Des « écoles écologiques » pour aider les enfants à progresser

Anke De Malsche
06 août 2019
Des cyclones violents compliquent la scolarisation des enfants à Madagascar. Les maladies liées à un manque d’hygiène et d’eau potable ne leur facilitent pas la tâche. Comment le pays fait-il face à ces défis?   

L’île de Madagascar est connue pour la beauté de ses paysages. Malheureusement, des cyclones ravagent fréquemment ce beau pays et privent des groupes vulnérables de leur logement et de leurs installations. Ces catastrophes naturelles touchent également les écoles et chaque saison des pluies détruit d’innombrables salles de classe.

Ce phénomène n’est pas sans incidence sur le niveau de scolarisation dans le pays, où seul un enfant sur dix termine ses études secondaires. Un grand nombre de talents se retrouvent gâchés car les jeunes de moins de 18 ans représentent plus de la moitié de la population malgache. C’est pourquoi l’UNICEF a décidé, en collaboration avec ses partenaires, de mettre en place un nouveau plan d’action destiné à offrir plus de perspectives aux enfants. Le plan repose sur cinq piliers :

⦁    Construire de nouvelles écoles écologiques et résistantes aux cyclones

⦁    Équiper les écoles du matériel d’apprentissage approprié

⦁    Sensibiliser les enseignants aux enjeux climatiques

⦁    Dispenser des cours de rattrapage aux enfants qui n’ont pas pu se rendre à l’école

⦁    Mettre en place des services d’assainissement et d’hygiène (WASH) et intégrer les informations sur l’importance d’une bonne hygiène dans le programme scolaire
 

Entre-temps, 1030 salles de classe ont été construites. Toutes ces écoles ont été bâties avec des matériaux durables et respectueux de l’environnement. En outre, les enfants étudient dans un cadre plus propice.
 

Plus que quatre murs et un toit

En 2014, l’UNICEF a lancé un projet pilote de construction de nouvelles salles de classe en vue d’améliorer la qualité des infrastructures scolaires. Les nouvelles écoles à Madagascar peuvent accueillir 200 élèves. Entre-temps, 1030 salles de classe ont été construites. Toutes ces écoles ont été bâties avec des matériaux durables et respectueux de l’environnement. En outre, les enfants étudient dans un cadre plus propice.

Le squelette des écoles, par exemple, est fait d’acier, plus résistant que le bois face aux cyclones. Des briques écologiques ont remplacé les briques d’argile traditionnelles, cuites dans des fours à bois fabriqués à la main. Ce nouveau matériau se compose d’un mélange de calcaire local et de ciment, et résiste mieux aux fortes intempéries. La communauté locale peut produire les briques elle-même en utilisant une technique qui consiste à presser la terre. Les briques, qui ne sont plus cuites dans des fours à bois, n’accentuent par conséquent pas le phénomène de déforestation et leur production n’émet pas de CO2. La conception du bâtiment – entre autres son orientation par rapport au soleil et au vent – garantit suffisamment de fraîcheur dans les salles de classe ainsi qu’une meilleure concentration des élèves. Pour couronner le tout, les écoles écologiques coûtent moins cher que par le passé. 

 

Deux enseignants de maternelle animent un groupe de tout-petits dans une classe.
© UNICEF/Ralaivita

À l’extérieur, les enfants peuvent planter des arbres dans un jardin prévu à cet effet, ce qui leur permet de saisir à un stade précoce l’importance d’un cadre de vie sain. Des enseignants spécialement formés aident les enfants à approfondir leurs connaissances sur le climat et sur la manière de réagir en cas de catastrophe naturelle. Les élèves seront ainsi mieux préparés en situation de crise à l’avenir. Les cours sont également ouverts aux adultes, qui peuvent planter des arbres ou faire pousser des légumes dans le jardin. Étant donné que les parents s’impliquent et que les enfants emportent leurs connaissances chez eux, le projet touche l’ensemble de la communauté.

Outre le climat, l’hygiène occupe une place centrale dans les nouvelles écoles. Grâce au programme WASH – eau, assainissement et hygiène – les enfants acquièrent des compétences importantes sur la façon de se protéger contre les maladies. Le programme entend modifier le comportement d’une entière communauté. Se laver les mains, utiliser des toilettes et consommer une eau salubre permettent de prévenir bien des maladies ainsi que la malnutrition. Des toilettes séparées sont prévues pour les garçons et les filles. Grâce à cette mesure, les filles seront moins susceptibles d’abandonner l’école dès l’apparition de leurs menstruations. 
 

Vue des toilettes de l'école primaire de Victoire Rasoamanarivo
© UNICEF/Ralaivita

Des petits changements pour de grands effets

Le projet a vu le jour en étroite collaboration avec la population locale, un facteur d’une grande importance car il facilite l’acceptation du changement de comportement. Le directeur d’une des écoles note déjà des progrès considérables : « Les enfants sont plus motivés à aller à l’école maintenant qu’ils peuvent boire de l’eau sans craindre de contracter des maladies ou de souffrir de maux de ventre. Les élèves, en meilleure santé, manquent moins de cours. »

Les enfants eux aussi s’enthousiasment devant leur nouvelle école. Vola, en sixième année, se remémore la destruction de son école après le passage de plusieurs cyclones : « Trois semaines durant, les cyclones m’ont empêchée de fréquenter les cours. Lorsque j’ai enfin pu me rendre à l’école, le toit avait disparu et je ne pouvais pas bien me concentrer car le soleil frappait en permanence dans la classe, où la température était très élevée. Dans les nouvelles classes, je me concentre mieux sur les leçons et je suis convaincue que mes examens se passeront bien. » 

 

Madagascar Éducation Construction durable Droits de l’Enfant Environnement
Retour L'HUMAIN
Imprimer
Dans la même thématique - Article 3 /9 La Belgique investit dans l’égalité des genres pour les jeunes enfants en Afrique