« J'ai réussi, grâce à 20 ans d'amélioration et d'innovation constantes »

Freija Poot
25 juin 2018
Il y a près de 28 ans en Ouganda, James K. Kalibbala a créé sa toute première entreprise, ECS. Après des hauts et des bas, il s’est retrouvé à la tête d’une entreprise prospère. Un emprunt de la Société belge d’Investissement pour les Pays en Développement a contribué à ce succès. Voici son histoire.

ECS veut dire Electrical Controls and Switchgear. Nous fournissons du matériel de commutation et des transformateurs de distribution aux industries de transformation, entreprises d'utilité publique et bâtiments commerciaux. L'innovation, la qualité, la flexibilité et le travail d'équipe sont nos atouts.

Le succès n'arrive pas en un claquement de doigt. Le chemin parcouru  avant d'arriver là où je suis désormais s’est avéré instructif. Tout d'abord, j'ai pu m’appuyer sur ma formation d’ingénieur en électricité dans mon affaire. Et des années d’efforts m’ont permis de devenir un vrai entrepreneur. J'ai pu progressivement agrandir mon entreprise en utilisant les moyens disponibles de manière ciblée et avec parcimonie. Reconnaître et stimuler le potentiel de mes 45 employés était également essentiel. En définitive, il a fallu 20 ans d'amélioration et d'innovation constantes pour que mon entreprise prospère. L'exemple de certains membres de l'Association des manufacturiers ougandais (Uganda Manufacturers Association) m'y a certainement aidé.

J'ai pu progressivement agrandir mon entreprise en utilisant les moyens disponibles de manière ciblée et avec parcimonie. Reconnaître et stimuler le potentiel de mes 45 employés était également essentiel.

James K. Kalibbala

Peu d’incitants

Monter une entreprise n'est pas une mince affaire, a fortiori en Ouganda. Avoir accès au financement a été la plus grosse pierre d'achoppement. Ici, il est également difficile de trouver du personnel technique correctement formé. En outre, le gouvernement fournit peu d'incitants, ce qui ne facilite pas l'achat de terrain et de machines. Le système fiscal déséquilibré n'aide certainement pas non plus. Actuellement, des produits bon marché et de mauvaise qualité venant de Chine et de l'Extrême-Orient menacent également mon entreprise.

À chaque problème sa solution. Après 28 ans, la Société belge d’Investissement pour les Pays en Développement m’a accordé un financement substantiel à un taux d’intérêt intéressant. Cette aide a largement contribué à la réussite d'ECS : nous avons pu financer des formations avec cet argent.  

Si je devais conseiller les jeunes entrepreneurs, je leur dirais de lancer une entreprise qui correspond à leur formation ou travail, ou de se diriger vers une entreprise familiale. Il est préférable qu’ils ne contractent pas de prêt pour leur start-up.

Il est assurément possible de réussir, même en Ouganda. Mais le gouvernement pourrait en effet contribuer à un climat d'entreprenariat plus favorable. Je pense notamment à une aide financière à bas coûts ou à des propositions de terrain aux entrepreneurs, ou encore à des avantages fiscaux pour les jeunes entrepreneurs. Certes, le gouvernement ougandais encourage déjà à former des coopératives et prévoit des crédits sans intérêts. L'entrepreneuriat est enseigné dans la plupart des institutions académiques, mais il faudrait conférer un ancrage plus solide à ces cours.

Ceo James K. Kalibbala guide un groupe dans son entreprise.
© ECS Ouganda
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