Ecomakala, un projet d’avenir pour la reforestation

Launy Dondo
16 juin 2017
En République démocratique du Congo, la déforestation du Parc national des Virunga représente un danger important pour la biodiversité. En effet, le développement du marché illégal du makala (charbon de bois) issu du parc est une menace pour les ressources naturelles. Hors, les communautés locales dépendent de ce bois pour leur approvisionnement énergétique. Avec l’aide de ses partenaires, le WWF-Belgique (World Wide Fund for Nature) a mis sur pied le projet Ecomakala qui consiste à produire du « makala » durable, appelé « ecomakala », aux abords du parc.

Produire du charbon de bois durable et réduire la consommation

Lancé en 2007 par l’ONG WWF-Belgique avec le soutien de l’Union européenne, le projet Ecomakala se veut innovant. Il a pour objectif d’assurer le reboisement d’une manière durable en collaboration avec les petits paysans planteurs. Il donne également la possibilité aux paysans planteurs de se regrouper en coopératives pour commercialiser l’ecomakala. Les femmes ne sont pas exclues du projet puisque près de 400 d’entre elles ont déjà participé aux activités de reboisement. Aujourd’hui, on compte pas moins de 10 000 hectares reboisés. L’objectif du WWF est d’atteindre 10 000 hectares supplémentaires au cours des dix prochaines années.

Par ailleurs, le projet Ecomakala veut encourager chez les habitants de Goma l’utilisation de foyers améliorés pour la cuisson qui nécessitent 30 % de charbon en moins que les foyers traditionnels.

Une plantation du projet Ecomakala
© WWF Belgium/Mone Van Geyt

Préserver la biodiversité

On oublie trop souvent que les forêts sont le poumon de la planète. Le Parc national des Virunga abrite pas moins de 627 espèces d’herbacés, 126 espèces de lianes et 107 espèces d’arbres. On y trouve également une faune particulièrement diversifiée : 218 espèces de mammifères dont l’emblématique gorille des montagnes, 706 espèces d’oiseaux, 109 espèces de reptiles et 78 espèces d’amphibiens. Des volcans majestueux, de nombreux lacs et une situation géographique particulière, autant d’éléments qui témoignent d’un patrimoine naturel extrêmement riche. Il est donc absolument nécessaire d’assurer la préservation de cette biodiversité exceptionnelle.

Collaboration avec la population locale

Travailler main dans la main avec les petits paysans de la région constituait dès le départ une priorité pour le WWF. En effet, la population locale est au cœur du projet puisqu’elle dépend en grande partie (à plus de 90 %) de ce bois pour son approvisionnement en énergie. Mais reboiser 10 000 hectares éparpillés dans toute la province nécessite une organisation technique, administrative et logistique efficace. Des partenariats avec des associations locales ont permis de mettre en place des pépinières de plantules, mais également d’encadrer et de former les planteurs à la création et à la gestion de plantations.

Des volontaires assis en cercle
© WWF Belgium/Mone Van Geyt

La population locale est au cœur du projet puisqu’elle dépend en grande partie (à plus de 90 %) de ce bois pour son approvisionnement en énergie

Filière équitable de commercialisation du charbon de bois

Le WWF appuie également la mise en place d’une filière équitable de commercialisation de l’ecomakala. Les paysans peuvent donc aujourd’hui produire et commercialiser un makala légal, durable, de bonne qualité et attractif pour les ménages et les collectivités des villes. Cela permet de concurrencer le makala illégal dont une grande partie du marché est contrôlée par des groupes armés et qui sert à financer leurs activités. Le projet met également l’accent sur la transparence et l’efficacité afin de mieux équilibrer les bénéfices entre les différents acteurs de la filière et de renforcer la place des paysans planteurs dans la négociation des prix.

Deux femmes portant de lourds balots
© WWF Belgium/Mone Van Geyt

Agroforesterie et production de miel

Dans le cadre du projet Ecomakala, il ne s’agit pas uniquement de travailler sur l’approvisionnement en bois et la production de makala, mais de s’inscrire dans une nouvelle économie basée sur l’agroforesterie, où les arbres sont combinés aux cultures et qui permet d’apporter de nouvelles sources de revenus ou alimentaires telles que le miel. Le paysan planteur continue ainsi à produire des aliments, tout en diversifiant ses revenus futurs grâce à la présence de l’arbre. Par le biais du projet « Makala kwa mafaa yetu », soutenu par la Coopération belge au Développement, le WWF et son partenaire VECO ont également planté des arbres dans les cultures de riz et de café.

Le paysan planteur continue ainsi à produire des aliments, tout en diversifiant ses revenus futurs grâce à la présence de l’arbre

La Coopération belge au Développement continuera à soutenir le projet Ecomakala du WWF pour les cinq prochaines années. Au programme pour la période 2017-2021 : le développement et la gestion de boisements communautaires, la réduction des besoins en charbon de bois, et l’utilisation efficace des terres au profit de productions durables.  

 

 

Une femme au travail.
© WWF Belgium/Mone Van Geyt
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