La culture comme vecteur de transformation sociale

Jérôme Van Ruychevelt
01 avril 2016
L’Asbl Z! organise des festivals de musique. Mon rôle est de bâtir des ponts entre la génération « jeune » de notre public, d’une part, et le monde associatif et les acteurs de terrain d’autre part. Esperanzah!, notre plus gros festival, fait office de courroie de transmission en voulant provoquer le débat et la rencontre grâce à la créativité artistique.

Nous avons des partenariats avec des festivals de musique dans les pays du Sud également. En 2013, une équipe d’une quinzaine de nos bénévoles s’est rendue au festival Fesdig au Burkina Faso afin d’y installer une radio locale, en marge de l’évènement. Une partie de cette même équipe est actuellement à Goma pour aider à la coordination du festival Amani. Selon nous, l’émancipation individuelle et collective passe autant par la valorisation des artistes régionaux que par la sauvegarde de la diversité des semences, puisque, au final, tout est culturel. Plus globalement, l’idée est que la richesse culturelle doit continuer à être défendue au même titre qu’une économie sociale et solidaire (au contraire de son antithèse néo-libérale qui veut standardiser la culture).

Interconnectivité

A partir de ces expériences, chaque année, nous mettons à jour une campagne en Belgique en collaboration avec le CNCD 11.11.11. Elle consiste à faire prendre conscience de l’inter connectivité générale de notre monde. L’avenir du Nord est connecté à celui du Sud, le local au global, la nature à l’homme et inversement. Nous nous attachons à donner des outils de compréhension du monde, et à mettre en avant des alternatives positives concrètes à ce qui ne fonctionne pas. Je m’applique personnellement systématiquement à choisir le thème de campagne avec un univers. J’aime penser que le récit et les émotions ont la capacité de créer l’empathie nécessaire pour sensibiliser un jeune public à une thématique qui est à priori éloignée de lui et de son quotidien. C’est pour cette raison que mon rôle consiste à expérimenter les projets les plus culturels possibles en rassemblant autour de la table toutes ses parties prenantes : chanteur, animateur d’ONG, présentateur radio, équipe vidéo, expat’…

Village des Possibles

L’année dernière, avec des jeunes d’une maison de quartier de Schaerbeek, nous avions mis en parallèle une visite au « Musée du Capitalisme » et une rencontre avec le rappeur du groupe Starflam « Kaer ». Le projet a débouché sur un atelier écriture « rap » avec comme sujet… l’accaparement des terres ! Pas évident ! Mais à la fin du projet, certains de ces jeunes ont construit le « Village des Possibles » au côté d’acteurs de terrain. Ils ont pu, dans ce cadre, rencontrer le directeur du festival Amani (Congo), ainsi que leurs artistes préférés intéressés par les projets présentés.

Cette année, des jeunes de la région de Namur seront plongés dans une enquête policière. Ils voyageront, durant plusieurs jours, dans une roulotte équipée d’une radio qui émet en direct sur plusieurs radios associatives en live. Leur mission consiste à comprendre comment fonctionnent les alternatives locales afin d’envisager le système alimentaire mondial autrement. Ici aussi, des artistes et beaucoup d’imaginaire interviendront dans le projet.

(1) Lieu du Festival Esperanzah! où plus de 300 acteurs engagés organisent des animations autour des alternatives locales concrètes en Belgique.

  • Qui : Jérôme Van Ruychevelt, Responsable Action associative à l’Asbl Z!
  • Quoi : campagne annuelle pour sensibiliser le public jeune de nos festivals aux enjeux sociaux-économiques contemporains.
  • Pourquoi : un public en demande d’outils pour comprendre son monde, mais aussi en demande d’alternatives dans un univers optimiste et créatif.
  • Jerome Va, Rijckevelt
    Jérôme Van Ruychevelt
    © Dragan Markovic

     

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