Des tomates pour lutter contre le chômage

Chris Simoens
20 février 2019
David Antonio Ventura (25) et José Rember Alvarez (33) sont à la tête d’un groupe de producteurs de tomates au Salvador, avec le soutien de Trias et du PNUD. Ils ont pris cette initiative pour montrer aux jeunes qu’il est possible de sortir du chômage. David nous raconte son histoire.

Notre groupe de 17 jeunes – 3 femmes et 14 hommes – fait partie d’une coopérative plus large. Nous produisons des tomates en serre grâce à un système d’irrigation goutte-à-goutte. Notre objectif est de créer des perspectives d’emploi pour nos membres. Le projet a reçu le soutien de Trias – par l’intermédiaire de l’ONG ADEL Morazán – et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Grâce à ces deux organisations, nous avons reçu une parcelle de terre pour y construire une serre. Elles ont également dispensé des formations sur les techniques, mais aussi sur d’autres points. La formation en leadership, par exemple, m’a appris à me motiver et à stimuler les autres, ainsi qu’à m’exprimer correctement.

Les membres de la cooperative avec Rember à l'avant-plan.
© Isabel Corthier

Deuxième serre

Les tâches sont soigneusement réparties au sein du groupe, de la culture en tant que telle à la distribution des tomates en passant par l’entretien de la serre. Les affaires marchent bien et notre clientèle se situe actuellement dans notre région. Nous construisons même notre deuxième serre. Nous espérons ainsi attirer d’autres jeunes, quelle que soit leur formation de base. Car malheureusement, beaucoup de jeunes de notre région ne trouvent pas de travail.

David Antonio Ventura
David Antonio Ventuna

Un grand nombre de nos membres n’ont reçu qu’une éducation limitée en raison de la guerre ou de la migration et parce qu’ils habitent dans des zones rurales éloignées des écoles. Nos parents ont échoué à réaliser leurs rêves et n’ont dès lors pas su transmettre à leurs enfants suffisamment de force et de détermination pour en faire des adultes capables de s’exprimer librement. Élevé par mes grands-parents, j’ai moi-même connu une enfance difficile. Nous sommes donc tous confrontés à des obstacles que nous avons dû surmonter ensemble. Nous y travaillons encore jour après jour.

Il s’agissait de ma première expérience en matière de création d’entreprise. Mon partenaire José Rember avait déjà travaillé au sein d’une coopérative, mais ce fut une étape pénible de sa carrière. Le système de financement – un fonds renouvelable, une sorte de prêt – n’incitait pas suffisamment les membres à faire preuve d’initiative. Nous ne voulons pas commettre la même erreur.

Voilà pourquoi j’affirme qu’il faut croire en soi-même et en ses idées, travailler main dans la main, ne pas abandonner ses rêves et rester motivé. Cette conception des choses ouvre de nombreuses possibilités.

Une expérience vraiment positive

À nos yeux, cette coopérative constitue une expérience vraiment positive. Et nous ne voulons pas rester passifs. Nous rêvons de pouvoir procéder aux récoltes plusieurs fois par an. Nous pourrons ainsi créer plus d’emplois et servir d’exemple pour la communauté. Nous devrons chercher des clients également en dehors la région, même si celle-ci est mal desservie par les transports.

Les jeunes du coin ont besoin de cet exemple. Quelqu’un doit leur dire que leurs rêves peuvent devenir réalité. Voilà pourquoi j’affirme qu’il faut croire en soi-même et en ses idées, travailler main dans la main, ne pas abandonner ses rêves et rester motivé. Cette conception des choses ouvre de nombreuses possibilités.

Je voudrais encourager notre gouvernement à investir dans la formation des jeunes car les autorités nationales et locales sont inactives dans notre région. Nous sommes les seuls entrepreneurs ici ! Naturellement, il est difficile de prendre des initiatives lorsqu’on est jeune. Il n’en reste pas moins que la région recèle du potentiel, malgré un manque de connaissances.

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