La crise des océans

Sophie Carreau
03 octobre 2019
La 51e session du GIEC a eu lieu du 20 au 23 septembre, à Monaco. À cette occasion, le dernier rapport du GIEC sur les océans et la cryosphère a été dévoilé. Découvrez-en les grandes lignes.

Le document évalue les répercussions des changements climatiques sur la population, ainsi que les options à envisager pour s’adapter à ces changements.

 

Les points essentiels

Les océans ont assimilé au moins un quart des émissions de gaz à effet de serre produits par l’être humain durant les quarante dernières années. Cela a eu comme effet d’augmenter leur niveau d’acidité, mais aussi de les rendre plus chauds et moins salés.

La concentration en oxygène a, de fait, baissé de 2% en 50 ans. Celle-ci pourrait encore baisser si les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter à la vitesse actuelle.  Cette augmentation impactera évidemment la sécurité alimentaire mondiale, car elle provoquera une diminution de 40% des réserves alimentaires situées dans les eaux tropicales peu profondes.

Les coraux sont aussi drastiquement touchés, comme en témoigne la Grande Barrière de corail australienne. Par ailleurs, les vagues de chaleur sont la principale cause de phénomènes comme « El Niño », qui favorisent les incendies de forêt et agissent sur les cyclones.

En fonction de l’intensité du réchauffement global jusqu’en 2100, jusqu’à 90% des zones humides pourraient être perdues. Cela entraînerait la hausse du niveau des mers. Il faudrait dès lors s’attendre à une augmentation du nombre de réfugiés climatiques. Le rapport souligne également qu’une augmentation des catastrophes, comme les cyclones et les inondations, est à prévoir. Ceux-ci impacteront tant les villes côtières, que les petits états insulaires.

Les 4 plus gros pollueurs de la planète – la Chine, les États-Unis, l’Europe et l’Inde – sont extrêmement menacés par les contrecoups du changement climatique. Shanghai, la plus grande ville de Chine, est notamment menacée par la montée des eaux, tout comme les villes côtières des États-Unis. Après 2030, si la situation continue dans cette voie, New-York sera menacée tous les 5 ans par des inondations.

Les glaciers de montagne sont tout autant menacés. Ceux-ci pourraient perdre jusqu’à 80% de leur volume d’ici 2100.

Un glacier en Islande
© Shutterstock

Le rapport met également en lumière la fonte inquiétante de la glace des pôles. Celle-ci a fondu d’environ 430 milliards de tonnes par an, en moyenne, depuis 12 ans. Cela constitue la principale cause de la montée des eaux. Les glaciers de montagne sont tout autant menacés. Ceux-ci pourraient perdre jusqu’à 80% de leur volume d’ici 2100. Deux milliards de personnes dépendent de ces glaciers pour leur approvisionnement en eau potable, ce qui est d’autant plus inquiétant.

Le point le plus alarmant du rapport reste la fonte du permafrost, cette couche du sol gelée en permanence, qui recouvre presque un cinquième de la surface terrestre. La fonte du permafrost entraînera un cycle vicieux, car il libèrera plus de gaz à effet de serre - ainsi que des substances toxiques comme le mercure - dans l’air, ce qui accélèrera le réchauffement climatique. Le permafrost pourrait disparaitre d’au moins un tiers dans le meilleur des scénarios, voire totalement d’ici 2100.

Le mot « cryosphère » vient du grec « kryos » qui signifie ‘froid’ ou ‘glace’. Il désigne les zones sur Terre où l’eau est présente sous forme solide.  Cela inclut donc les banquises, les lacs et rivières gelées, les régions couvertes de neige, les glaciers, mais aussi les inlandsis et les sols gelés, de façon temporaire ou permanente.

Le GIEC avait déjà publié, en octobre 2018, un premier rapport au sujet des conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5°C. En août 2019, un second rapport sur la dégradation des terres et la sécurité alimentaire était paru. Le présent document, concernant les océans et la cryosphère (voir encadré), vient clôturer cette série.

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