Opter pour des formules de voyage durable

Chris Simoens
13 juin 2017
L’Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies (OMTNU) veut rendre durable tout type de tourisme. Aujourd'hui, c’est loin d'être le cas. Toutefois, si l’on souhaite s’impliquer, on peut choisir des formules de voyage spécifiques. Nous vous mettons déjà sur la voie.

Voyager durable nous inspire une forme de tourisme soucieux des trois dimensions du développement durable : people (les personnes), planet (environnement) et profit (économie). Tous les trois sont nécessaires pour maintenir une communauté viable et saine.

People : traiter avec respect les gens et leur identité socioculturelle, préserver le patrimoine culturel, contribuer à une meilleure compréhension et tolérance entre les différentes cultures.

  • Planet : traiter avec respect l’environnement et les ressources naturelles, ce qui réduit au minimum les dégâts

  • Profit : faire en sorte que le tourisme apporte à la population locale des emplois et des revenus.

Un large choix

De nombreux termes sont liés au sujet. Ainsi, le tourisme équitable met l'accent sur le respect de la culture locale, la participation active de la population autochtone et une répartition équilibrée des revenus. Le tourisme solidaire vise en particulier à améliorer les conditions de vie des habitants (par exemple via des camps internationaux de construction). L’écotourisme place la nature et l'environnement au cœur de ses préoccupations et veut réduire l'empreinte écologique au minimum.

Le tourisme communautaire vous permet d’être l'invité d'un peuple autochtone et l’agrotourisme offre la possibilité de suivre la vie quotidienne d’une famille agricole.

Un jeune couple en mountain-bike
© Red Tusoco

Label durable

Des formules de voyage reçoivent de plus en plus un label durable, mais selon Marie-Paule Eskénazi, experte en tourisme durable, cette tendance n’a généralement de durable que le nom (1). Les labels sont en effet accordés par les organismes de voyage eux-mêmes, sans contrôle adéquat. Madame Eskénazi est bien à l’origine des labels ATR (Agir pour un Tourisme Responsable) et ATES (Garantie tourisme équitable et solidaire)

 

 

Quoi qu'il en soit : mieux vaut vous informer au préalable en détail sur ce que la « durabilité » de l’offre implique.

Des randonneurs  traversent un pont de bois sacs au dos
© Shutterstock

Tourisme bénévole

Madame Eskénazi estime que le tourisme humanitaire (ou tourisme bénévole) n’est pas une bonne idée. « Les touristes peuvent par exemple visiter des orphelinats au Cambodge dont il n’est pas toujours possible de prouver l’authenticité. Mais les touristes apprécient, prennent des photos des enfants mignons et leur offrent des bonbons. Ce genre de chose est inadmissible. Il ne faut pas confondre tourisme et aide humanitaire. » Souvent, de jeunes gens sans aucune connaissance donnent 1 ou 2 semaines d’anglais ou de français, par exemple, au Vietnam ou au Bénin. Les écoles locales n’en bénéficient pas. « Il est évident que les gens peuvent participer à un projet humanitaire, mais seulement dans des contextes spécifiques, et dans le respect de certaines règles. »

 

Il ne faut pas confondre tourisme et aide humanitaire

Marie-Paule Eskénazi

L’ONG Service Volontaire International (SVI) s’oppose au tourisme bénévole. Elle propose comme alternative l'échange international de jeunes (16-35 ans) dans des projets concrets et supervisés. Ils vont de la conservation de la nature, la construction, la photographie, la sensibilisation à l'hygiène jusqu’à l'animation pour les enfants. SVI insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de tourisme. Les Compagnons Bâtisseurs organisent également du bénévolat sous guidance. Souvent, vous pouvez aussi vous retrouver dans des ONG.

Certains « voyages expérience » proposés par des ONG sont également acceptables. Surtout si les partenaires locaux de l'ONG versent le montant destiné au voyage dans un fonds pour des projets à long terme, comme la construction d'une école, d’une route, d’un puits, d’un centre médical. Les partenaires locaux se chargent de l'accueil des touristes, souvent dans des familles, et expliquent leur projets de développement.

 

(1) Tel que cité dans le magazine n’GO février 2017

 

En savoir plus

www.tourisme-responsable.org (ATR)

www.tourismesolidaire.org (ATES)

www.servicevolontaire.org

www.compagnonsbatisseurs.be

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