Pourquoi la coopération internationale est-elle plus que jamais nécessaire ?

Chris Simoens
18 novembre 2017
 
Le nouveau magazine électronique Glo.be décrit les efforts que la Belgique entreprend à l'étranger en vue d'aider à atteindre les Objectifs de Développement durable (ODD). Glo.be apporte également des informations générales sur les grands thèmes de la coopération internationale, tels qu'abordés dans les SDG. Car nous ne pouvons pas l'ignorer : la coopération internationale est plus que jamais nécessaire.

Soyons clairs : nous vivons mieux que jamais. Nous nous nourrissons et nous logeons mieux, nous vivons plus vieux et plus sainement, nous disposons de plus de temps libre. Non seulement chez nous, mais ailleurs dans le monde également, de plus en plus de gens peuvent se permettre une existence plus confortable. Au cours du dernier quart de siècle, 2,6 milliards de personnes ont obtenu l'accès à une eau potable sans danger et 2,1 milliards de personnes ont enfin pu utiliser une toilette convenable. Malgré la croissance démographique, le pourcentage de personnes sous-alimentées de manière chronique a baissé de 23,3% (1990-1992) à 12,9 % (2014-2016). 589 sur 650 millions de jeunes enfants vont à l'école. En 1980, près de la moitié de la population mondiale était encore analphabète ; en 2014, ce pourcentage n'était plus que de 14%.

La situation des jeunes filles et des femmes s'améliore : moins de mariages d'enfants, plus de filles à l'école, plus de femmes au parlement,... De nombreuses maladies ont une moindre incidence. Au cours des 15 dernières années, le nombre de décès dus au paludisme a baissé de moitié. En 2015, on a compté 49 millions de décès dus à la tuberculose de moins qu'en 2000. Les décès dus à la rougeole ont baissé de 80% depuis 1980 et la polio a été quasiment éradiquée. Bien sûr, il est vrai que 3.000 personnes meurent encore chaque jour du sida, mais c'est près de deux fois moins qu’il y a dix ans. Pour ne citer que quelques chiffres.

Il n'en est pas moins vrai que notre monde est confronté à de grands défis. La croissance démographique mondiale et l'amélioration des conditions de vie sollicitent de plus en plus notre planète : nos océans regorgent de plastique, de mazout ou de métaux lourds et de plus en plus de forêts et de sols sains se perdent. L'extrême sécheresse et les inondations dus au changement climatique menacent de réduire à néant les acquis positifs. De nouveaux conflits de longue durée ont surgi en Syrie et au Yémen. L'extrémisme violent et le terrorisme international représentent un phénomène difficile à combattre.

Avant la révolution industrielle, les inégalités étaient moins répandues qu'actuellement. 94% de la population mondiale vivait dans une pauvreté égale. L'augmentation du bien-être a accru les différences, essentiellement dans les pays en voie de développement. Bien que de nombreuses personnes vivent mieux aujourd'hui, certains ont l'impression d'être les oubliés du progrès. La « globalisation » - le monde en tant que vaste marché dans lequel chacun peut être votre concurrent - coûte des emplois. Et beaucoup ressentent l'afflux de réfugiés comme une atteinte à leur identité. Attention : la Belgique est encore l'un des pays les plus égalitaires au monde.

Il est impossible de revenir en arrière : un pays isolé est incapable de faire face à la plupart des défis auxquels nous sommes confrontés.

Et pourtant, personne n'a intérêt à ce que des pays se réfugient derrière leurs frontières. Il est impossible de revenir en arrière : un pays isolé est incapable de faire face à la plupart des défis auxquels nous sommes confrontés. En effet, le climat, la pollution, le commerce,... ignorent les frontières. Au cours des siècles, les pays se sont de plus en plus imbriqués les uns dans les autres : plus aucun pays n'est isolé de l'étranger et, plus encore, aucun pays ne peut survivre sans l'étranger. Tout comme nous nous rendons de plus en plus compte qu'un homme ne peut pas vivre en dehors de son environnement naturel. Pour mener une vie digne, nous ne pouvons pas nous passer de cet environnement naturel, ni de l'étranger.

L'Agenda 2030 de l’ONU pour le développement durable exprime parfaitement les défis mondiaux actuels. Ceux-ci ont été traduits concrètement dans 17 Objectifs de Développement durable, ou ODD. Tous les pays ont souscrit à ces objectifs. Ils traduisent la volonté d'un monde meilleur pour tous : un endroit où chacun puisse mener une vie digne et accomplie, dans un environnement naturel sain et dans lequel les conflits puissent connaître une issue pacifique. Avec, par-dessus tout, cette seule directive importante : leave no one behind !

Personne ne peut rester à quai, chacun a droit à l'accomplissement de ses besoins personnels. C'est la raison pour laquelle les SDG attachent tellement d'importance à l'égalité. Le SDG10 lui est même entièrement consacré : réduire fortement l'écart de revenus et la discrimination, donner une voix à part entière à chacun, y compris aux pays et aux individus les moins favorisés, et redistribuer la richesse entre les pays riches et pauvres. Un monde plus égal est un monde plus harmonieux.

Tous les pays sont confrontés à des défis mondiaux, que nous ne pouvons que résoudre ensemble. Cela ne signifie nullement que nous devons abandonner ce qui est local. Nous ne pouvons, en effet, pas continuer à envoyer des marchandises et des produits semi-finis autour du monde. Nous devons, par contre, développer des économies basées sur des atouts locaux. L'économie du futur sera une économie circulaire : les déchets constituent une matière première. La devise ‘pensez globalement, agissez localement’ n'a rien perdu de son actualité. Le transport international restera malgré tout indispensable, ne fût-ce que parce qu'il est impossible de tout fabriquer au même endroit. Le commerce international doit toutefois reposer sur des bases équitables et respectueuses de l'environnement. Une économie ouverte est encore celle qui crée le plus d'emplois.

 

La coopération internationale ne mène pas non plus à la perte de notre identité. Bien au contraire. Les SDG visent justement à offrir à chacun une vie digne et accomplie.

La coopération internationale ne mène pas non plus à la perte de notre identité. Bien au contraire. Les SDG visent justement à offrir à chacun une vie digne et accomplie. Un homme ne peut se sentir accompli que s'il se sent respecté et si son identité est respectée, outre l'intégration, l'amitié, le développement,... Ces besoins de base sont identiques pour chacun. Cela ne démontre-t-il pas qu'en tant qu'humains, nous avons plus de choses en commun que de choses qui nous séparent ? Si nous parvenons à approcher les autres à partir de cette conviction, le fait que ces autres soient différents ne représente pas une menace mais une richesse.

La Belgique est également très volontariste en matière de SDG. Glo.be en sera le témoin. Nous formons le vœu que Glo.be soit une source d'inspiration pour de nombreux lecteurs !

 

Source des chiffres : www.worldsbestnews.nl

 

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