La Belgique aide à améliorer la sécurité alimentaire dans le grand Kasaï

Arturo Biglia
19 janvier 2018
L’Etat belge a octroyé un financement de plus de 9 millions d’euros à la FAO et au PAM afin d’appuyer l’aide alimentaire d’urgence destinée aux victimes issues des conflits du grand Kasaï en République Démocratique du Congo. L’action est saluée par les deux agences qui visent à aider les populations touchées par la crise via une action d’urgence bilatérale et inédite. Elles appellent cependant à une solidarité accrue.  

Une grave crise humanitaire touche des millions de personnes dans le grand Kasaï en RDC suite au conflit ayant pris place dans la région depuis 2016. Outre un taux de malnutrition aigüe globale supérieur à 10% et 400 000 enfants de moins de 5 ans atteints de malnutrition aigüe sévère, plus d’un million de personnes se sont vues forcées de quitter leurs terres et parfois leurs familles, et 3,2 millions se sont retrouvées en situation d’insécurité alimentaire sévère.

L’extrême violence, les nombreux déplacements ainsi qu’une importante diminution de la production agricole a poussé l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) à développer une stratégie conjointe en vue de répondre aux besoins alimentaires urgents de 18 000 familles, soit environ 111 000 personnes. La prévention et le traitement de la malnutrition aigüe modérée sont ainsi visés.

L’alimentation immédiate sera gérée par le PAM, qui tentera de fournir une assistance alimentaire et nutritionnelle d’urgence. De son côté, la FAO ciblera la relance agricole en se chargeant de la distribution de semences et de différents instruments aratoires.

Un collaborateur de la FAO à l’oeuvre.
© FAO

Concrètement, l’alimentation immédiate sera gérée par le PAM, qui tentera de fournir une assistance alimentaire et nutritionnelle d’urgence. De son côté, la FAO ciblera la relance agricole en se chargeant de la distribution de semences et de différents instruments aratoires (travail du sol) via des kits maraîchers et vivriers permettant aux familles de produire leur propre nourriture. De plus, une formation en transformation et commercialisation du bambou, énergie renouvelable en tant que bois de chauffe et transformable en de nombreux outils pratiques, sera donné à au moins 2000 ménages. Des jardins potagers seront également installés à proximité des centres de santé et des associations féminines.

Outre la protection des populations via la sécurité alimentaire et nutritionnelle immédiate et durable, c’est aussi un certain accès à des revenus qui est ici visé, ceci en vue de l’intégration dans une éventuelle communauté d’accueil ou d’un retour au village.

Si ce financement de la Belgique est vivement salué par les deux agences, une grave détérioration de la situation est cependant encore envisageable. Selon ces dernières, seul un travail conjoint et solidaire visant, à terme, une paix durable peut apporter une réponse forte à un drame d’une telle ampleur.

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