Les agricultrices burkinabées vivent mieux grâce au riz étuvé

Launy Dondo & Lander Paesen
14 juin 2017
La nouvelle note stratégique « Agriculture et sécurité alimentaire » de la Coopération belge au développement met l'accent sur l’entrepreneuriat. C’est dans cet esprit que Salimata Sanon, productrice de riz et présidente d’une coopérative agricole, a introduit au Burkina Faso la transformation du riz en riz étuvé. La valeur ajoutée permet désormais aux 3 900 membres de la coopérative de vivre dans de meilleures conditions.

Le riz étuvé : un commerce en plein essor au Burkina Faso

Au Burkina Faso, la production de riz étuvé a grimpé en flèche au cours des dernières années. Grâce à la méthode de traitement spécifique du riz étuvé - le riz brut est d'abord partiellement cuit à la vapeur et ensuite placé au soleil pour sécher - il est riche en minéraux et en vitamines et présente une qualité significativement meilleure. Les agriculteurs qui pratiquent cette technique sont appelés « étuveurs ». Madame Sanon elle-même est aussi étuveuse et occupe la fonction de secrétaire générale de UNERIZ, une association d’étuveurs au Burkina Faso. Au moment du lancement de sa compagnie, elle n’a pu bénéficier ni des ressources financières ni de l'équipement nécessaire permettant une chaîne de production durable. Aujourd'hui, grâce à l’entreprise de Salimata Sanon, la production de riz étuvé connaît une croissance sans précédent et l’agricultrice peut même réinvestir une partie de ses fonds dans l'expansion de ses activités.

Grâce à sa méthode de traitement spécifique étuvée, le riz est riche en minéraux et en vitamines et est de meilleure qualité.

L’union fait la force

Le succès de sa méthode entrepreneuriale durable de pratiquer l'agriculture n'a pas échappé à l'état Burkinabé. Il n’en a pas toujours été ainsi. En 2001, par exemple, le gouvernement ne voulait rien savoir des étuveurs à prédominance féminine qui ont pris de plus en plus d'importance au Burkina Faso. Peu à peu, un mouvement d’étuveurs est apparu, et son l’ampleur a augmenté. Aujourd'hui, UNERIZ rassemble 3 900 étuveurs au Burkina Faso et ils se trouvent plus que jamais en position forte dans les négociations politiques avec le gouvernement.

La femme au premier plan

L’étuvage du riz améliore non seulement sa qualité alimentaire, mais aussi la vie de nombreuses femmes impliquées dans ce processus. Avec les salaires qu'elles en retirent, elles peuvent satisfaire leurs besoins personnels et ceux de leur famille. Les femmes investissent d’ailleurs plus que les hommes dans la santé et l'éducation de leurs enfants. Elles réussissent de plus en plus à souscrire des prêts leur permettant d’investir dans leur propre matériel. De plus, l'association possède une fonction importante de sensibilisation en ce qui concerne les questions de genre au sein du secteur agricole. Elle rappelle ainsi non seulement aux femmes qu’elles jouent un rôle important mais informe également les jeunes sur UNERIZ et ses avantages pour les agricultrices.

L’étuvage du riz améliore non seulement sa qualité alimentaire, mais aussi la vie de nombreuses femmes impliquées dans ce processus. Avec les salaires qu'elles en retirent, elles peuvent satisfaire leurs besoins personnels et ceux de leur famille.

Une femme extrait le riz d’un bassin
© Vredeseilanden

La concertation, moteur pour le progrès

Plusieurs acteurs sont impliqués dans la chaîne de valeur du riz étuvé. Ainsi, en plus des producteurs, le secteur se compose également du personnel technique, des transformateurs de riz, des commerçants et des consommateurs. L'objectif de UNERIZ est aussi de permettre des concertations aussi fluides que possible entre tous ces acteurs.

Chaque acteur de la chaîne de valeur est entendu. Des comités ou des séances de dégustation servent d'outils pour tenir compte au maximum des souhaits des consommateurs. La fixation du prix du riz étuvé repose entre les mains du gouvernement. Mais UNERIZ défend les intérêts des consommateurs et des producteurs en vue d’assurer la détermination la plus équitable possible des prix. La société de Madame Sanon bénéficie entre autres du soutien des ONG comme Oxfam Solidarité et Vredeseilanden. Bien sûr, il reste du pain sur la planche. Il s’agit notamment de se concentrer davantage sur le taux d'analphabétisme chez les agriculteurs,  encore trop élevé au Burkina Faso.

Les paysannes vendent leur riz
© Vredeseilanden
Riz Burkina Faso
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