Les repas scolaires, indispensables pour nourrir le futur des pays

Fanny Lamon
06 mars 2019
Pour le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) l’éducation ne peut attendre. Les cantines scolaires apparaissent comme la clé de voute aux multiples facettes. Comment ? En combinant des avantages nutritionnels et éducatifs avec en plus un impact positif sur les économies locales.

Le PAM estime que quelques 73 millions d’enfants dans 58 pays se rendent à l’école l’estomac vide. D’autres, n’y vont tout simplement pas car ils doivent aider leur famille dans les champs. Pour tous ces enfants, avoir de la nourriture à l’école tous les jours signifierait non seulement une meilleure nutrition mais aussi une meilleure scolarisation. Pour les pays, cela signifierait un avenir plus prospère. Comment l’alimentation scolaire fait-elle une réelle différence dans la vie des enfants et des pays les plus pauvres ? Essayons d’y voir plus clair.

 

« L’alimentation scolaire va bien au-delà de l’assiette »

Comme l’explique Carmen Burbano (Directrice de la Division de l’alimentation scolaire du PAM), « l’alimentation scolaire va bien au-delà de l’assiette ». En fait, les programmes d’alimentation scolaire ont un impact positif dans trois domaines principaux: la santé, l’éducation et l’agriculture. En plus de fournir aux écoliers une source régulière de nutriments essentiels à leur croissance, l’alimentation à l’école influence l’apprentissage et la fréquentation scolaire. Des enfants mieux nourris, sont des enfants plus concentrés et plus aptes à apprendre. Pour les parents, les repas scolaires représentent une forte incitation à envoyer leur progéniture à l’école. À ce sujet, Carmen Burbano précise que « l’alimentation scolaire remplace environ 10% du revenu familial pour chaque enfant nourri tout au long de l’année ». Un pourcentage non négligeable, surtout pour les familles les plus pauvres.

Quant à l’agriculture, elle se voit elle aussi renforcée. Par quel moyen ? En liant tout simplement la production locale à la consommation locale. Autrement dit, ce que les écoliers reçoivent dans leur assiette provient directement des productions agricoles de leur région. Résultat ? Un marché stable et prévisible pour les paysans locaux. Si l’agriculture est stimulée, le revenu des ménages l’est donc aussi. Les agriculteurs étant généralement des parents d’enfants, ceux-ci seront plus facilement envoyés à l’école et auront moins de chance d’être obligés de travailler dans les champs.

Les programmes d’alimentation scolaire ont un impact positif dans trois domaines principaux: la santé, l’éducation et l’agriculture.

Focus sur les filles et les zones de conflits

L’alimentation à l’école est particulièrement impactante pour les jeunes filles. « Les aider à rester à l’école, en leur offrant des repas quotidiens en particulier jusqu’à l’adolescence, est un moyen efficace de prévenir les grossesses et les mariages précoces », précise Carmen Burbano. Pour les enfants vivant dans des États fragiles ou touchés par les conflits, l’alimentation scolaire procure un sentiment de normalité dans des circonstances traumatisantes. Elle peut représenter l’espoir d’un avenir plus pacifique et d’une plus grande cohésion sociale.

 

Pour nourrir notre avenir

Au cours de ces dix dernières années, un consensus mondial s’est profilé sur l’impact durable des programmes d’alimentation scolaire sur l’avenir d’un pays. Les enfants représentent le futur d’une nation. S’il existe un impact positif des programmes d’alimentation scolaire sur la santé, les compétences, les connaissances et l’expérience des écoliers, investir dans ce domaine devient crucial pour assurer un avenir prospère d’un pays. Dans les quatre coins du monde, les gouvernements ont donc décidé d’investir de plus en plus dans l’alimentation scolaire. Aujourd’hui, l’Inde nourrit près de 100 millions d’écoliers, le Brésil 48 millions, la Chine 44 millions, l’Afrique du Sud et le Nigéria plus de 9 millions chacun.

Dans les quatre coins du monde, les gouvernements ont donc décidé d’investir de plus en plus dans l’alimentation scolaire.

Pourtant, malgré ces progrès significatifs, des millions d’enfants des pays les plus pauvres ne reçoivent pas de nourriture à l’école. Pour les aider, le PAM a mis en place une stratégie qui d’ici 2030 vise à les mettre à l’abri de la faim et de la pauvreté en fournissant directement des repas aux écoles ou en renforçant les investissements des gouvernements dans ces programmes d’alimentation scolaire.

En quelques mots, le PAM est la plus grande organisation humanitaire qui lutte contre la faim dans le monde. En tant qu’agence de première ligne des Nations Unies, elle aide chaque année 80 millions de personnes dans environ 80 pays à travers le monde. Pour financer ses projets humanitaires et de développement, le PAM compte sur de nombreux donateurs parmi lesquels figure la Belgique.

Les enfants scolarisés aujourd’hui seront des adultes en 2030. Le PAM se donne un peu plus de dix ans pour les aider à réaliser leur plein potentiel et laisser un héritage global en harmonie avec les Objectifs de développement durable (ODD) de « ne laisser personne derrière ».

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