Smart-up factory: “Cet endroit m’a donné une identité”

Plan International België/Belgique
29 mai 2018
Un va-et-vient de jeunes. Sur les murs colorés, des messages encourageants. Rêve grand. N’abandonne pas. Bienvenue à la SmartUp Factory. Ici, des jeunes de quartiers défavorisés se rassemblent pour trouver l’inspiration et construire leur avenir.

Ensemble, ces vingt jeunes ont fondé la SmartUp factory de Kampala avec l'aide d'Issaac, un volontaire devenu employé de Plan International Ouganda.

Grâce à leurs efforts collectifs, la SmartUp de Kampala est aujourd'hui un endroit agréable équipé de wifi gratuit où les jeunes se rendent pour présenter leur projet d'avenir et recevoir de l'aide pour se lancer. Et pour celles et ceux qui n’ont aucune idée de ce qu’ils/elles veulent faire de leur vie? Pas de souci, dans la ‘harbour room’, une pièce silencieuse, les jeunes peuvent s’isoler pour trouver l’inspiration. Et dans la ‘brew room’, leurs idées prennent vie petit à petit.

Harrod parle avec assurance et ressemble un peu à Stromae. Il a 20 ans, mais en parait plus. Il fait partie des vingt jeunes qui gèrent la SmartUp Factory. « Il y a quelques années, j’ai vu une affiche de Plan International qui invitait les jeunes à participer à un nouveau projet. Ca parlait d'avenir. J’y suis allé et j’ai été sélectionné, avec 10 filles et 9 garçons. Cet endroit m’a donné une identité. »

Peu importe qu’on ait fait des études ou pas. C’est un espace ouvert à tout le monde. Nous voulons que les jeunes aient de l’espoir pour l’avenir, osent rêver et aient confiance en leurs capacités de réaliser leurs rêves

 

Harrod

Un espace ouvert à tou-te-s

“Peu importe qu’on ait fait des études ou pas. C’est un espace ouvert à tout le monde. Nous voulons que les jeunes aient de l’espoir pour l’avenir, osent rêver et aient confiance en leurs capacités de réaliser leurs rêves”, explique Harrod. C’est indispensable dans une ville comme Kampala, où les filles des bidonvilles se retrouvent trop souvent dans la prostitution et les garçons dans la criminalité.

Après leur passage à la SmartUp Factory, les jeunes sont prêt-e-s à se lancer: ils/elles ont démarré leur propre affaire, appris à gérer les aspects financiers d'un business, à penser positivement et à persévérer dans leurs projets.

“C’est vrai”, ajoute Ritah, 22 ans. Elle fait aussi partie des vingt jeunes qui participent au projet depuis le début et ont bénéficié d'un accompagnement intensif. Aujourd’hui, ces jeunes portent le projet. Ritah donne des formations sur le leadership et les compétences de vie. « Je donne des formations aux garçons et aux filles, car les filles valent autant que les garçons. Souvent, les familles ne veulent pas gaspiller leur argent en formant leur fille. Ici, les filles vulnérables reçoivent une chance de se prouver. En ayant été formées chez nous, elles pourront mettre sur pied une petite entreprise à la fin de leur parcours. C’est garanti! »

SmartUp est un projet qui donne aux jeunes des bidonvilles l’envie d’apprendre et de penser positivement. Ce projet leur donne aussi la chance de développer leurs idées créatives et innovantes et de devenir des entrepreneurs ou entrepreneuses. Des ‘SmartUp Factories’ ont été fondées à Alebtong, Gulu, Kampala, Kamuli et Tororo. Des petits groupes de filles et garçons y ont été accompagnés et ont reçu des formations intensives.

Aujourd’hui, ce sont les jeunes mêmes qui dirigent les SmartUp Factories et forment les autres jeunes. Les SmartUp Factories visent essentiellement à offrir des chances égales aux filles et aux garçons. Celle de Kampala dispose d’un comité de pilotage de 10 filles et 10 garçons et a déjà touché près de 500 jeunes.

 

Mon rêve? Créer des emplois pour les filles. Dans un bureau de graphisme peut-être. Et devenir parlementaire.

Ritah

Photo de Ritah
© Plan

Ritah, une figure de proue du projet smartup en Ouganda

Ritah est l’aînée de 14 enfants. Elle a de grands projets d’avenir et espère pouvoir les réaliser un jour. « Je n’ai pas hésité à rejoindre le projet de Plan International. La SmartUp Factory m’a donné confiance en moi et a changé ma façon de penser. »

Lorsqu’elle a rejoint le projet, elle venait de terminer l’école secondaire. "Là où je vis, les filles ne reçoivent pas les mêmes opportunités que les garçons. Dans ma classe, il y avait plus de garçons. J’ai dû me battre pour arriver au bout de l'école secondaire. J’ai combiné école et travail. J’allais nettoyer des maisons et je lavais des vêtements pour pouvoir payer mes études.”

Mais elle n’avait pas d’argent pour l’université: "Grâce à la SmartUp Factory, je gère maintenant une petite entreprise. J’élève des poulets. Avec l’argent que j’économise, j’espère pouvoir reprendre des études."

Ritah fait partie des vingt jeunes qui portent le projet SmartUp. D’autres jeunes la regardent, surpris-es, lorsqu’elle donne sa formation sur le leadership et les compétences de vie. « Mon rêve? Créer des emplois pour les filles. Dans un bureau de graphisme peut-être. Et devenir parlementaire”, explique-t-elle avec détermination. “Comme Rebecca Kadaga, la première femme présidente du parlement ougandais. Je n’oublierai jamais quand elle a dit que les filles doivent aller à l’école et ont le droit d’avoir un emploi décent. Ça m’a motivée à lutter pour les droits des filles. »

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