’ont pas accès à des installations sanitaires. À cette occasion, Glo.be vous propose une contribution de l’un des partenaires de la Coopération belge au Développement: l’ONG Protos, active dans la gestion de l’eau et son utilisation durable.

En juillet, le Joint Monitoring Programme (JMP) de l’Organisation mondiale de la Santé et de l’UNICEF a publié un rapport sur les avancées dans le monde en matière d’eau potable, d’assainissement et d’hygiène. Il y a encore beaucoup de pain sur la planche pour atteindre l’Objectif de Développement durable 6 (ODD6) – eau propre et assainissement – d’ici 2030.

Les précédents rapports du JMP soulignaient les avancements des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) concernant des installations « améliorées ou non améliorées » pour l’eau potable et l’assainissement. L’ODD 6 va beaucoup plus loin en visant des « services gérés en toute sécurité ». Ainsi, les ménages doivent disposer en permanence d’eau potable propre en suffisance, et de toilettes séparées qui évacuent et traitent de manière sûre les déjections.

Quelques chiffres de 2015

En 2015, 71 % de la population mondiale bénéficiaient de services d’approvisionnement en eau potable gérés en toute sécurité: 5,2 milliards de personnes disposaient d’une installation d’eau potable à la maison ou à proximité, leur fournissant de l’eau potable propre lorsqu’ils en avaient besoin. 17 % (1,3 milliard de personnes) doivent se contenter d’un service de base: une source d’eau potable améliorée qui se situe à une distance de maximum un quart d’heure. 844 millions d’individus ne disposent même pas de ce service de base: ils sont à plus d’une demie heure d’une source d’eau potable (263 millions), dépendent d’une source non améliorée comme un puit ou une source où des animaux viennent aussi s’abreuver (423 millions) ou boivent de l’eau de surface des rivières, des lacs ou des canaux (159 millions).

À peine 39 % de la population mondiale peut utiliser un service d’assainissement géré en toute sécurité: 2,9 milliards d’individus ont leur propre installation sanitaire qu’ils ne doivent pas partager avec d’autres ménages. Ils sont assurés que leurs déjections sont évacuées et traitées de manière sûre. 2,1 milliards de personnes (29% de la population mondiale) disposent de leur propre installation sanitaire, mais ne bénéficient que d’un service de base: les déjections ne sont ni évacuées ni traitées. 32 % – 2,3 milliards de personnes – doivent se satisfaire d’encore moins: ils partagent leurs toilettes avec d’autres ménages, utilisent une installation non améliorée (par exemple un trou dans le sol) ou n’ont simplement pas d’installation et doivent faire leurs besoins en plein air (892 millions d’individus). Cela fait 337 millions de personnes de moins qu’en l’an 2000, soit une diminution de 22 millions par an. Ce chiffre a diminué dans toutes les régions du monde, sauf en Afrique sub-saharienne et en Océanie.

À peine 39 % de la population mondiale peut utiliser un service d’assainissement géré en toute sécurité: 2,9 milliards d’individus ont leur propre installation sanitaire qu’ils ne doivent pas partager avec d’autres ménages.

Blocs de toilettes de bonne facture.
© Stefanie Buyst

Il est temps de passer à la vitesse supérieure

Sur le plan de l’hygiène, beaucoup de pays en développement sont encore au bas de l’échelle. Dans les pays les moins développés, à peine 27 % de la population disposent de la possibilité de se laver les mains avec de l’eau et du savon. En Afrique sub-saharienne, ce chiffre ne s’élève qu’à 15%.

Bien que l’hygiène soit essentielle pour la santé publique, elle n’a pourtant jamais été traduite en indicateurs ou en cibles au sein des OMD. Désormais, le JMP assurera un suivi du nombre de personnes qui disposent d’une installation de base pour se laver les mains avec de l’eau et du savon, du nombre de personnes qui utilisent une installation limitée (sans eau ou savon), et de combien d’individus n’ont aucune installation.

Parvenir à des approvisionnements en eau potable gérés en toute sécurité à travers le monde entier est un objectif très ambitieux. Le défi est encore plus grand pour les installations sanitaires. 38 % de la population mondiale est reliée à un réseau d’égouttage, mais tous les égouts ne conduisent pas à une station d’épuration. Et 38 autres pourcents de la population mondiale utilise une fosse septique ou des latrines améliorées.

Trop de personnes n’ont pas accès aux services de base pour l’eau potable, les sanitaires et l’hygiène. La grande majorité habite en zone rurale. Il est grand temps de remédier à ces inégalités!

 

Lien vers le rapport: https://washdata.org/reports

Auteur de l’article: l’ONG Protos. Avec ses partenaires, Protos œuvre au fil des ans pour offrir des services durables en matière de l’eau potable, des toilettes, et de l’eau pour l’agriculture à environ 100.000 personnes en Afrique et en Amérique latine. Protos est un partenaire de la Coopération belge au Développement.

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