La Ceinture verte sur les hauts plateaux éthiopiens, promesse de vie nouvelle

Hilke Evenepoel & Bart Carlier - BOS+
14 décembre 2018
Durant la dernière saison des pluies, BOS+ et ses partenaires ont planté plus de 25 000 arbres indigènes dans la partie nord de l’Éthiopie, traversée par la Ceinture verte. Ces arbres offrent une barrière solide contre le changement climatique et la migration.

Selon les estimations, la désertification à elle seule entraînera la migration de quelque 60 millions de personnes d’Afrique subsaharienne vers l’Afrique du Nord ou l’Europe d’ici 2020, un nombre qui ne cessera d’augmenter au cours des prochaines décennies.

C’est pourquoi BOS+ et ses partenaires (Trees for Farmers, EthioTrees et WeForest Ethiopia) œuvrent pour la restauration et la gestion durable de la végétation dégradée sur les hauts plateaux éthiopiens, un territoire en proie à une sécheresse et une pauvreté extrêmes.

 

Travail, conflits et changement climatique

En Éthiopie comme dans de nombreuses régions d’Afrique d’ailleurs, hommes, femmes et enfants émigrent pour trouver du travail. Certains fuient les conflits, d’autres sont contraints de quitter leur pays natal en raison du changement climatique. Souvent, ces trois causes s’additionnent.

Les migrants climatiques sont sans conteste durement affectés par les effets de la hausse des températures. Les sols riches ont perdu leur fertilité ; les arbres ont fait place au sable ; les sécheresses deviennent plus fréquentes et durent plus longtemps ; l’herbe servant de pâture aux vaches ou aux chèvres se raréfie ; la production de denrées alimentaires et l’élevage d’animaux ne constituent plus une option viable en raison de la hausse des températures et des précipitations plus brèves.

En Éthiopie (district de Degua Tembien, Tigré), BOS+ participe donc à l’expansion de la Ceinture verte ou Grande Muraille Verte, qui s’étend sur toute la largeur du continent africain, du Sénégal à Djibouti dans la Corne de l’Afrique.

La Ceinture verte combat le changement climatique et ses répercussions à grande échelle, aide à prévenir les conflits, la famine et la sécheresse et régule la migration. Entre-temps, plus de 15 millions d’hectares ont été restaurés en Éthiopie.

 

 

Kaart van Afrika met Groene Muur

 

Régénération de 300 ha de forêts

BOS+ est convaincu que la Ceinture verte ainsi que la régénération et la gestion durable de la végétation dégradée constituent des volets importants d’une stratégie plus vaste visant à résorber le flux de migrants africains qui arrivent sur les côtes européennes.

Nous unissons nos efforts auprès de 9 communautés, qui ont opté pour une restauration de 300 ha de forêts dégradées sous la forme d’exclos autogérés. Elles ne peuvent dès lors plus y laisser paître leur bétail, ni récolter du bois. Un vrai défi pour ces populations qu’une pression foncière considérable pousse constamment à rechercher les dernières parcelles de terre.

La gestion durable de la végétation dégradée est un élément crucial pour pouvoir résorber le flux de migrants africains qui arrivent sur les côtes européennes.

La Grande Muraille Verte

En réalité, la Ceinture verte ou Grande Muraille Verte est plus une métaphore qu’un véritable « mur vert ». Initialement conçue comme une barrière physique d’arbres à la limite du désert, elle a pris ces dernières années la forme d’une mosaïque de projets, destinés à restaurer les sols dégradés, à combattre la désertification et à générer des revenus pour les communautés locales grâce à la régénération de ces territoires.

BOS+ se focalise essentiellement sur les agriculteurs sans terres, souvent des jeunes et des femmes. Ensemble, nous recherchons des activités génératrices de revenus et sans impact sur la végétation à réaliser dans les exclos mentionnés précédemment.

La population locale tire également avantage de la Ceinture verte que nous avons établie à cet endroit. Ces activités conjointes sont aussi bénéfiques pour le climat et la biodiversité.

Ensuite, les bénéficiaires s’organisent et se voient attribuer une parcelle de l’exclos, où ils installent des ruches et récoltent de l’herbe pour leurs vaches et quelques chèvres et moutons.

Parallèlement, ils protègent la forêt et entretiennent les plants. De cette façon, ils tirent également avantage de la Ceinture verte que nous avons établie à cet endroit. Ces activités conjointes sont aussi bénéfiques pour le climat et la biodiversité. Le chemin à parcourir reste long ; partout, l’avancée du désert saute aux yeux. Mais ces couloirs verts sont plus qu’encourageants et nous restons optimistes.

Ethiopie Reforestation Migration
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