Connecter enseignants et élèves dans le monde entier

Aurélie Van Wonterghem
07 août 2018
Koen Timmers est un passionné de sa branche, l'« e-learning ». En 2000, il a terminé sa formation en fondant sa propre école en ligne : www.Zelfstudie.be. À partir de là, il a commencé à élargir ses possibilités d'apprentissage en ligne en dehors des frontières belges. Connecter des jeunes du monde entier pour leur faire acquérir des compétences de manière ludique donneune plus-value à son rôle d'enseignant.
Portret Koen Timmers

 

Qui ?

Koen Timmers

 

Quoi ?

Divers projets qui réunissent des enseignants et des élèves du monde entier.

 

Pourquoi ?

Dans le domaine de l'enseignement, les écoles mettent encore trop souvent l'accent sur la mémorisation et les examens. On prête également trop peu d'attention aux compétences humaines (soft skills) et à l'empathie. Avec une technologie économique (peu coûteuse ?), Koen souhaite connecter des classes du monde entier, afin qu'elles s'apportent mutuellement des compétences issues de leurs origines culturelles multiples.

J'ai toujours été intéressé par l'e-learning. Lorsque j'ai obtenu mon diplôme, j'ai gagné le Digistudent Award avec une application. J'ai ainsi pu partir en voyage éducatif en Afrique du Sud. C'était la première fois que je prenais l'avion et que je voyageais hors de l'Europe. J'ai été témoin de beaucoup de pauvreté et j'ai tissé un lien avec l'Afrique, qui s’est révélé important pour mes décisions et mes projets par la suite.

 

Enseignement de qualité dans un camp de réfugiés

Il y a trois ans, j'ai fondé le projet Kakuma. Kakuma est un camp de réfugiés au Kenya qui abrite 200 000 personnes  venant entre autres du Soudan, du Congo et du Burundi. Après un entretien sur Skype avec Moses, un collaborateur du camp de Kakuma, je lui ai promis de l'aider afin d'élever le niveau de l'enseignement au sein du camp. Là-bas, les enseignants doivent en effet s'en sortir avec peu de moyens. Chaque classe compte entre 150 et 200 élèves, avec un manuel pour cinq enfants. L'infrastructure nécessaire à la réalisation de ce projet faisait défaut, mais j'ai bénéficié de l'aide de FilmAid pour l'approvisionnement en électricité et la connexion internet. J'ai envoyé mon propre ordinateur portable, et grâce à un crowdfunding, j'ai pu envoyer 20 ordinateurs supplémentaires, un panneau solaire et une infrastructure internet.

Le projet Kakuma prodigue une aide matérielle et éducative. Par « aide matérielle », j'entends les manuels, les ordinateurs, entre autres. L'aide éducative consiste en des leçons que nous donnons aux réfugiés via Skype. De cette manière, ils peuvent recevoir un enseignement de qualité. Des enseignants de 45 pays différents discutent sur Skype deux fois par semaine, chacun à leur tour, avec les élèves du camp afin de leur apprendre les mathématiques, les sciences, la littérature et la religion. Par ce même canal, les réfugiés acquièrent non seulement des compétences de base, mais ils échangent également leurs expériences à propos des habitudes, de la culture, de la religion et du sport. Les enseignants internationaux ont ainsi un aperçu réel de la vie des jeunes réfugiés. Le projet inspire également les enseignants locaux à donner cours d'une manière plus efficace et en sont reconnaissants. C'est ainsi qu'un enseignant kenyan a contracté un prêt afin de pouvoir payer son billet d'avion pour me rencontrer à Dubaï.  

Dans le camp de réfugiés Kakuma, chaque classe compte entre 150 et 200 élèves, avec un manuel pour cinq enfants.

Les élèves du monde entier en dialogue

Le projet Climate Action rassemble des élèves de 250 écoles, réparties dans 69 pays, pour aborder la question du climat. Je pars du principe que les enseignants doivent utiliser plusieurs méthodes pour donner cours s’ils veulent être innovants. Climate Action rappelle aux écoliers les problèmes globaux et le fait que ceux-ci ont des conséquences dans tous les autres pays. Ici, la connexion globale est cruciale.

Kinderen met tekeningen voor de Climate Action

 

Premièrement, les enfants réalisent toutes sortes d'activités dans leur classe : sessions de brainstorming, définition de solutions pour le changement climatique, entre autres. Ensuite, ils présentent chacun leurs réflexions et résultats de manière « asynchrone » ou « synchrone » (=simultanée). Ils réalisent chaque semaine une vidéo dans laquelle ils présentent leurs opinions et je la place ensuite sur le site de Climate Action. Les différentes écoles peuvent ainsi visionner les films des autres quand elles le veulent (=asynchrone) et apprendre des choses. La présentation synchrone se fait via des conversations Skype.  

Des personnalités telles que Alexander De Croo et même le Dalaï Lama soutiennent le projet via leurs propres canaux. Je compile toutes ces informations sur le site web de Climate Action, avec des citations appropriées de ces personnes sur le projet. Ainsi, ces phrases inspirent encore davantage d'enfants à prêter l'attention nécessaire aux questions climatiques.  

Climate Action rappelle aux écoliers les problèmes globaux et le fait que ceux-ci ont des conséquences dans tous les autres pays. Ici, la connexion globale est cruciale.

Nomination méritée

J'ai été nominé deux ans d'affilée pour le Global Teacher Prize. En 2017, j'ai figuré au classement des 50 meilleurs enseignants au monde. L'année dernière, j'ai même atteint le top 10. C'est ainsi que Bill Gates en personne m'a proclamé comme l’un des dix meilleurs enseignants au monde. Lors de la remise du prix à Dubaï, j'ai même pu avoir une discussion avec le ministre américain de l'enseignement sur la question de savoir si Google nous rend bête. J'ai remporté le débat.  

Cette expérience unique, je la dois à mes projets et aux personnes qui ont fait de leur mieux pour permettre l'apprentissage interculturel et l'aide au développement. Si je gagne un jour le prix, je souhaite investir l'argent pour assurer l'avenir du projet Kakuma et l'étendre à d'autres camps de réfugiés.

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