Un « coup de sport » au développement et à la paix

Chris Simoens
01 juin 2014
En juin, la fièvre du football envahira la terre entière avec la Coupe du monde au Brésil, où nos Diables rouges défendront l’honneur de la Belgique. L’occasion de s’interroger sur les effets du sport sur le développement et la paix.

Le sport en faveur du développement ? Pour les Nations unies, ceci n’a rien d’inédit. Déjà en 1978, l’Unesco avait reconnu le droit à l’éducation physique et au sport à tous les êtres humains et en 2000, Kofi Annan, le Secrétaire général de l’ONU de l’époque, avait nommé le premier conseiller spécial pour le sport au service du développement et de la paix. Dans la foulée avait été créé le Bureau des Nations unies pour le sport au service du développement et de la paix (UN Office on Sport for Development and Peace – UNODSP). Sa mission ? Promouvoir le sport et coordonner tous les efforts des instances onusiennes en faveur du sport.

Objectifs du millénaire pour le développement

Par « sport », l’ONU entend « toutes les formes d’activité physique qui contribuent à assurer la bonne forme physique, le bien-être mental et l’interaction sociale ». Cette définition inclut le jeu et la récréation. Le sport contribue d’ailleurs à la réalisation de tous les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) : le jeu et le sport peuvent inciter les enfants à aller à l’école ; les activités sportives constituent une solution de remplacement pour les enfants non scolarisés. De plus, outre son effet bénéfique sur la santé, l’activité physique peut servir la sensibilisation, par exemple, grâce à l’impression de messages de prévention, sur les ballons de football, contre le sida et le paludisme.

Un « coup de sport » au développement et à la paix
© UNOSDP

Malgré son aspect compétitif, le sport incarne avant tout le fair-play, l’esprit d’équipe, le respect des règles et de l’adversaire, et l’acceptation de la défaite et des revers. 

 

Personnes défavorisées

« Le sport est une langue universelle qui rassemble les gens », déclare Mélodie Arts, une Belge employée à l’UNOSDP. « Malgré son aspect compétitif, le sport incarne avant tout le fair-play, l’esprit d’équipe, le respect des règles et de l’adversaire, et l’acceptation de la défaite et des revers. » Le sport est un puissant instrument qui contribue à accroitre la confiance des gens et l’estime de soi, instrument d’autant plus essentiel pour les défavorisés. Réfugiés, enfants soldats, enfants des rues, victimes de violence et de discrimination, démunis, handicapés, sidéens ou autres malades : le sport et le jeu peuvent aider toutes ces personnes à se valoriser, à développer à nouveau un sentiment d’appartenance à leur communauté, voire à acquérir des qualités de leader. Il en va de même pour les filles et les femmes, qui sont encore trop souvent des citoyennes de seconde zone.

« Le sport n’est qu’un instrument parmi tant d’autres », admet l’actuel conseiller spécial Wilfried Lemke. « Mais son impact – à un coût minimal – peut être énorme. » Évidemment, toute médaille a son revers et le sport, avec la violence, la corruption, le dopage et le hooliganisme, n’y échappe pas. C’est pourquoi l’ONU plaide pour un accompagnement adéquat.

 

A côté de l’amour et de l’éducation, le sport joue aussi un rôle important dans le fonctionnement de SOS village d’enfants et je ne peux que l’encourager. Ainsi, chacun de ces villages d’enfants (532 à travers le monde) a un terrain de sport et des activités y sont organisées chaque semaine. Cela aide les enfants à renforcer leurs capacités mentales, physiques et sociales. Cela stimule aussi leur confiance en eux .» Kim Gevaert, ambassadrice de SOS Villages d’enfants.

Kim Gevaert, ambassadrice de SOS Villages d’enfants
© SOS Village d'enfants

La Belgique

De nombreuses instances onusiennes mettent à profit le sport et le jeu, par exemple l’Unicef ou l’Agence des Nations unies pour les réfugiés qui assure que le sport fasse partie intégrante de l’éducation des enfants dans les camps de réfugiés. Et les sportifs célèbres sont souvent ambassadeurs de l’ONU.

Au Royaume-Uni et en Norvège, la tradition du sport au service du développement est bien ancrée, au contraire de la Belgique où l’on recense malgré tout quelques ONG actives dans le sport. Petit à petit, l’idée que le sport peut grandement servir le développement et la paix fait son chemin.

Lion Handisport, partenaire béninois de Handicap International, utilise le sport pour briser l’image négative associée aux handicapés et veille à ce que ceux-ci puissent participer à des activités normales en société.
© Handicap International
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