La lutte contre Ebola en Guinée

Stefanie Buyst
01 septembre 2015
Depuis toute petite, je ressentais une propension à aider les gens . Le secteur humanitaire me parlait énormément. D’où mon choix de devenir médecin et de travailler à Médecins du Monde. Depuis 2007, je suis coordinatrice d’urgences pour MSF. Cette année, je suis partie deux fois en Guinée, pour contribuer à endiguer le  virus Ebola. En tant que coordinatrice médicale, je m’occupais des équipes médicales, suivais les contacts et faisais de l’éducation  dans les communautés locales.

Qui ?

Axelle Ronsse,
coordinatrice médicale pour Médecins sans Frontières en Guinée, nouveau pays partenaire de la Belgique

 

Quoi ?

Coordonner toutes les activités médicales autour d’Ebola
 

Pourquoi ?
L’épidémie d’Ebola n’est toujours pas maîtrisée

Vocation

J’étais déjà allée sur place lors de précédentes épidémies d’Ebola. Lors de la crise en Afrique de l’Ouest l’année passée, ça me démangeait. Je voulais aider les gens  sur place. De plus il fallait du personnel supplémentaire, parce que nous consacrons  des moyens considérables pour les trois pays touchés (Guinée, Sierra Leone et Liberia). Médecins sans Frontières est un acteur majeur disposant d’une grande expertise  en la matière. Il fallait que j’y aille, sinon je ne me serais pas sentie bien.

Les missions durent deux mois, au plus 2 mois et demi. C’est très lourd, tant physiquement que psychologiquement. Les faux espoirs sont fréquents après une diminution des cas d’infection. Mais le virus se réveille à nouveau et nous savons que la fin de l’épidémie n’est pas encore en vue.
Souvent la frustration règne car il n’existe aucun traitement contre Ebola. On sait qu’une partie de ses patients est condamnée. Des femmes enceintes perdent leur bébé ; des enfants leurs parents et inversement. Des parents voient leur enfant mourir sous leurs yeux… Mais l’un des moments les plus difficiles est de voir aussi des médecins et infirmiers locaux de votre équipe touchés et même succomber à la maladie. On se sent alors impuissant.

Sensibiliser la population

J’étais étonnée que des gens dans certaines régions de Guinée ne savaient toujours pas ce qu’était Ebola. Ils pensent que la maladie « est venue des blancs » ou s’est répandue par le biais des antennes de nos voitures. Ces croyances fortes nous ont empêchés d’assurer une information suffisante auprès de populations de certaines régions.

Nous sensibilisons également la population autour des décès. Un défunt doit être enterré de manière sûre, car sa dépouille peut contaminer son entourage. Mais certaines personnes emmènent et cachent les corps. On remarque une forte réticence de la population guinéenne à l’encontre des « bavardages médicaux ».

Avenir

Depuis l’éclatement de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest en 2014, plus de 27 600 personnes ont déjà été contaminées et environ 11 200 sont déjà décédées. Pour l’heure, je suis la situation de près depuis Bruxelles. Après seize mois, le virus reste actif en Sierra Leone et en Guinée. Le nombre de contaminations diminue, mais ce n’est pas encore la fin. Car il est beaucoup plus simple de réduire 100 cas à 10 plutôt que 10 à 0. Tant qu’aucun nouveau cas ne se déclare pendant plusieurs semaines, ce n’est pas fini.

Récemment, un vaccin a permis d’enregistrer des progrès considérables. Entre-temps, 1 200 collaborateurs ont été servis. Il s’agit de personnes qui travaillent en première ligne, comme les collaborateurs des centres de santé, les personnes qui transportent des corps, le personnel médical de l’hôpital de Conakry. Cela semble bien fonctionner.
Le vaccin est donc prometteur, mais ce n’est pas le seul qui arrêtera le virus. C’est l’un des moyens, pas le seul, pour lutter contre la maladie.
Entre-temps, restons vigilants et prenons des mesures dans certaines régions. Cela permettra, espérons-le, de voir la fin de l’épidémie d’ici la fin de cette année.

Santé Ebola
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