La Belgique s'associe à la lutte contre le travail forcé

ILO
12 novembre 2019
La Belgique est le 38e État Membre de l'OIT à ratifier le Protocole de 2014 relatif à la Convention sur le travail forcé.

Le 10 septembre 2019, la Belgique a déposé son instrument de ratification du Protocole de 2014 relatif à la Convention de 1930 sur le travail forcé, devenant ainsi le trente-huitième pays au monde à ratifier ce Protocole. Notre pays avait déjà ratifié la Convention en 1944.

Cette ratification témoigne de l'engagement ferme de la Belgique dans la lutte contre le travail forcé sous toutes ses formes. Le Protocole, adopté à une écrasante majorité lors de la Conférence internationale du Travail en 2014, appelle les États qui l'ont ratifié à adopter des mesures efficaces pour combattre le travail forcé. Ce concept recouvre notamment la traite des êtres humains, la servitude pour dettes ou le travail domestique forcé. Les États s'engagent également à offrir aux victimes une protection et un accès à des recours efficaces, y compris des dédommagements.

Lors du dépôt de l'instrument de ratification, S.E. l'Ambassadeur Geert Muylle a rappelé que la Belgique rejoint les 37 autres États qui ont exprimé leur engagement dans la lutte contre le travail forcé. La Belgique est le troisième pays à avoir ratifié le plus grand nombre de conventions de l'OIT. Cela illustre notre engagement à promouvoir les valeurs et principes de l'OIT. Avec cette signature, la Belgique a ratifié l'ensemble des instruments fondamentaux de l'OIT. Notre pays considère que le rôle normatif de l'OIT doit rester l'outil prioritaire pour assurer la paix et la justice sociale. Cette ratification constitue un acte concret de la Belgique dans le cadre de la campagne « 50 pour la liberté ».

 

Ambassador Geert Muylle with ILO head Guy Ryder
L'Ambassadeur Geert Muylle (à gauche) avec Guy Ryder, le chef de l'OIT

En recevant l'instrument de ratification du Protocole, Guy Ryder, Directeur général de l'Organisation internationale du Travail, a déclaré : « Je suis très heureux de recevoir cet instrument de ratification, une nouvelle preuve de l'engagement continu de la Belgique dans la lutte contre le travail forcé sous toutes ses formes. Cette ratification est d'autant plus importante que les estimations globales de l'OIT révèlent l'urgence d'adopter des mesures immédiates et efficaces pour éliminer le travail forcé et la traite des êtres humains. La ratification du Protocole revêt une signification particulière en cette année de célébration du centenaire de l'OIT puisque le Protocole fait partie de la campagne de ratification du centenaire « Une pour tous » lancée par le Bureau international du travail de l'Organisation. »

Au niveau national, la Belgique possède une longue expérience en matière de lutte contre le travail forcé. Elle n'a cessé de renforcer son cadre juridique pour lutter contre la traite des êtres humains en apportant des modifications au Code pénal afin de clarifier et d'élargir la définition de traite. Notre pays a également créé l'Unité interdépartementale de coordination de la lutte contre la traite et le trafic illicite d'êtres humains, qui coordonne les différentes initiatives des parties prenantes contre la traite. En outre, la Belgique a adopté son troisième plan d'action pour la période 2015-2019, qui comprend sept domaines prioritaires, dont la prévention, la protection des victimes, la recherche ainsi que la poursuite et la sanction des coupables.

Selon des estimations mondiales, 24,9 millions de personnes sont victimes de travail forcé dans le monde, dont 4,8 millions sont exploitées sexuellement. Dans le secteur privé, le travail forcé génère environ 136 milliards d'euros de profits illégaux chaque année. Plusieurs secteurs économiques sont touchés, notamment le travail domestique, la construction, la fabrication, l'agriculture et la pêche.

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