Les fonds flexibles sauvent des vies et construisent un avenir sans faim

Axel Brumberg - WFP
23 juillet 2018
À un moment où les besoins sont sans précédent, le financement flexible procuré par la Belgique permettra au Programme alimentaire mondial des Nations Unies de réagir rapidement aux crises, de sauver de nombreuses vies et de renforcer la résilience.

L'an dernier, le nombre de personnes victimes de la faim a augmenté pour la première fois en dix ans. Plus que jamais auparavant, des fonds sont nécessaires pour leur venir en aide Les multiples et graves crises  alimentaires survenant dans le monde ainsi que le manque de fonds rendent crucial le besoin d'un meilleur et plus souple financement, , pour accéder aux communautés les plus vulnérables qui risquent d'être laissées pour compte.

Dans le cadre de l'accord connu sous le nom de Grand Bargain, conclu lors du Sommet mondial sur l'action humanitaire de 2016, les donateurs ont accepté non seulement de donner davantage, mais aussi de se montrer plus flexibles dans leurs dons. De nombreux gouvernements se sont engagés à limiter progressivement le système d'affectation des fonds, dans le but d'atteindre un objectif global de 30 % du financement humanitaire avec moins  de restrictions d'ici 2020.

La Belgique, en sa qualité de partenaire signataire du Grand Bargain, a prouvé son attachement au respect de l'accord. Cette année, le gouvernement belge a versé 14,4 millions d'euros au Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies sur une période de quatre ans sous forme de fonds pluriannuels entièrement flexibles. Le PAM peut répartir l'argent en fonction de ses priorités et peut facilement accéder aux fonds en cas d'urgence soudaine ou lorsque certaines opérations sont confrontées à des déficits de financement.

Cette année, le gouvernement belge a versé 14,4 millions d'euros au Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies sur une période de quatre ans sous forme de fonds pluriannuels entièrement flexibles.

Ce fut le cas en Irak en 2017. En janvier de l'année dernière, le PAM apportait une aide alimentaire à près de 400 000 personnes déplacées en raison des combats à Mossoul. Pourtant, l'insuffisance de fonds a contraint le PAM à réduire les rations alimentaires alors que la poursuite des hostilités a poussé la population à fuir, sans disposer des ressources nécessaires pour nourrir leur famille. Grâce à l'appui flexible des donateurs, le PAM a pu réapprovisionner rapidement ses stocks de vivres, apportant ainsi une aide indispensable à des milliers d'Irakiens fuyant la violence et la terreur.

Outre sa contribution la plus récente, qui consiste en un financement entièrement flexible, la Belgique a toujours soutenu le Compte d'intervention immédiate (CII) du PAM. Notre pays en est actuellement son deuxième donateur le plus important. Ce dispositif de sauvetage permet au PAM d'intervenir rapidement en cas d'urgence lorsqu'aucune aide n'est disponible ou prévue. Le financement de du CII est dénué d'affectation particulière, ce qui permet au PAM de faire face aux situations potentiellement mortelles chaque fois qu'elles se produisent.

Grâce à l'appui flexible des donateurs, le PAM a pu réapprovisionner rapidement ses stocks de vivres, apportant ainsi une aide indispensable à des milliers d'Irakiens fuyant la violence et la terreur.

Les opérations du PAM dans la province du Kasaï en République démocratique du Congo (RDC) comptent parmi les nombreuses opérations qui ont bénéficié des fonds du CII. À la mi-2016, les tensions interethniques et la violence se sont propagées au Kasaï, provoquant des déplacements massifs de population. En septembre 2017, on comptait 3,2 millions de personnes souffrant d'une grave insécurité alimentaire dans la seule région du Kasaï, et près de 400 000 enfants qui risquaient de mourir de malnutrition aiguë sévère.

Depuis le déclenchement de la crise du Kasaï, le manque de financement s'est révélé être un obstacle majeur à l'intervention du PAM. Dès que la crise a été qualifiée d'urgence de niveau 3 - la classification la plus élevée des Nations Unies, réservée aux crises les plus graves et les plus complexes - le PAM a alloué des ressources du CII pour combler rapidement les déficits de financement. Cela a permis au PAM de décupler son aide entre septembre et décembre 2017. Grâce aux généreuses contributions au CII provenant de donateurs tels que la Belgique, le PAM a pu fournir une aide alimentaire à la population du Kasaï en cette période de grande détresse.

Les exemples de ces crises en RDC et en Irak illustrent à quel point un financement flexible est crucial pour les opérations du PAM et la vie des personnes les plus vulnérables vivant dans des zones de conflit. Pourtant, les gouvernements qui fournissent ce type de financement sont encore trop peu nombreux.

Une personne évalue la malnutrition d'un enfant dans les bras de sa mère en mesurant l'épaisseur de son bras.
© WFP/Jaques David

Les exemples de ces crises en RDC et en Irak illustrent à quel point un financement flexible est crucial pour les opérations du PAM et la vie des personnes les plus vulnérables vivant dans des zones de conflit. Pourtant, les gouvernements qui fournissent ce type de financement sont encore trop peu nombreux. La plupart des donateurs précisent encore comment et où leur argent peut être dépensé et, par conséquent, le niveau de financement flexible s'est figé au cours des dernières années. En 2017, la part des contributions purement flexibles par rapport aux rentrées totales du PAM était de 5 % - la plus faible depuis plus de 20 ans.

La disponibilité d'un financement flexible détermine la capacité du PAM à assurer une réponse rapide et efficace aux crises sous-financées, y compris les urgences nouvelles et persistantes, ainsi que les problèmes liés au développement. Les contributions flexibles sont primordiales pour créer des synergies entre l'aide humanitaire et le renforcement de la résilience, favorisant ainsi le lien entre l'humanitaire et le développement. Des donateurs tels que le gouvernement belge, qui intensifient leurs engagements de financement pluriannuels flexibles, nous aident à élaborer des stratégies et à mettre en œuvre des solutions à court et à long terme pour parvenir à un monde libéré de la faim.

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