Jill Peeters réunit des météorologues du monde entier

Chris Simoens
19 novembre 2017
Les présentatrices et présentateurs météo sont proches du public et inspirent confiance. La position rêvée pour informer le citoyen sur le changement climatique, estime Jill Peeters, « Madame Météo » à VTM. L’initiatrice de Climate without Borders, un réseau de 130 experts en météorologie issus de 110 pays, raconte son histoire.
Jill Peeters

Qui ?

Jill Peeters, « Madame Météo » sur la chaîne VTM et auteure de livres sur le climat

Quoi ?

Climate without Borders réunit 130 météorologues de 110 pays

Pourquoi ?

Les présentatrices et présentateurs météo doivent mieux exploiter leur potentiel afin d’informer un large public sur le changement climatique

Je suis présentatrice météo sur la chaîne VTM depuis l’an 2000. Le changement climatique m’a rapidement intriguée. En 2007, je publiais mon premier livre sur le sujet. Je n’avais pas manqué de constater que les questions avaient changé. On ne me demandait plus « Fera-t-il beau demain ? », mais bien « Que se passe-t-il avec le changement climatique ? Vu les feux de forêts et la sécheresse, pouvons-nous encore aller en vacances en Espagne durant l’été ? »

En 2009, Paul Magnette, à l’époque ministre du Climat, m’invita à participer au sommet sur le climat à Copenhague. Même si le résultat fut terriblement décevant, je me rendis compte que les négociations dans le cadre de l’ONU revêtaient une importance cruciale. Voilà pourquoi je me suis retrouvée au sommet de Paris. Fort heureusement, celui-ci déboucha sur un accord ambitieux.

Le cours consacré à la communication en matière climatique que j’ai eu l’occasion de dispenser à des météorologues africains à Paris – tout comme lors du sommet suivant à Marrakech – m’a permis de me faire connaître de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Et via Whatsapp, je suis restée en contact avec un groupe de collègues de plusieurs pays. Quel plaisir d’échanger avec des homologues sur nos pratiques de communication !

Messagers de première ligne

Les répercussions du changement climatique sont déjà visibles, et les météorologues en sont les premiers témoins. Grâce à leur bagage scientifique et à leur popularité auprès de monsieur et madame tout le monde, ils sont des informateurs crédibles qui transmettent un éventail de connaissances au travers d’histoires. Leur potentiel de sensibilisation est énorme, non seulement à la télévision, mais aussi via les médias sociaux. Jusqu’à présent, l’accent était mis sur le message, mais sans résultat. J’entends mettre les messagers à l’avant-plan, de manière à accroître la prise de conscience du grand public.

J’avais pourtant observé à Paris et à Marrakech que certains de mes collègues n’étaient pas suffisamment conscients de leur potentiel. Il fallait aller plus loin qu’un simple groupe Whatsapp. Et pourquoi pas une véritable organisation rassemblant des spécialistes du monde entier ?

 

 

Tot nu toe lag de focus op de boodschap, maar zo werkt het niet. Ik wil de boodschappers voor het voetlicht halen. Zo kan je beter het bewustzijn aanwakkeren bij een groot publiek.

Climate without Borders

En juin 2017, Climate without Borders voit le jour à Bruxelles, rassemblant un noyau de 25 météorologues de 25 pays (Argentine, Brésil, Kenya, Afrique du Sud, Burkina Faso, Chine, entre autres). J’ai pu non seulement compter sur le soutien de l’OMM, mais aussi du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (IPCC), de la Convention des NU sur le Climat (CCNUCC), de l’UE et du Global Covenant of Mayors for Climate and Energy, un réseau de plus de 7 000 villes qui optent résolument en faveur d’un avenir durable.

Climate without Borders réunit pour l’instant 130 présentatrices et présentateurs météo de 110 pays. Nous fonctionnons comme une sorte de coopérative, « sharing is caring » est notre mot d’ordre. Notre réseau repose avant tout sur 3 piliers : (1) une plate-forme météo et climat qui constitue l’épine dorsale, comparable au groupe Whatsapp, mais plus évoluée ; (2) un échange sur des projets éducatifs réussis en matière de communication sur le climat ; (3) des séminaires en ligne et des ateliers pour attirer de nouveaux membres. Mon collègue chinois avait eu l’excellente idée d’émettre un timbre sur le changement climatique. J’ai fait pareil avec BPost.

Même si l’aide que je reçois est principalement une aide morale, il se pourrait que je puisse bénéficier un jour d’une aide financière, notamment du centre interuniversitaire de recherche IMEC et de Copernicus, un programme européen d’observation par satellites.

En septembre, nous reprenons notre bâton de pèlerin. Nous rédigerons notre lettre de mission, nos règles d’engagement. Nous devons être fin prêts pour le prochain sommet en novembre à Bonn ! J’ai hâte d’y être..

www.climatewithoutborders.org

 

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