Le bambou, un atout pour la construction durable en Équateur

Katelin Raw - VVOB
12 février 2019
VVOB – education for development et l’architecte belge Sven Mouton font la promotion du bambou comme matériau de construction durable en Équateur.

Il est solide, écologique et bon marché : le choix du bambou comme matériau de construction durable semble une évidence. Les Équatoriens l’ont déjà adopté, tout comme VVOB – education for development. VVOB a mis en place un nouveau partenariat avec l’architecte belge Sven Mouton, qui a partagé son expertise dans le domaine de la construction en bambou tant avec les pouvoirs publics qu’avec des écoles techniques en Équateur : « Former des étudiants à devenir des spécialistes du bambou améliore leurs perspectives d’emploi sur ce marché émergent. »

 

Un matériau sous-estimé

En Équateur, VVOB développe des partenariats entre le secteur privé et l’enseignement technique et professionnel sous la forme de projets baptisés « RCC »*. D’une part, les jeunes reçoivent une formation sur mesure et, d’autre part, les employeurs peuvent compter sur une main-d’œuvre bien formée. Actuellement, on parle encore trop souvent de « skills mismatch », à savoir l’inadéquation entre l’offre et la demande de certaines compétences.

Ce partenariat spécifique permet aux étudiants qui fréquentent les écoles agricoles de se familiariser avec le bambou, sa croissance et ses qualités de construction durable. Dans le contexte d’un pays lui-même en reconstruction après le séisme dévastateur de 2016, il importe plus que jamais de mettre en place des méthodes de construction innovantes et plus efficaces.

À cet égard, le bambou joue un rôle important, non seulement grâce à sa solidité, mais aussi à ses caractéristiques écologiques. « Cette plante est largement sous-estimée en tant que matériau de construction. Elle est sept fois plus résistante et absorbe près de cinq fois plus de CO2 que le bois. L’acier, en revanche, émet deux tonnes de CO2 par tonne produite. Le bambou est tout aussi solide que l’acier et antisismique. Pourquoi n’est-il pas plus souvent utilisé ? », s’interroge Sven Mouton.

Le bambou est sept fois plus résistant et absorbe près de cinq fois plus de CO2 que le bois. L’acier, en revanche, émet deux tonnes de CO2 par tonne produite. Le bambou est tout aussi solide que l’acier et antisismique. Pourquoi n’est-il pas plus souvent utilisé ?

Sven Mouton

Sven Mouton s'adresse aux étudiants lors d'un atelier sur le bambou.
© VVOB

Révolution dans le bâtiment

L’expertise de Sven intervient à deux niveaux dans le système d’enseignement équatorien. Les élèves de neuf écoles secondaires agricoles bénéficient à présent d’un nouveau programme axé sur les avantages durables du bambou en tant que matériau de construction. Par ailleurs, Sven a mis son expertise au service du gouvernement dans le cadre de l’établissement de normes de construction nationales pour les infrastructures éducatives. « La Nueva Escuela », un modèle pour des établissements 100 % durables partiellement construits à partir de bambou, est le fruit de ce travail conjoint.

« Ce sera, espérons-le, le début d’une petite révolution qui profitera au bambou. Le marché de la construction en bambou est en expansion depuis que le séisme a frappé l’Équateur. Nous commençons à prendre conscience du fait que ce matériau offre de multiples avantages en matière de sécurité, une caractéristique qui fait parfois défaut au béton et à l’acier. Le nouveau trajet de formation prend dès lors toute son importance. En formant des étudiants à devenir des spécialistes du bambou, nous améliorons leurs perspectives d’emploi. »

En formant des étudiants à devenir des spécialistes du bambou, nous améliorons leurs perspectives d’emploi.

Sven Mouton

Une somme d’atouts

Il n’est plus à démontrer que le bambou offre un avenir prometteur à la construction durable. Mais les Équatoriens en tirent bien d’autres avantages : il revient 40 % moins cher que le béton, est culturellement pertinent pour les diverses communautés et sans danger pour la biodiversité locale et – pourvu que les écoles soient effectivement construites à partir de bambou – offre un cadre éducatif idéal à des pédagogies efficaces et innovantes.

« Sur le marché de la construction belge également, le bambou trouve toute sa pertinence », poursuit Sven. « Si on fait le calcul, on se rend vite compte que l’importation de bambou en Belgique demeure plus respectueuse de l’environnement que l’utilisation d’acier ou de béton. En outre, le bambou est un choix plus intelligent que le bois. Le phénomène de déforestation empire. Ne touchez pas aux arbres et recourez à d’autres solutions, car il en existe ! Quel que soit le contexte, le bambou constitue un matériau de construction durable et de qualité : en tant qu’architectes et ingénieurs, il est de notre devoir de le clamer haut et fort. »

*Projets RCC

« RCC » signifie « Relación Colegio-Comunidad » ou « Partenariat École-Communauté » en français. À travers ces projets, VVOB établit en Équateur des partenariats durables entre les écoles techniques et professionnelles d’une part et les entreprises et/ou institutions (universités, autorités décentralisées, associations, etc.) d’autre part afin de renforcer les compétences des enseignants et des étudiants au moyen d’une formation avancée et de matériel de pointe. Le secteur privé peut ainsi compter sur des diplômés disposant des compétences requises pour apporter une plus-value à leur entreprise, et les étudiants ont plus de chances de poursuivre des études supérieures et de décrocher un emploi décent.

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