Des chèvres pour une vie meilleure

Chris Simoens
11 avril 2019
Au Burundi, des familles d’agriculteurs vulnérables reçoivent de Vétérinaires Sans Frontières (VSF) des chèvres, mais aussi des formations sur les soins à donner aux animaux, la gestion des sols, l’hygiène, l’alimentation, la planification familiale, et bien d’autres thèmes. En effet, seule une approche holistique peut réellement améliorer la situation.

Le Burundi figure parmi les pays les plus pauvres du monde. Plus de 23 % des Burundais sont extrêmement pauvres et 37 % sont pauvres. Environ 4,7 millions de personnes – 40 % de la population totale – éprouvent régulièrement des difficultés à subvenir à leurs besoins alimentaires en suffisance et en diversité.

Les agriculteurs en milieu rural représentent la grande majorité des personnes pauvres. Le pays se caractérise en effet par une forte densité de population. Les familles ne possèdent par conséquent qu’une petit lopin de terre souvent peu fertile. De plus, elles manquent de moyens pour acheter des semences de qualité ou des engrais, ce qui entraîne un appauvrissement croissant des sols. Elles se retrouvent dès lors prises dans un cercle vicieux.

 

Plus que des chèvres

En 2016, le gouvernement burundais a entrepris de régionaliser l’agriculture pour augmenter la productivité du secteur. Cet effort n’a pas suffi à briser le cercle vicieux de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire. C’est pourquoi Vétérinaires Sans Frontières (VSF) donne, en coopération avec des partenaires locaux, un coup de pouce à plusieurs familles d’agriculteurs de Ngozi, l’une des provinces les plus pauvres.

Jusqu’à présent, 1126 familles vulnérables ont reçu chacune 4 chèvres. Ces élevages caprins constituent une source de protéines et leur fumier permet de fertiliser la terre. Mais pour améliorer de façon réellement durable la sécurité alimentaire, VSF se concentre également sur de nombreux autres aspects.

L’ONG procure des abris pour les chèvres, 3 mois de suivi gratuit par des vétérinaires, un potager, des semences de qualité et du fourrage pour nourrir l’élevage. Les agriculteurs suivent des cours sur l’élevage de chèvres, le compostage du fumier et la manière de mieux protéger le sol.

 

Tous ces éléments – santé, alimentation, éducation… – contribuent à les sortir définitivement de la pauvreté.

En outre, l’organisation leur prodigue des conseils pour une alimentation équilibrée, une meilleure hygiène et sur la planification familiale, ainsi que sur la façon d’épargner et de s’affilier à une mutualité. Les agriculteurs apprennent également à lire et à écrire. En effet, les familles sélectionnées sont tellement marginalisées qu’elles ne peuvent fréquenter les écoles. Tous ces éléments – santé, alimentation, éducation… – contribuent à les sortir définitivement de la pauvreté.

 

Solidarité

Par ailleurs, le projet présente également une dimension « solidarité ». Dans le courant de la première année, chaque famille ayant bénéficié de l’aide doit donner 2 chèvres de la première portée à une autre.

Le système fonctionne ! Les agriculteurs ont pu vendre des chèvres et tirer un meilleur rendement de leurs terres. Ils disposent de plus de nourriture et leurs revenus ont sensiblement augmenté. Plus de 80 % d’entre eux ont élargi le champ de leurs activités et ont décidé d’acquérir une autre parcelle, de se lancer dans l’élevage de cochons, vaches ou poules, de produire des légumes ou encore, de contracter un prêt pour démarrer une petite entreprise.

À l’avenir, VSF espère étendre le projet à 3100 familles dans 6 communes.

Un homme prend la température d'une chèvre pendant que trois enfants regardent.
© Tim Dirven/DZG
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