La Colombie protège ses pollinisateurs

Chris Simoens
18 février 2019

Témoignage d’un ancien boursier

 

En 2010, le Colombien Daniel Melo a suivi une formation en apiculture en Belgique. Par la suite, il a apporté sa contribution au plan national colombien de protection des pollinisateurs. Découvrez son histoire.

D’avril à juillet 2010, j’ai suivi le programme intensif (ITP) « Beekeeping for poverty alleviation » (UGent) grâce à une bourse de VLIR-UOS (Coopération universitaire flamande au développement). Nous avons beaucoup appris sur l’apiculture, des aspects purement pratiques à la pollinisation en passant par le travail de développement.

Foto Daniel Melo
Daniel Melo

En 2013, j’ai pu intégrer la Corporación Autónoma Regional de Cundinamarca (CAR), un organisme public responsable de l’environnement dans 104 communes au sein de deux provinces colombiennes. Je travaille dans le domaine de l’éco-innovation et de la gestion des connaissances. Dans le cadre de cette fonction, j’ai pu mettre pleinement à profit les connaissances acquises lors de la formation en apiculture organisée en Belgique. Je devais rechercher de brillantes initiatives d’apiculteurs en milieu rural axées sur la pollinisation et les produits autres que le bois des forêts de la région. À travers cette action, la CAR a reconnu les connaissances locales relatives aux pollinisateurs et à la pollinisation. L’objectif était de faire un meilleur usage de ce service rendu par la nature pour la pollinisation des plantes agricoles.

 

 

Une abeille s'approche d'une fleur rose en Colombie.
© Shutterstock

Coalition des volontaires

La Colombie a rejoint la Coalition des volontaires pour les pollinisateurs. Cette initiative a été lancée par l’IPBES, une plateforme intergouvernementale sur la biodiversité qui compte aujourd’hui 132 pays membres. Les pays participants s’engagent à élaborer un plan national afin de protéger leurs pollinisateurs. D’ailleurs, l’IPBES a organisé sa sixième session plénière en mars 2018 à Medellin (Colombie).

Afin de poser des bases solides pour notre Initiative nationale sur les pollinisateurs (National Pollinator Initiative), nous avons organisé en juin 2018 l’atelier « Pollinators in Colombia: from initiatives to action », durant lequel nous avons débattu de l’avenir des pollinisateurs et de la pollinisation dans notre pays. Une kyrielle de chercheurs, de producteurs, de représentants du gouvernement colombien et d’experts internationaux – membres notamment de la FAO, de l’UNESCO et d’universités brésiliennes – ont alimenté les discussions.

En ma qualité de collaborateur de la CAR, j’ai pu contribuer personnellement à notre plan national sur les pollinisateurs, qui a été élaboré conjointement avec le Ministère de l’Environnement et du Développement durable et l’Institut Alexander von Humboldt sur les ressources biologiques. La version finale du document contient toutes les mesures nécessaires pour une meilleure protection de nos pollinisateurs, telles que la préservation du milieu naturel.

La Colombie reconnaît donc l’importance vitale de la pollinisation pour la sauvegarde de la biodiversité et des divers écosystèmes, mais aussi pour la production alimentaire et l’économie mondiale.

Biodiversité et production alimentaire

La Colombie reconnaît donc l’importance vitale de la pollinisation pour la sauvegarde de la biodiversité et des divers écosystèmes, mais aussi pour la production alimentaire et l’économie mondiale. À cet égard, l’initiative colombienne en faveur des pollinisateurs souligne le rôle de tous les groupes biologiques acteurs de la pollinisation. Il ne s’agit pas seulement des abeilles, mais aussi d’autres insectes, d’oiseaux et de mammifères. L’initiative a été lancée en étroite collaboration avec la Convention sur la diversité biologique et la FAO.

Enfin, je souhaite renouveler mes remerciements au gouvernement belge et à VLIR-UOS pour l’organisation de la formation « Beekeeping for poverty alleviation ». Elle a eu un impact majeur au sein des pays de tous les participants, c’est pourquoi j’encourage VLIR-UOS et l’UGent à répéter l’expérience. Les abeilles et l’apiculture sont importantes pour l’humanité. Le cours contribue à améliorer la coopération visant à protéger les pollinisateurs dans le monde entier.

Les insectes disparaissent à une vitesse vertigineuse

 

Les insectes sont le principal groupe de pollinisateurs : les abeilles, mais aussi les papillons, les guêpes, les coléoptères et les mouches. C’est ce groupe crucial d’animaux qui disparait le plus rapidement sur notre planète. Aujourd’hui, environ un tiers de toutes les espèces d’insectes est menacé d’extinction. La population totale d’insectes diminuerait de 2,5% par année, du moins en Europe et aux Etats-Unis.

 

La cause principale est la surpopulation. Pour donner à chacun une place et de la nourriture, beaucoup de nature est perdue, alors que nos ressources naturelles sont consommées très avidement. Les insectes sont également extrêmement sensibles aux pesticides utilisés en agriculture.

 

Des initiatives, telle que l’Initiative colombienne sur les polinisateurs, sont donc nécessaires de toute urgence. Parce que les insectes ne se contentent pas d’assurer la pollinisation, ils jouent également un rôle important, entre autres, dans la construction de sols fertiles. Et ils sont une nourriture indispensable pour d’innombrables autres espèces animales comme les araignées, les poissons, les oiseaux et les chauves-souris.

 

 

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