Réduire la mortalité infantile en Afrique subsaharienne par la méthode kangourou

Artsen Zonder Vakantie
05 décembre 2017
Saviez-vous que chaque année plus de 20 millions de bébés viennent au monde avec un poids inférieur à 2,5 kg? Et que plus de 96% de ces enfants naissent dans des pays en voie de développement ? C’est la raison pour laquelle l’ONG belge « Médecins Sans Vacances » utilise la méthode simple mais efficace du kangourou, afin de protéger ces bébés d’autant plus fragiles.

Les bébés prématurés ou dont le poids à la naissance est trop faible sont très sensibles à l’hypothermie, véritable risque pour eux, même dans des climats chauds en Afrique. En Belgique, nous plaçons les bébés prématurés dans une couveuse. Mais dans de nombreux hôpitaux africains, ce n’est pas possible. Soit parce qu’il n’y a pas de couveuses, soit parce qu’elles sont vétustes et ne fonctionnent plus. De plus, il y a souvent des coupures d’électricité au Rwanda, ce qui peut s’avérer extrêmement dangereux. Il vaut donc mieux ne pas recourir aux couveuses.

L’hypothermie chez les bébés prématurés et un taux de mortalité beaucoup trop élevé chez les nouveau-nés constituent un défi pour beaucoup de nos hôpitaux partenaires. Il y a pourtant une façon simple et efficace de résoudre ces problèmes: la méthode kangourou

La méthode kangourou
 

Comme un petit kangourou dans la poche ventrale de sa mère, le bébé est porté en permanence à même la peau de la maman, du papa ou d’un autre membre de la famille.

La température corporelle de cette personne maintient le bébé au chaud. Un châle, un petit bonnet et des chaussettes suffisent à protéger efficacement le bébé contre tout refroidissement. Contrairement à une couveuse, cette technique est durable.

La méthode kangourou est non seulement très simple, mais aussi extrêmement efficace. En effet, dans une couveuse, le bébé connait un développement moindre que s'il était en contact, peau à peau, avec ses parents. Le bébé est plus en sécurité : la maman (ou un autre porteur) a son bébé en permanence sous les yeux. Elle peut donc réagir plus rapidement en cas de problème. Cela diminue drastiquement le risque de décès. L’allaitement s’en trouve également simplifié, ce qui permet au bébé de prendre du poids plus rapidement. De plus, les parents peuvent poursuivre cette méthode à la maison.

La méthode kangourou est donc vraiment efficace et peut réduire le risque de mortalité des prématurés jusqu’à 50%.

 

Dans une couveuse, le bébé connait un développement moindre que s'il était en contact, peau à peau, avec ses parents. En plus, le bébé est plus en sécurité. 

Mère et père tiennent un nouveau né
© Medics without vacation

Apprendre et sensibiliser

L’application de la méthode kangourou semble évidente en Belgique et simple à utiliser. Mais en Afrique, la méthode  est souvent considérée comme nouvelle à cause des différences culturelles.

Afin de garantir le succès de cette méthode, des sages-femmes bénévoles de Médecins Sans Vacances offrent au personnel indigène du soutien, de la formation et de l’assistance, adaptés au contexte et aux usages locaux. Cet échange de connaissances permet aux sages-femmes des hôpitaux africains d’apprendre la méthode kangourou aux jeunes mamans.

“Je souhaite généraliser au plus vite la méthode kangourou. Il a même déjà prévu une salle séparée, une «unité kangourou», où les mamans apprendront cette méthode en toute tranquillité", conclut le Docteur Akintije Simba Calliope, directeur de l’hôpital de Mibilizi (Rwanda).

 

 

 

Dr. Balagizi

 

Le Docteur Aimé Balagizi, médecin et directeur de l’hôpital partenaire local de Nyantende, en R.D Congo :

« Perdre un enfant est ce qu’il y a de pire. D’autant plus quand on sait que cela arrive parce que nos médecins, et je me compte parmi eux, ne disposent pas encore des connaissances nécessaires dans tous les domaines. Lors des missions de Médecins Sans Vacances, j’opère en collaboration avec un chirurgien belge. J’apprends ainsi de nouvelles techniques et je peux, à mon tour, transmettre ce savoir à mes collègues, ici dans l’Est du Congo. De cette manière, nous pouvons à long terme, soigner beaucoup plus d’enfants. »

Sur Médecins Sans Vacances

 

Médecins Sans Vacances – partenaire de la Coopération belge au Développement - compte 600 médecins, infirmiers et techniciens belges qui collaborent comme bénévoles dans des hôpitaux partenaires africains. Pendant leurs vacances, ils s’engagent pour assister et former leurs collègues africains au bloc opératoire, au chevet des malades ou au labo.

Médecins Sans Vacances collabore à long terme avec chaque hôpital partenaire. Le plus beau moment arrive quand nos partenaires n’ont plus besoin de nous, quand le savoir sauve vraiment.

www.azv.be

 

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