Le zoo d’Anvers : 175 ans au service de la science et de la préservation de la nature

Chris Simoens
19 avril 2018
Cette année, le zoo d’Anvers souffle ses 175 bougies. Saviez-vous qu’il porte depuis ses débuts un profond respect à la science et qu’il s’engage  résolument à préserver la nature ?

Avec ses 175 ans d’activité, le zoo d’Anvers figure parmi les parcs zoologiques les mieux préservés d’Europe. Le zoo Artis à Amsterdam fut inauguré en 1838, 5 ans plus tôt que celui d’Anvers. C’est en effet après avoir découvert le zoo Artis lors d’une visite à son frère à Amsterdam qu’un notable anversois tire la conclusion suivante : il faut également un établissement de ce genre à Anvers !

Parades en famille

« À cette époque, plusieurs parcs zoologiques ont été construits », explique Zjef Pereboom, chef du centre de recherche de la Société Royale de Zoologie d’Anvers (SRZA), qui regroupe, outre le zoo d’Anvers, le zoo de Planckendael et le Serpentarium de Blankenberge. « Tous ces jardins zoologiques servent une noble cause : contribuer à l’émerveillement pour la nature et permettre la recherche scientifique sur les animaux. » Le zoo d’Artis a pour devise « Natura Artis Magistra » ou « la nature nous enseigne les arts ». Celle du zoo d’Anvers est « Pro Natura et Scientia » ou « pour la nature et la science ».

A ses débuts, son accès demeure malheureusement limité à la bourgeoisie aisée. « À l’époque, une visite au zoo permettait de se montrer », raconte Jiska Verbouw, spécialiste en communication scientifique à la SRZA. « Non seulement les bourgeois contemplaient les animaux, mais ils pouvaient également parader avec leurs enfants. » Le prix du billet diminue trois jours par an à partir de 1862, mais ne se démocratise vraiment qu’après la Première Guerre mondiale.

Le zoo d'Anvers a été fondé pour servir une noble cause : contribuer à l’émerveillement pour la nature et permettre la recherche scientifique sur les animaux. Son accès demeure malheureusement limité à la bourgeoisie aisée.

Vue sur le bâtiment des antilopes et la gare centrale
© Beeldbank Zoo Antwerpen

Okapi, bonobo, paon du Congo

Le zoo d’Anvers dispose donc, dès le départ, d’un important volet scientifique. « Les scientifiques pouvaient y décrire et étudier les animaux », déclare Pereboom. « Tous les directeurs de cet établissement ont encouragé la recherche scientifique, en collaboration avec les universités d’Anvers. Depuis 2002, le gouvernement flamand appuie grandement le développement de notre recherche. »

Le zoo d’Anvers est ainsi un membre fondateur de l’Association européenne des zoos et aquariums (EAZA) et participe activement à ses programmes d’élevage. Les membres de l’EAZA prennent en charge un certain nombre d’espèces souvent menacées d’extinction. Anvers a notamment choisi l’okapi, le bonobo et le paon du Congo, des espèces spécifiques de la RD Congo. La SRZA coordonne également les programmes d’élevage du tamarin-lion à tête dorée du Brésil, du touraco de Fischer (un oiseau de l’est de l’Afrique), de l’ara militaire du Mexique et du wallaby bicolore. « Les programmes d’élevage doivent garantir la stabilité et la bonne santé de populations présentant une diversité génétique suffisante, comparables à des populations sauvages », explique Pereboom. « Un programme d’élevage stable permet aux zoos de continuer à surprendre leurs visiteurs avec un large éventail de spécimens, sans priver des animaux de leur milieu sauvage. »

 

Un programme d’élevage stable permet aux zoos de continuer à surprendre leurs visiteurs avec un large éventail de spécimens, sans priver des animaux de leur milieu sauvage.

Un zèbre et des giraffes dans le zoo
© Jonas verhulst

Cameroun et Brésil

Le zoo fait également de la recherche fondamentale, qui sert notamment de base aux programmes d’élevage. Les scientifiques cherchent un moyen d’assurer la stabilité des populations animales, en prenant en compte la vie dans un parc zoologique. Ils étudient également le comportement et la santé des animaux afin de promouvoir le bien-être animal.

Enfin, le zoo d’Anvers contribue activement à la préservation de la nature. Par exemple, les chercheurs du zoo tentent d’augmenter les chances de survie des chimpanzés et gorilles dans les zones non protégées du Cameroun, de même que pour la conservation des bonobos en RDC. Au Brésil, ils cherchent les facteurs particulièrement indispensables à la survie du tamarin-lion à tête dorée. Ces recherches se font toujours en étroite collaboration avec les populations locales. « La coopération au développement n’est pas l’objectif principal du zoo. Nous voulons protéger la nature. Cependant, en zone non protégée, la population locale est propriétaire des forêts. C’est pourquoi il faut les sensibiliser à l’importance des forêts et leur offrir des sources de revenus alternatives. Tous nos projets aboutissent à une situation gagnant-gagnant », conclut Pereboom.

 

La coopération au développement n’est pas l’objectif principal du zoo. Nous voulons protéger la nature. Cependant, en zone non protégée, la population locale est propriétaire des forêts. C’est pourquoi il faut les sensibiliser à l’importance des forêts et leur offrir des sources de revenus alternatives. Tous nos projets aboutissent à une situation gagnant-gagnant.

Zjef Pereboom

Kai-Mook

À côté de ses propres projets, le zoo soutient également les initiatives de tiers. Ainsi, il a ouvert un compte bancaire après la naissance de l’éléphanteau Kai-Mook en vue de protéger ses semblables menacés en Inde. « Lors de leur migration annuelle, les éléphants d’Asie empruntent toujours les mêmes routes, croisant parfois des villages avec les risques que cela incombe pour la sécurité des villageois. Grâce à notre aide, une ONG locale a déplacé un village et ainsi libéré le chemin. Les villageois ont été suivis de très près et aspiraient également à une solution. Une autre situation gagnant-gagnant. »

Chaque année, les zoos européens (EAZA) travaillent sur un thème pour lequel ils collectent des fonds. « Cette année, la campagne est consacrée aux oiseaux chanteurs menacés en Asie du Sud-Est », déclare Verbouw. « Dans cette région, les hommes considèrent les oiseaux chanteurs comme un symbole de leur statut social, une preuve de leur virilité. Les concours de chant sont également très populaires et permettent de gagner beaucoup d’argent. La population locale est convaincue que les oiseaux sauvages chantent mieux. Par conséquent, les oiseaux chanteurs sauvages sont intensivement chassés. » Tous les zoos européens collectent des fonds auprès de leur public pour sensibiliser la population d’Asie du Sud-Est à l’importance de la biodiversité et ainsi résoudre le problème.

Bien entendu, on peut admirer des animaux provenant du monde entier au zoo d’Anvers. Mais en coulisses, des dizaines de chercheurs essaient d’en savoir plus sur ces animaux avec comme but ultime de protéger leurs congénères dans la nature.

Le zoo d’Anvers fête ses 175 ans

 

À l’occasion de ses 175 ans, la SRZA organise une multitude d’activités. Le spectacle musical « ZOO of life » se joue du 3 au 15 avril. Le zoo d’Anvers revivra la Belle Époque. À partir du 30 juin, vous pourrez participer quotidiennement à une promenade patrimoniale et vos enfants pourront partir à la découverte des papillons. Un terrain de jeu sera mis en place avec des chaises volantes et beaucoup d’autres attractions. Vous pourrez également croiser le chemin de figurants de la Belle Époque. Au zoo de Planckendael, l’Asie est mise à l’honneur avec une expédition spéciale, du bricolage, des ateliers musicaux et la famille d’éléphants d’Asie sera bien évidemment sous le feu des projecteurs.

 

Plus d’informations sur https://www.zooantwerpen.be/fr/ ou https://www.planckendael.be/fr/

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