L’OIT en quelques mots

Sonja Keppens & Laetitia Verhulst
06 mai 2018

- L'Organisation internationale du travail (OIT) a été fondée en 1919 dans le cadre du traité de Versailles, qui a mis fin à la première guerre mondiale. L'OIT est la plus ancienne agence spécialisée de l'ONU. C’est une organisation tripartite composée de représentants : (1) des gouvernements, (2) des employeurs et (3) des travailleurs. L'OIT, dont le siège est à Genève, compte actuellement 187 États membres.

- Les missions de l’OIT sont de promouvoir la justice sociale, les droits de l'homme et les droits au travail, afin d’aboutir à une paix durable et universelle. Les 4 objectifs stratégiques de l’OIT, inscrits dans « l’Agenda pour le travail décent », sont les suivants :

  • Promouvoir et mettre en oeuvre les principes et les droits fondamentaux au travail;
  • Accroître les possibilités pour les hommes et les femmes d'obtenir un emploi décent;
  • Étendre le bénéfice et l’efficacité de la protection sociale pour tous ;
  • Renforcer le tripartisme et le dialogue social.

- Les normes internationales sur le travail que l'OIT développe couvrent divers thèmes : la sécurité sociale, les salaires, l’âge minimum, la sécurité au travail, la liberté de syndicat, le travail forcé, les heures de travail, le contrôle du travail… Selon leur caractère contraignant, on parle de déclarations, de traités, de conventions ou encore de recommandations.

- Les normes juridiques importantes de l’OIT :

Citons parmi les déclarations fondamentales de l’OIT, la Déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail (1998) (contraignante), qui définit 4 droits du travail inaliénables : la liberté d'association et le droit aux négociations collectives, l’interdiction du travail forcé, l’interdiction du travail des enfants et l’interdiction de toute forme de discrimination au travail. Citons également la Déclaration sur la Justice sociale pour une globalisation équitable (2008) qui a permis d’actualiser le mandat de l’OIT en fonction de la mondialisation et de mettre place « L’Agenda du Travail Décent » (Decent Work Agenda) au centre du mandat de l’OIT.

- L'OIT émet également des protocoles et des recommandations. Ainsi, suite à la Recommandation non contraignante n°202 sur les socles de protection sociale (2012), de nombreux pays en développement ont élaboré une politique de protection sociale.

- L’OIT travaille dans les pays  en développement et met en œuvre plus de 750 projets de coopération technique dans plus d’une centaine de pays. Le but de ces actions est de renforcer les capacités techniques, organisationnelles et institutionnelles des mandants de ILO pour qu'ils puissent mettre en place une politique sociale cohérente et efficace en faveur du travail décent.

- L'Agenda pour le travail décent est étroitement lié au Programme 2030 des Nations Unies pour le développement durable,qui englobe les 3 dimensions de la durabilité (économique, sociale et environnementale) et se compose de 17 Objectifs de développement durable (ODD). L’importance du travail décent pour réaliser le développement durable est explicitement mentionnée dans l’Objectif 8 (ODD 8) qui vise à «promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous».   

Que fait la Belgique à l'OIT?

 

- La Belgique est membre de l'OIT depuis sa fondation et a participé avec 9 autres pays à la rédaction de la Constitution de l'OIT. La Belgique a siégé au Conseil d'administration de l’OIT de 2014 à 2017. Nos organisations de travailleurs et d'employeurs y sont aussi actives.

- L’OIT est une des organisations partenaires de la coopération multilatérale belge.

- Le partenariat entre l’OIT et la Belgique répond à certains engagements pris par la Belgique inscrits au niveau national, dans la loi de 2013 sur la coopération au développement qui donne priorité à l’Agenda du Travail décent de l’OIT et qui intègre le travail décent parmi ses thèmes prioritaires, et au niveau international, dans l’Agenda 2030 pour le développement durable.

Mentionnons également qu’en 2016, le Ministre De Croo a lancé officiellement le « Global Partnership for Universal Social Protection » et que la Belgique est membre du «Group of Friends of Decent Work for Sustainable Development».

- Pour effectuer le suivi de la collaboration entre la Belgique et l’OIT, différents canaux existent, notamment via le suivi des réunions des organes de gestion de l’OIT : la Conférence Internationale du Travail (1 fois par an) et les Conseils d’Administration (3 fois par an).

 

La contribution financière de la Belgique au budget de l’OIT est double :

- Une contribution obligatoire : la Belgique se situe à la 18e position des contributeurs (2,8 millions d’euros en 2018 et 3,18 millions d’euros en 2019) - une contribution volontaire : la Belgique alloue une contribution supplémentaire au « Regular Budget Supplementary Account (RBSA) » qui est un fonds non affecté à des fins spécifiques (core-funding). La Belgique est le 1er contributeur au RBSA (3 millions d’euros en 2018).

- De plus, les Régions financent elles aussi le budget de l’OIT. Ces dernières années, les contributions totales belges ont varié entre 10 et 7 millions d’euros.

 

Lisez également :

Les nombreux obstacles à un travail décent pour tous (interview avec Guy Ryder, chef de l’OIT)

Les 100 ans de l'OIT : la naissance de l'organisation

100 ans d'existence de l'OIT : les grandes étapes

 

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