Nous pouvons encore sauver le climat

Steven Vromman
01 septembre 2015
Selon Steven « low impact man » Vromman, le changement climatique et la coopération au développement sont l’affaire de tous : nous ne devons pas sous-estimer l’effet de notre comportement sur le climat et, par conséquent, sur la vie dans le Sud.

Changement climatique et coopération au développement sont liés. Ainsi le développement dans le Sud est sérieusement menacé par le changement climatique qui est dû aux émissions dans le Nord. Et le citoyen moyen réagit comme s’il ne pouvait rien faire, rien changer au climat et il reste indifférent à la coopération Nord-Sud. Si nous prenons de la hauteur, nous constatons néanmoins que tout est lié en ce monde. Qu’il s’agisse des inégalités au niveau mondial ou du climat, tout un chacun en Occident a un rôle à jouer. En tant que citoyen et consommateur, il dispose de nombreux leviers pour agir.

Consommateur éveillé

Prenons notre rôle de consommateur, d’utilisateur de nombreux biens et services. Ce rôle prend une importance croissante. Certains avancent même que nous sommes nés consommateurs. Si nous ne surveillons pas notre comportement de consommateur, nous participons à un monde de surconsommation, d’exploitation de l’autre et de destruction de la planète. Acheter des haricots bon marché en provenance du Kenya a un coût écologique et social. Acheter un t-shirt à deux euros est possible uniquement grâce à l’une ou l’autre forme d’exploitation. Le même raisonnement est valable pour les jouets, l’électronique et une majorité des produits de consommation.

Si nous décidons de laisser les grands défis aux seuls acteurs des conférences internationales, il se pourrait que tout arrive trop tard

L’industrie fait tout pour que le consommateur ne réfléchisse pas à ce qui se trame en coulisse, car ce genre d’informations ne stimule évidemment pas l’achat. Les campagnes publicitaires placent les nouveaux modèles de voiture dans des forêts époustouflantes, les emballages des filets de poulet montrent des volailles rieuses dans une basse-cour idyllique alors qu’ils sont engraissés en cages.
Enfumés par ces faux-semblants, nous sommes responsables par nos comportements d’actes qu’au fait nous réprouvons. Pour changer la donne, il faut des consommateurs éveillés, des personnes qui regardent ces innombrables messages publicitaires d’un œil critique et qui refusent les produits à prix excessivement bas. Demander et choisir des produits équitables encourage les producteurs à poser des choix différents.

Réduire son empreinte

Il existe aussi une autre voie pour relever les défis du climat et du développement dans le Sud : la réduction de notre empreinte écologique. Le mode de vie belge, qui a la quatrième plus grande empreinte écologique au monde, ne peut en aucun cas perdurer ou se généraliser. Si le reste du monde devait vivre comme nous, trois autres planètes seraient nécessaires. Afin de donner au Sud de réelles possibilités de développement, nous devons limiter notre consommation énergétique et nos émissions de CO2.

 

Comment réduire notre empreinte écologique ?

  • Alléger la demande énergétique : opter pour une habitation plus petite, une isolation poussée, des appareils plus « propres », une utilisation économe de l’éclairage et une consommation responsable de l’énergie (même verte)
Une main manipule une vanne de radiateur
© Shutterstock
  • Choisir l’énergie renouvelable : choisir un fournisseur d’énergie verte ou installer un chauffe-eau solaire ou des panneaux photovoltaïques ; devenir actionnaire d’une coopérative pour l’énergie renouvelable est une autre option
Installation de panneaux solaires sur une maison
© Shutterstock
  • Réduire l’empreinte de la mobilité : utiliser sa voiture avec parcimonie et privilégier les transports en commun, le vélo ou la marche ; le covoiturage et le partage de sa voiture sont aussi possibles

 

  • Éviter l’avion : un voyage à New York émet autant de CO2 qu’une année de chauffage et d’énergie d’un ménage belge moyen

 

Femme à vélo, élégante et casquée
© Shutterstock
  • Consommer autrement : acheter moins, réutiliser, réparer, partager et échanger

 

  • Réduire l’empreinte alimentaire : manger moins de viande, voire y renoncer ; choisir des circuits courts et l’alimentation biologique saisonnière ; choisir un label de commerce équitable quand il s’agit de produits en provenance du Sud (café, chocolat, bananes…)
Des essuies propres sèchent au soleil
© Shutterstock

Citoyen actif

Nous sommes cependant bien plus que de simples consommateurs, nous sommes des citoyens actifs en divers groupes : habitant une commune, ville et région, membre d’une association ou d’un syndicat, d’un cercle d’amis ou de collègues. Sans oublier que nous sommes aussi membres d’un autre club, riche de 7,3 milliards de personnes : l’humanité. La clé du changement réside en réalité dans notre comportement au sein des réseaux où nous jouons un rôle. « Cela ne changera rien, on ne peut rien y faire… » Ne vous laissez pas décourager par les pessimistes. L’effet d’un individu pourrait sembler limité. Pourtant, ensemble, il est possible de lancer un vaste mouvement.

Engagez-vous dans une des nombreuses ONG actives dans notre pays. Rejoignez un groupe local de bénévoles aidant les réfugiés. Participez à une campagne financière. Informez-vous sur la politique Nord-Sud de votre commune et essayez de convaincre les échevins compétents en la matière d’y porter une attention accrue. Informez-vous sur ce qui se passe dans le monde via les magazines Glo.be ou MO*. Signez la pétition d’une campagne mondiale. Au travail, avec vos voisins ou amis, pensez aux actions locales en faveur du développement durable ou de l’alimentation. Participez aux journées sans viande. Achetez des parts dans une coopérative active dans l’économie sociale ou durable. Attirez l’attention des responsables politiques sur l’importance d’une politique ambitieuse en matière de climat et de rapports Nord-Sud. Accrochez une affiche 11-11-11 à votre fenêtre ou faites un don à une ONG. Aidez vos enfants et collègues à prendre conscience de l’importance des liens entre notre mode de vie et ses conséquences sur le Sud et les prochaines générations.

Il existe donc une pléthore de choix possibles en faveur du climat et des pays en développement. Mon expérience m’a appris qu’un mode de vie à empreinte écologique réduite se traduit par une vie plus saine, moins chère et plus conviviale ! Si nous décid ons de laisser les grands défis aux seuls acteurs des conférences internationales, il se pourrait que tout arrive trop tard. D’où un dernier appel : essayez d’y être ce 29 novembre, car une pression massive de l’opinion publique lors de ce sommet crucial sur le climat à Paris pourrait donner à nos dirigeants le courage nécessaire pour choisir une autre voie.

 

Pour en savoir plus

Stop met klagen - Doe-het-zelf gids voor een vrolijke nieuwe wereld (Steven Vromman) (Uitgeverij Borgerhoof & Lamberigts)

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