Le sida, un combat loin d’être terminé

Antoine Delers
18 juillet 2019
Avec plus de 35 millions de morts depuis sa découverte à la fin des années 1970, le virus du sida continue de représenter un problème mondial majeur de santé publique.

Le VIH, c’est quoi ?

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) affaiblit les systèmes de défense de l’organisme contre les infections et certains types de cancer. Avec cette altération du fonctionnement des globules blancs, une immunodéficience progressive s’installe chez les individus infectés. Elle augmente les risques de contracter des infections, des cancers et d’autres maladies. Le stade le plus avancé de l’infection au VIH est le « syndrome d’immunodéficience acquise » (= sida).

Le virus peut se transmettre par l’échange de divers liquides corporels (sang, lait maternel, sperme et sécrétions vaginales) provenant de personnes infectées. Parmi les comportements à risque figurent entre autres la pénétration anale ou vaginale non protégée, le partage de seringues lors d’injection de drogues, les transfusions sanguines à risque, les greffes de tissus. La présence d’autres infections sexuellement transmissibles (IST) augmente le risque de transmission sexuelle.

Les symptômes varient en fonction du stade de l’infection. Au cours des premiers mois qui suivent la contraction du virus, les sujets peuvent manifester un état grippal (fièvre, maux de tête, mal de gorge…), voire ne présenter aucun symptôme, ce qui augmente les risques de contamination. À mesure que la déficience du système immunitaire s’installe, d’autres signes peuvent apparaître et, en l’absence de traitement, de graves maladies comme la tuberculose sont susceptibles de se déclarer.

Le VIH en quelques chiffres

 

  • Fin 2017, environ 36,9 millions de personnes vivaient avec le VIH, dont 1,8 million d’enfants. La même année, 940 000 sujets infectés sont décédés d’une ou des causes liées au VIH.
  • L’Afrique est la région la plus touchée (avec 25,7 millions de personnes vivant avec le VIH) et concentre plus des deux tiers des nouvelles infections dans le monde.
  • Selon les estimations, environ 75 % seulement des personnes ayant contracté le virus connaissent leur situation.
  • 21,7 millions de personnes bénéficiaient d’un traitement antirétroviral (TAR) en 2017, dont 80 % des femmes enceintes ou allaitantes vivant avec le virus.
  • Entre 2000 et 2017, le nombre de nouvelles infections a baissé de 36 %, tandis que celui des décès a chuté de 38 %, soit 11,4 millions de vies sauvées grâce au traitement TAR.

Source : OMS

Le dépistage

Le dépistage sert à vérifier la présence d’anticorps qui défendent l’organisme contre le VIH. La plupart des individus en produisent dans les 28 jours suivant l’infection, mais ces anticorps peuvent ne pas être détectables à un stade précoce de la maladie. C’est pourquoi il vaut mieux attendre un certain temps pour passer le test après la prise de risque. Un deuxième dépistage est généralement effectué sur toutes les personnes diagnostiquées initialement comme positives, afin d’écarter toute possibilité d’erreur au niveau des résultats. Le test de dépistage doit être volontaire et le droit au refus est reconnu.

Il est important de faire un dépistage suite à une prise de risque (rapport sexuel non protégé, déchirement du préservatif, partage de seringues, etc.), mais aussi pour savoir où on en est et pour se rassurer. Diagnostiquer le VIH le plus tôt possible est essentiel pour permettre un traitement rapide de la maladie.

 

La prévention

Au niveau individuel, on peut réduire le risque d’infection en limitant l’exposition aux facteurs de risque. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les principales démarches de prévention du VIH/sida sont :

  • l’utilisation du préservatif masculin ou féminin ;
  • le dépistage et les conseils sur le VIH et les IST ;
  • la circoncision médicale volontaire de l’homme ;
  • l’utilisation d’antirétroviraux pour la prévention ;
  • l’élimination de la transmission mère-enfant du VIH.
Un agent de santé prélève du sang du doigt d'un garçon en Ouganda.
© Shutterstock

Le traitement

À l’heure actuelle, il n’existe pas de moyen de guérir l’infection par le VIH. Par contre, une trithérapie associant 3 médicaments antirétroviraux (ARV) peut permettre de maîtriser le virus et contribuer à éviter sa transmission, afin que les personnes séropositives puissent bénéficier d’une vie longue et productive. Ce traitement antirétroviral (TAR) supprime la réplication du virus dans l’organisme, mais ne guérit pas l’infection. Il permet aussi au système immunitaire de reconstituer progressivement sa capacité à lutter contre les infections.

 

Les défis majeurs restants

L’OMS souligne quatre principaux défis qu’il faut relever afin de lutter efficacement contre le sida :

  1. Empêcher la transmission du virus, en adaptant les programmes de prévention aux personnes les plus à risque et en facilitant l’accès à des méthodes efficaces pour ne pas contracter la maladie.
  2. Étendre l’accès au traitement TAR à toute personne diagnostiquée positive et faciliter l’accès à des services de dépistage, car environ 25 % des porteurs du VIH ignorent encore leur situation.
  3. Réduire au maximum la résistance aux médicaments ARV, phénomène en croissance qui inquiète les scientifiques.
  4. Maintenir un financement mondial de riposte durable contre le VIH.

 

Quelques actions de la Belgique contre le sida

 

L’Institut de médecine tropical d’Anvers (IMT)

L’importance de l’IMT dans la recherche sur le sida est indéniable. C’est grâce à cet institut que la pathologie a été reconnue comme une maladie tant hétérosexuelle que homosexuelle qui s’est d’abord développée dans les régions pauvres du continent africain. Nombre de fondements de la recherche mondiale sur le sida ont été établis à Anvers. De plus, depuis des dizaines d’années, l’IMT est un prestataire de services médicaux, ainsi qu’un champion de la lutte contre les tabous dont sont victimes les personnes infectées par le VIH en Belgique.

 

Enabel

Enabel, l’agence de la Coopération belge au Développement, agit sur le terrain pour lutter contre le sida. À titre d’exemple, entre 2011 et 2019, l’organisation a mis en place un projet au Burundi pour appuyer le Système national d’information sanitaire (SNIS) du Ministère de la Santé publique et de la lutte contre le SIDA, avec un budget d’environ 8 000 000 d’euros. Enabel lutte entre autres contre les infections sexuellement transmissibles dans le Nord du Mali et dispose, à cette fin, d’un budget d’environ 355 600 euros. 

 

Le Fonds mondial

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme est une fondation à but non lucratif qui mobilise et investit des ressources pour mettre fin aux épidémies de VIH, de tuberculose et de paludisme, dans le cadre de la réalisation des Objectifs de Développement durable (ODD) des Nations Unies. La Belgique est le 16e donateur public du Fonds mondial. Ses contributions s’élèvent à 241,9 millions d’euros au total, à ce jour.

 

ONUSIDA

Il s’agit d’un programme des Nations Unies qui coordonne l’action des différentes agences spécialisées de l’ONU, afin de mettre fin à la pandémie de sida comme menace pour la santé publique. En 2016, la Belgique a signé un nouvel accord de financement qui renouvelle sa contribution à l’ONUSIDA, à raison de 3 millions d’euros par an de 2017 à 2020.

 

Source : OMS, ITG, Enabel, Fonds mondial, ONUSIDA

 

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