L’avenir passe par l’autonomie pour les réfugiés maliens

Annelies Van Erp
09 janvier 2018
Les conflits armés qui ont éclaté il y a cinq ans au Mali ont poussé quelque 33 000 Maliens à fuir d’urgence vers le Burkina Faso voisin. Parmi ces réfugiés, de nombreux éleveurs avec leur bétail qui tentent aujourd’hui de survivre dans des camps de réfugiés au nord du Burkina Faso. Vétérinaires Sans Frontières les aide en améliorant leurs techniques d’élevage ainsi que la production et la consommation de lait.

En collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), Vétérinaires Sans Frontières a mis en place un projet pour renforcer l’autonomie des éleveurs maliens, lutter contre la malnutrition chez les enfants et soutenir les producteurs locaux de lait.

Du lait local pour lutter contre la malnutrition

À cause du manque d’eau et d’herbe pendant la saison sèche, les vaches produisent moins de lait. Pourtant, le lait est un élément essentiel de l’alimentation au Sahel et il est aussi indispensable pour la santé des enfants.

Pour lutter contre la malnutrition chez les jeunes enfants, Vétérinaires Sans Frontières encourage la consommation de lait local via des ‘cantines de lait’ dans les camps de réfugiés de Goudebou et Mentao, au nord du Burkina Faso. Trois fois par semaine, les enfants entre 6 et 59 mois y reçoivent une portion de 300 ml de lait.

Nous achetons ce lait auprès des mini-laiteries locales et assurons le transport vers les camps. De cette manière, nous soutenons non seulement les enfants réfugiés mais aussi les éleveurs (locaux et réfugiés), qui vendent leur lait aux laiteries. Les femmes de la région qui sont responsables de ces laiteries en bénéficient également et l’augmentation de leurs revenus a des effets directs sur la santé et l’alimentation de leurs enfants.

Pour améliorer la production de lait des vaches, Vétérinaires Sans Frontières mise sur les soins de santé animale et sur un meilleur fourrage.

 

Trois fois par semaine, les enfants entre 6 et 59 mois y reçoivent une portion de 300 ml de lait. Nous achetons ce lait auprès des mini-laiteries locales et assurons le transport vers les camps.

Des enfants reçoivent du lait.
© DZG/Wouter Elsen

Des frigos à l’énergie solaire

Il reste cependant de nombreux obstacles à surmonter, comme le manque d’infrastructures adaptées. Les camions frigorifiques et les frigos ne sont pas disponibles partout, et là où on en trouve, ce sont les coupures de courant qui posent souvent problème. Heureusement, l’énergie solaire fait tout doucement son apparition au Burkina Faso. Les mini-laiteries soutenues par Vétérinaires Sans Frontières sont équipées de panneaux solaires qui fournissent l’énergie nécessaire.

Gestion des pâturages et de l’eau

Par ailleurs, Vétérinaires Sans Frontières sert d’intermédiaire entre les représentants des réfugiés et les villageois burkinabés pour s’entendre sur l’utilisation des pâturages et des points d’eau. Cela permet de répartir la pression exercée sur les ressources naturelles limitées du Sahel, et d’éviter ainsi des conflits entre les réfugiés et les éleveurs locaux.

Des micro-entreprises pour plus d’autonomie

Même si le Mali a entretemps conclu un accord de paix, la situation sécuritaire reste extrêmement instable et il est impossible pour de nombreux réfugiés de rentrer chez eux. « Il est essentiel d’assurer une meilleure autonomie aux réfugiés, pour qu’ils puissent reprendre leur vie en main de façon totalement indépendante, » commente Salifou Ibra, chef de projet.

C’est pourquoi Vétérinaires Sans Frontières les aide à lancer des micro-entreprises, par groupes de 5 à 12 personnes qui exercent une même activité, en fonction de leurs talents communs ou de leur expérience en matière de production de lait ou de techniques d’élevage.

Capital de départ

Nous organisons des formations et facilitons l’accès au crédit pour que les réfugiés puissent disposer d’un capital de départ pour leur micro-entreprise. Certains éleveurs l’utilisent pour lancer un petit commerce de fourrage, tandis que d’autres achètent des moutons pour les élever, les engraisser et les revendre ensuite à un meilleur prix.

Ces activités rapportent des revenus et permettent aux réfugiés d’acquérir de nouvelles expériences et connaissances. Autant de compétences enrichissantes qui leur serviront aussi à leur retour au Mali.

Mali Réfugiés Aide humanitaire Élevage Lait
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