Marcher sans polluer

Benoit Dupont
17 décembre 2019
L’ADEPS veut réduire drastiquement l’empreinte carbone des déplacements de ses sportifs, entre autres en investissant dans la grande Muraille verte dans le Sahel et le Sahara. Elle a décidé de « se mettre au vert ».

 

Chaque dimanche et jour férié, l’ADEPS – l’Administration générale du Sport de la Fédération Wallonie – Bruxelles, homologue de Sport Vlaanderen au Nord du pays – ouvre un vingtaine de « points verts » à travers la Wallonie, ainsi qu’à Bruxelles. Des marches balisées de 5, 10, 15, 20 sont proposées aux randonneurs amateurs ou assidus. Ces événements remportent un franc succès. Plusieurs centaines de milliers de participants (environ 700.000 en 2018) s’adonnent chaque année à leur pratique sportive favorite en prenant leur bol d’air dominical.

 

Des marches plus vertes

L’ADEPS a enquêté sur les moyens de transport utilisés par ses fidèles randonneurs. Il s’avère que 98% d’entre eux s’y rendent en voiture. En effet, les transports publics ne sont pas adaptés à ce genre de déplacement : le dimanche, les fréquences sont réduites et les petits villages sont en général mal desservis.

Deux Africains plantent de jeunes arbres au Sahel
© ADEPS

L’ADEPS veut toutefois réduire drastiquement l’empreinte carbone des déplacements de ses sportifs. Plusieurs pistes sont explorées : une plate-forme de covoiturage est proposée aux participants sur le site web des points verts ADEPS ; des démarches sont entamées auprès des TEC (transports en commun wallons) et de la SNCB (chemins de fer belges) afin d’envisager une offre adaptée ; le choix des endroits où sont organisées les marches sera ciblé (à proximité d’une gare ou d’un arrêt de bus). Enfin, un partenariat pour encourager l’utilisation de vélos électriques pour se rendre à ses activités sportives pourrait voir le jour.

 

Compenser le CO2 en plantant des arbres au Burkina Faso

Malgré toutes ces initiatives, l’ADEPS se rend compte que le niveau zéro de CO2 émis lors de ses activités ne sera pas atteint dans l’immédiat. C’est pourquoi elle s’est engagée dans un partenariat avec l’APEFE (Association pour la Promotion de l'Éducation et de la Formation à l'Étranger). L’ADEPS a investi 27900 euros  pour former (via APEFE) des techniciens locaux chargés de la production et la mise en terre de plus de 122 000 plants forestiers d'espèces locales produites dans 25 pépinières situées au Burkina Faso. Cette opération a permis de compenser 7920 tonnes de CO2 sur 15 ans. Le projet s’inscrit dans le cadre de l’initiative africaine de plus grande ampleur de la « grande Muraille verte ».

La grande Muraille verte

 

La grande Muraille verte est un vaste programme de lutte contre la désertification dans le Sahel et le Sahara. Lancé en 2007 par l’Union africaine, son objectif est de restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées d’ici 2030, en plantant des arbres et autres espèces végétales adaptées. Le désert avance, il est primordial de contenir son expansion !

La Muraille s’étend sur 8000 kilomètres (toute la largeur du continent africain) et concerne 20 pays. 232 millions de personnes vivent dans cette région aride ou semi-aride, l’une des plus pauvres de la planète. Outre les objectifs environnementaux, le but de cet ambitieux projet est de transformer la vie de ces populations autochtones en leur permettant de subvenir à leurs besoins grâce à un environnement productif.

Les partenaires de ce programme sont multiples : gouvernements, organisations internationales, société civile, instituts de recherche, etc.

Désertification Sahel Sport Forêts
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