Au Pérou, les producteurs de quinoa augmentent leurs revenus

ILO/OIT
05 janvier 2018
Le programme Céréales des Andes – initiative conjointe OIT-FAO-UNESCO – à non seulement permis d’améliorer le niveau de vie des producteurs de quinoa bio mais a également contribué à l’émancipation économique des femmes.

Benjamina Gonzalo Nina, productrice de quinoa de 52 ans, s’est battue pendant des années pour gagner sa vie. Elle faisait partie des milliers de petits agriculteurs pauvres des régions péruviennes d’Ayacucho et de Puno qui ne pouvaient pas eux aussi tirer parti de la demande mondiale grandissante de ces « super céréales ».

Le Pérou est le plus gros producteur de quinoa au monde, suivi par la Bolivie, et à eux deux ils représentent 80 pour cent du commerce mondial. Pourtant, tandis que les exportations de quinoa – une céréale andine sans gluten et riche en protéines, en acides aminés et en vitamines – ont augmenté de manière exponentielle ces dernières années, cela n’a pas entrainé d’amélioration de la qualité de vie ou d’augmentation des revenus des cultivateurs péruviens comme Nina.

Ce n’est que lorsque Nina a participé à un projet de deux ans financé par le Fonds ODD, un mécanisme de financement multi-institutionnels et multi-donateurs créé par les Nations Unies pour réaliser les Objectifs de développement durable, que sa situation a commencé à s’améliorer. Créé en 2015, le programme conjoint Céréales des Andes, de 3,8 millions de dollars, devaient aidé 2 350 cultivateurs d’Ayacucho et Puno, des régions rurales très pauvres et où sont produits 78 pour cent du quinoa péruvien.

« On nous a notamment appris à distinguer et à sélectionner les types de semences, à connaître les céréales les plus demandées sur le marché. Auparavant, on semait sans connaître les types de semences mais maintenant nous connaissons les propriétés et les bienfaits de chacune d’entre elles », explique Nina, mère de quatre enfants. « Avant, nous produisions peu mais grâce au modèle d’entreprises coopératif, nous sommes davantage présents sur le marché du quinoa ».

Le Programme est une initiative de l’Organisation internationale du Travail (OIT), de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’UNESCO, en partenariat avec le gouvernement du Pérou, le secteur privé, les coopératives et les universités. Il a favorisé la création de coopératives agricoles et d’emplois verts, permis aux producteurs de négocier de meilleurs prix de marché et contribué à introduire des systèmes de production écologiques de quinoa.

On nous a notamment appris à distinguer et à sélectionner les types de semences, à connaître les céréales les plus demandées sur le marché. Auparavant, on semait sans connaître les types de semences mais maintenant nous connaissons les propriétés et les bienfaits de chacune d’entre elles.

(1)	Une productrice de quinoa péruvienne pose dans un champ.
© ILO

Le dividende du bio

Grâce au programme, les agriculteurs ont vu leur revenu augmenter de 22 pour cent par rapport à 2014-15 et, pendant la campagne 2015-16, près de 23 tonnes de quinoa bio certifié pour les marchés américain, européen et brésilien ont été achetées.

« La vente directe du producteur au consommateur final, à l’export ou sur le marché national, est une bonne initiative parce qu’elle nous apporte ce que nous avons toujours souhaité : un meilleur rendement de notre produit et une source de revenu directe pour les producteurs, évitant ainsi que seules les grandes  entreprises en tirent profit », constate une productrice de quinoa, Candy Condori Mamani.

Le projet a également contribué à améliorer la qualité des aliments et la nutrition au Pérou en promouvant cette céréale – découverte dans les montagnes andines il y a plus de 3 000 ans et faisant parti du patrimoine alimentaire de la région. Le quinoa est remarquable par sa diversité génétique, sa résistance et sa capacité d’adaptation à des conditions environnementales rudes. La recherche indique aussi que ce peut être une culture alternative viable face à des menaces telles que la chaleur, la salinité, la sécheresse et le changement climatique.

 

Grâce au programme, les agriculteurs ont vu leur revenu augmenter de 22 pour cent.

Quinoa en emballages divers.
© ILO

Les coopératives de quinoa

Miriam Elvira Guerrero Cabrera est une formatrice My.Coop de l’OIT qui a  informé 31 agriculteurs d’Ayacucho qui participaient au projet, des avantages de créer et d’adhérer à des coopératives.

« L’aspect de la comptabilité les a beaucoup intéressés. En matière de production, la question des approvisionnements, c’est–à-dire comment se procurer les semances, comment sélectionner les fournisseurs,- un élement qu’ils ne prenaient pas en compte quand ils signaient un contrat - a été très utile. Et enfin, dans le module de la commercialisation, ils ont découvert les outils nécessaires pour négocier, ainsi que la question de la qualité et de la certification du quinoa », précise Mme Cabrera.

« Nous travaillons actuellement sur la question des exportations, parce que nous sommes certifiés par l’Institut national de l’innovation agraire (INIA) pour la production de quinoa bio depuis l’an dernier », déclare Guillermo Cutimbo Aza, président de la coopérative Capro Semillas basée à Puno. « Ce qui est sûr, c’est que la formation que nous avons reçue a été très bénéfique et nous a permis d’aller de l’avant ».

Les produits de la coopérative Campo Verde, par exemple, ont été utilisés par un chef péruvien, Gastón Acurio, pour créer le plat signature de son restaurant, un plat à base de quinoa. Tandis que des barres énergétiques de kiwicha et de quinoa bio pour enfants ont été  élaborées grâce aux activités du projet visant à renforcer  la formation.

Le programme Céréales des Andes a aussi contribué à  l’émancipation économique des femmes. Elles représentent environ 31 pour cent des agriculteurs au Pérou et sont aussi celles qui subviennent principalement aux besoins de leur famille.

Ce programme conjoint est un excellent exemple de la façon dont nous pouvons agir comme « Une seule ONU », en tirant parti du savoir et de l’expérience propres à chacune des trois agences de l’ONU. Concrètement, cela veut dire que des groupes extrêmement démunis, comme les femmes rurales des régions isolées de Puno, pouvaient bénéficier d’une large gamme de services de l’ONU.

 

Source: OIT

 

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