L’assurance maladie universelle, kézako ?

Esther Ingabire & Elise Pirsoul
01 décembre 2014
Il n’est pas tout d’avoir du personnel soignant et des infrastructures, encore faut-il que la population puisse y accéder financièrement. Car tout cela a un coût aussi bien pour l’établissement de santé, l’Etat ou pour le patient. C’est pourquoi une bonne couverture santé, accessible à tous peut s’avérer cruciale… Tellement cruciale qu’elle pourrait être l’objet d’un nouvel objectif du millénaire.

Lors de la création de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 1948, celle-ci a inscrit la santé comme l’un des droits fondamentaux de l’être humain. Le concept d’assurance maladie se définit comme « veiller à ce que l’ensemble de la population ait accès aux services préventifs, curatifs, palliatifs, de réadaptation et de promotion de la santé dont elle a besoin et à ce que ces services soit de qualité suffisante pour être efficaces, sans que leur coût n’entraîne des difficultés financières pour les usagers ».

Afin que l’assurance maladie puisse être efficace, celle-ci doit tout d’abord être abordable et de qualité. En effet, elle doit permettre au plus grand nombre d’y accéder quels que soient leurs moyens financiers et surtout sans s’appauvrir ou se ruiner. Ensuite,  elle doit également être de qualité afin de permettre aux bénéficiaires d’améliorer leur santé grâce à la prévention, aux soins prodigués, au suivi mais également la réadaptation et la promotion de la santé. Cependant, il est également important que ces services soient dispensés par des prestataires disposant d’une bonne formation et motivés. La formation est une composante essentielle pour la qualité des soins. Celle-ci doit également faire l’objet d’un recyclage et d’une mise à jour régulière afin de prodiguer les meilleurs conseils et soins aux patients ce qui n’est malheureusement pas toujours possible dans les pays en développement.

Un médecin prescrit un médicament
© Tineke D'haese/Oxfam

Equilibre

Au Brésil, entre 1995 et 2011, le doublement des dépenses publiques de santé a coïncidé avec la plus forte baisse du taux de mortalité jamais enregistré chez les enfants de moins de 5 ans (rapport oxfam). Malgré tout, le programme a été sous-financé et la qualité des soins devrait être améliorée. Au Burundi (depuis 2006), les soins de santé sont gratuits pour les femmes et les enfants. Grâce à cette mesure, les accouchements assistés, le test du sida et l’utilisation de la contraception ont augmenté substantiellement. Mais cette mesure induit également des effets négatifs : le patient se décharge de sa responsabilité et la qualité des soins périclite si l’état ne comble pas le manque à gagner. Par ailleurs des soins ou même des assurances maladies à cotisation trop élevées excluent les plus pauvres et accentuent les inégalités. De nombreux pays à bas revenus dispose de trop peu de ressources pour financer un budget substantiel pour la santé. Le défi est donc de proposer des soins de santé universels et équitables pour tous. La solution réside dans le difficile équilibre entre qualité, cout et accès.

La mutualisation des risques est un élément clé car avec les systèmes de santé qui exigent le paiement direct et immédiat des soins par les patients seuls les plus fortunés ou les malades sont traités.  A l’heure actuelle,  environ 100 millions de personnes ont sombré ainsi dans la pauvreté. Les deux articles qui suivent vous présentent  des exemples concrets dans deux pays partenaires.

4 conditions nécessaires à une bonne couverture santé universelle :

  • Un système de santé solide, efficace et bien géré incluant prévention, dépistage, traitement, réadaptation
  • Des soins à un coût abordable grâce à un système de financement des services de santé
  • L’accès aux médicaments et aux technologies essentiels pour diagnostiquer et traiter les problèmes médicaux
  • Des effectifs suffisants de personnels de santé bien formés et motivés
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