Handicap International se met à l’impression 3D

Trang Dao
01 août 2016

Une aide humanitaire efficace a besoin de l’innovation, selon le Secrétaire Général des NU Ban Ki Moon dans son « Agenda for Humanity ». Pour la politique belge, l’innovation est aussi considérée comme la fer de lance. Ainsi Handicap International examine la possibilité d’utiliser la technologie en 3D, notamment pour les prothèses de jambes des nombreuses victimes des catastrophes naturelles et des conflits.

L’impression 3D se réalise par le dépôt de minces couches de matériaux en une forme élaborée dans un fichier informatique. Si les techniques de CAD-CAM (computer-aided design et computer-aided manufacturing) sont développées depuis assez longtemps, leur application dans le domaine de l’appareillage orthopédique reste encore trop rare. Que peut faire Handicap International face à ce constat?

Scanner

Paul Vermeulen, chargé de l'innovation stratégique chez Handicap International : « L’alternative aux techniques actuelles de moulage en plâtre du moignon du patient pour produire une emboîture thermoformée en polypropylène est de scanner le moignon, de rectifier et finaliser le fichier informatique et d’imprimer l’emboîture avec une technologie 3D. »

Handicap International collabore actuellement avec la startup ProsFit, le fabriquant de prothèses PROTEOR et l’université de Strathclyde en Ecosse pour une étude réalisée dans trois pays (Togo, Madagascar et Syrie). Sur base de cette étude elle facilitera l’accès à ce type de solution dans ses pays d’intervention. Se développe également le suivi informatique de chaque prothèse pour répondre au mieux aux besoins des patients tout au long de leur vie. Un logiciel prendra en compte les données anonymes des patients pour améliorer les emboîtures produites.

Notre objectif est de pouvoir fournir en 48h une prothèse de qualité à un prix abordable à toute personne qui en a besoin.

Paul Vermeulen

Production en 48 heures

L’objectif à terme est de remplacer les techniques de moulage en plâtre pour l’ensemble des prothèses et orthèses. Pour M. Vermeulen « ces évolutions technologiques permettront de mettre les besoins du patient au centre du processus de prise en charge : les délais de production d’un appareillage passeront de plus d’une semaine à environ 48 heures, la qualité et le confort des appareillages seront améliorés et le nombre de personnes bénéficiaires pourra augmenter. L’adoption à grande échelle de ces nouvelles technologies permettra d’en réduire les coûts et d’optimiser la production et la diffusion.»

Ces nouvelles technologies devront être agréées par les Ministères de la Santé des pays concernés et adoptées par les institutions et les professionnels de la santé. Handicap International prévoit d’accompagner ces développements.

« Notre objectif est de pouvoir fournir en 48h une prothèse de qualité à un prix abordable à toute personne qui en a besoin. C’est essentiel pour les bénéficiaires, qui doivent souvent se déplacer sur de grandes distances et patienter de longs jours au centre de réadaptation sans avoir de revenus. Il s’agira d’un changement de paradigme dans chaque pays où la production 3D sera développée et maitrisée, et Handicap International aura besoins de soutiens et de collaborations pour rendre cette solution accessible au plus grand nombre », conclut M. Vermeulen.

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