Des hauts et des bas pour le VIH

Anke De Malsche
05 septembre 2019
Un nouveau rapport d'ONUSIDA décrit le ralentissement des progrès dans la lutte contre le VIH/sida. On y découvre que l'Europe de l'Est fait face à une augmentation notable du nombre d'infections, tandis que des pays comme le Rwanda et le Malawi sont en passe de gagner la bataille. 

Le sida a fait des millions de victimes depuis son apparition au siècle dernier. Aujourd'hui, le dépistage précoce et une médication appropriée permettent de stabiliser la maladie et d’empêcher qu'elle entraîne le décès du patient. En 2018, 770 000 personnes dans le monde ont succombé au sida, soit un tiers de moins qu'en 2010. Toutefois, cette amélioration ne signifie pas que la lutte soit terminée. Le nouveau rapport d'ONUSIDA contient plusieurs conclusions marquantes. L'ONUSIDA – partenaire de la Coopération belge au Développement – est l'organe officiel des Nations Unies qui coordonne toutes les activités liées au VIH/sida.

 

Nouvelle augmentation

Le rapport révèle une augmentation de 29 % du nombre de nouvelles infections au VIH en Europe de l’Est et en Asie centrale depuis 2010. L'ONUSIDA a également enregistré une augmentation de 10 % au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. De plus, ces nouvelles infections ne font pas l’objet d’une surveillance suffisante. En conséquence, le nombre de décès liés au sida dans ces régions a grimpé de 5 % et 9 % respectivement.

Cette augmentation peut être reliée à la criminalisation des groupes à risque tels que les professionnel(le)s du sexe, les consommateurs de drogues et les homosexuels. Lorsqu’un pays tient ces groupes à l’écart, il est plus difficile de les faire bénéficier d’un traitement médical approprié et de les sensibiliser. Il en résulte une propagation du virus, avec toutes ses conséquences. L'ONUSIDA souligne que l'élimination du VIH/sida n'est possible que si les communautés les plus exposées au risque d'infection sont associées à la lutte contre cette maladie.

Plus que jamais, les personnes séropositives prennent des antirétroviraux.

Exemples de réussites

Plus que jamais, les personnes séropositives prennent des antirétroviraux. Une tendance positive ! L'Afrique de l'Est et l'Afrique du Sud sont les exemples à suivre. Par exemple, le Kenya a été l'un des premiers pays d'Afrique subsaharienne à mettre en place des « traitements PrEP », une médication destinée à prévenir la maladie au sein des groupes à risque. En Afrique du Sud, le nombre de nouvelles infections au VIH et de décès liés au sida a diminué d'environ 40 %.

La transmission du VIH de la mère à l'enfant a diminué de 41 % dans le monde depuis 2010. Le Botswana (85 %), le Rwanda (83 %), le Malawi (76 %), le Malawi (76 %) et la Namibie (71 %) enregistrent des baisses spectaculaires des nouvelles infections au VIH chez les enfants. Malgré cette tendance positive, des investissements dans de nouveaux programmes de lutte contre le VIH/sida restent nécessaires. Sans une pression continue, nous n'atteindrons pas les objectifs 90-90-90 d'ici 2020. Ces objectifs pour 2020 visent à permettre à 90 % de toutes les personnes séropositives de connaître leur statut VIH, à 90 % d'entre elles de recevoir un traitement antirétroviral et à 90 % d'avoir une charge virale indétectable.

Lisez également l’article « Le sida, un combat loin d’être terminé »

 

 

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