Quand les femmes décident-elles elles-mêmes?

Léa Gaudron
02 mars 2018
L’UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la population, a récemment publié son rapport annuel sur l’état de la population mondiale. Chaque année, ce rapport met en lumière une situation problématique qui affecte toute une partie de la population. Pour 2017, le thème s’intitule « Santé et droits en matière de reproduction à une époque marquée par les inégalités ».

La pauvreté n’est pas qu’une question d’argent sur un compte en banque. C’est un réseau complexe de facteurs qui amènent à une telle situation socio-économique. L’une des façons de lutter efficacement contre la pauvreté est de s’attaquer aux inégalités qui en sont la source. Par inégalités, comprenez les disparités basées sur le sexe, l’ethnie, le milieu de vie, etc. Ces différents critères influent, aujourd’hui, sur les opportunités qui s’offrent à chacun.

Quelle est l’importance des droits en matière de santé reproductive?

Un grand nombre de femmes ne peut choisir quand et si elle deviendra mère. Dans les pays en développement, les femmes se trouvant dans les 20% des ménages les plus pauvres sont celles dont les besoins en matière de planning familial sont les moins satisfaits. Sans éducation sexuelle, sans accès aux moyens de contraception moderne , la maternité est une fatalité. Pendant la grossesse et ensuite l’accouchement, ces mêmes femmes n’ont pas de garantie d’un suivi médical et professionnel.

En devenant mères, ces femmes prennent déjà un grand risque quant à leur santé. Si elles sont adolescentes, cela signifiera pour beaucoup la fin de leur éducation. Pour celles qui travaillent, en l’absence d’un congé maternité, elles se retrouveront exilées du marché du travail. Il leur est ensuite difficile de reprendre une activité professionnelle. Elles se retrouvent donc en marge de la société, au lieu d’y contribuer et de pouvoir exploiter leur potentiel. Garantir le droit des femmes quant à leur santé reproductive est donc bénéfique sur le plan personnel, mais aussi collectif.

Sans éducation sexuelle, sans accès aux moyens de contraception moderne , la maternité est une fatalité.

Que révèlent les chiffres de l’UNFPA?

La situation n’est pas au beau fixe. Même si les disparités économiques entre pays se sont réduites ces dernières années, les inégalités se sont creusées dans au moins 34 pays entre 2008 et 2013. De plus, l’UNFPA relève  que 68 pays affichaient des disparités entre les sexes plus fortes en 2016 qu’en 2015. Dans le monde, en général, l’écart de salaire entre hommes et femmes est de 23%. Ce chiffre est en train de diminuer, mais très lentement, et surtout, pas uniformément. 

Dans le monde, trois femmes sur cinq ne bénéficient pas de congés de maternité, et beaucoup d’entre elles se retrouvent pénalisées lorsqu’elles tombent enceintes. C’est en Afrique que l’écart entre les riches et les pauvres se creuse le plus au niveau de l’accès à la contraception. Ces grossesses non planifiées bloquent le potentiel de ces femmes et consolide leur position en bas de l’échelle économique. Cela entraine une pauvreté intergénérationnelle.

Par contre, l’accès universel aux services  de santé reproductive contribue à aider les femmes à surmonter  les inégalités d’éducation et de revenus.

Et la Belgique, dans tout ça?

 

Notre pays est un partenaire  important de l’UNFPA depuis de nombreuses années . La Belgique apporte son soutien à l’UNFPA à différents niveaux. D’un point de vue financier, le pays a fortement augmenté sa contribution  depuis  2016 et fait partie des 15 plus gros donateurs du fonds. D’un point de vue politique, la Belgique est un allié-clé, dont les capacités de négociations lors de projets bilatéraux permettent de faire avancer la santé et les droits sexuels et reproductifs  et de convaincre de nouveaux partenaires.

 

L’appui belge s’est  intensifié récemment, avec la forte implication de la Belgique dans  le mouvement « She Decides ». Cette initiative a été lancée cette année afin de soutenir  les droits des filles et des femmes en particulier en ce qui concerne leur santé et leurs droits sexuels et reproductifs. L’idée principale est de permettre à chaque femme de décider librement si elle souhaite des enfants et quand et combien elle veut en avoir. Il s’agit aussi de promouvoir les droits humains qui ont un impact très important sur la santé, la situation socio-économique et l’épanouissement personnel de chaque femme et de chaque fille.

Vers une société plus inclusive :

Le rapport de l’UNFPA propose 10 actions pour un monde plus juste.

www.unfpa.org/swop

UNFPA rapport 2017

 

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