Mindalae : artisanat avec identité

Stefanie Buyst
01 février 2013
Nul n’ignore la richesse de l’histoire de la population indigène de l’Equateur. De lointains ancêtres témoignent d’une diversité linguistique et culturelle exceptionnelle. Au musée Mindalae de Quito, touristes et autochtones peuvent admirer de belles tranches d’histoire.
Vue extérieure du musée Mindalae
© Mindalae

Bien avant l’arrivée des Incas, les Mindalae se livraient au commerce de produits divers (sel, coton, bois, etc.). Ces commerçants ambulants ont été les figures-clés des cultures précolombiennes. Ils transportaient des produits de la cordillère des Andes jusqu’à la côte, et du Nord au Sud. Colporteurs de toutes les nouvelles, ils remplissaient également le rôle de messagers.

Soutien belge

Le musée Mindalae, qui a été fondé avec le soutien de la Coopération belge au développement[1], s’inscrit dans le cadre d’un projet visant à renforcer, revaloriser et promouvoir l’artisanat traditionnel de l’Equateur. Il n’abrite pas de pièces archéologiques mais montre, par le biais de l’artisanat, les différents rituels et traditions des groupes ethniques des trois plus grandes régions de l’Equateur : la région côtière, le massif des Andes et la forêt amazonienne.
Dans la mesure où la promotion de la culture n’est généralement pas une priorité de la coopération au développement, ce projet est véritablement atypique. Toutefois, il a bénéficié d’un soutien en raison de son impact économique : le musée aide les petits artisans en vendant leurs produits via le commerce équitable, ce qui améliore ainsi la qualité de vie d’une partie de la population démunie.

Et cette initiative est une réussite : étant donné que les artisans vendent leur travail régulièrement (et plus en une fois), ils perçoivent ce qui s’apparente à une rémunération. Même s’il s’agit de l’équivalent d’un salaire minimum (300 dollars), cela représente une importante source de revenus pour des personnes généralement originaires de la campagne, non scolarisées et dont la production se déroule dans un contexte familial. Cette initiative leur permet d’assurer la subsistance de leur famille.

 

 

Escalier dans le musée
© Mindalae

Sinchi Sacha

Sinchi Sacha est une ONG qui contribue de manière stratégique au développement durable en Equateur. Cette organisation est spécialisée dans la promotion de l’écotourisme, le commerce équitable, la réhabilitation du patrimoine culturel et la création de revenus pour les pauvres. L’association se compose actuellement d’un réseau de 120 petits producteurs, dont une majorité de femmes.

Sinchi Sacha signifie « imposante forêt vierge » en quechua, une langue précolombienne parlée par les habitants des Andes et qui était la principale langue véhiculaire à l’époque des Incas.

Tissus avec motifs traditionnels
© Mindalae

Identité
 

De plus, les artisans bénéficient d’un feed-back de l’acheteur. Ils peuvent ainsi améliorer leurs produits et suivre les tendances de la mode, en adaptant par exemple les couleurs de certains tissus en fonction de la saison. Il arrive fréquemment qu’une fiche technique soit également jointe au produit afin d’expliquer le contexte ethnique. Celle-ci confère une valeur ajoutée au produit, tout en transmettant des informations sur les traditions de la population indigène de l’Equateur.

La découverte de cette diversité culturelle remporte surtout du succès auprès des jeunes. Des événements sont régulièrement organisés au musée afin de couvrir les frais, de visites scolaires assorties d’ateliers à des réceptions pour des institutions internationales telles que l’Union européenne. « Le but est de faire connaître la culture dans le musée mais aussi en dehors de celui-ci », déclare Catalina Sosa, directrice de la Fondation Sinchi Sacha (voir encadré). « De cette manière, le musée vit et crée une interaction avec ses visiteurs qui ont ainsi la possibilité de découvrir, s’approprier et transmettre les traditions de divers groupes ethniques de l’Equateur par le biais de l’artisanat. »

www.mindalae.com

 

[1]Entre 2004 et 2007, la Coopération belge au Développement a offert 600 000 euros. Le projet s’est déroulé en collaboration avec la commune de Quito et l’ONG Sinchi Sacha (voir encadré), qui gère aujourd’hui le musée

 

Figurine en pierre du musée Mindalae
© Mindalae
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