Une nouvelle alliance Afrique – Europe

Alisson De Leenheer
02 octobre 2018
Le 12 septembre dernier, lors de son discours sur l’état de l’Union 2018, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a annoncé sa volonté de forger une « Alliance Afrique-Europe pour des investissements et des emplois durables ».

L’explosion démographique en Afrique constitue un défi majeur. En effet, Juncker a annoncé : «D'ici à 2050, l'Afrique comptera 2,5 milliards d'habitants. Une personne sur quatre sera africaine ».
De plus, la corruption et la mauvaise gouvernance règnant dans certains pays font également partie des problèmes à résoudre sur le continent. C’est pourquoi il est urgent d’apporter des solutions durables pour un meilleur avenir commun.

Cette alliance consisterait à renforcer les liens intercontinentaux, mais aussi à investir et créer des emplois durables. Juncker a exprimé le souhait d’ouvrir 10 millions d’emplois sur les 5 années à venir, et d’instaurer progressivement le libre-échange entre les deux continents.

« Nous devons investir davantage dans nos relations avec ce grand et noble continent et ses nations individuelles. Nous devons arrêter d'envisager cette relation entre l'Afrique et l'Europe comme si nous n'étions qu'un donneur d'aide au développement. Une telle approche serait insuffisante. En fait, humiliante. L'Afrique n'a pas besoin de charité, elle a besoin de partenariat équilibré, d'un vrai partenariat. Et nous, Européens, avons besoin au même titre de ce partenariat » a déclaré Juncker durant son discours.

Federica Mogherini, haute représentante et vice-présidente de la Commission, a affirmé que l’Europe et l’Afrique avaient les mêmes intérêts et tous deux veulent une Afrique plus forte. Elle a ajouté que l’Europe représente 40 pourcents des investisseurs étrangers en Afrique et est, de ce fait, son partenaire commercial le plus important.  

L'Afrique n'a pas besoin de charité, elle a besoin de partenariat équilibré, d'un vrai partenariat. Et nous, Européens, avons besoin au même titre de ce partenariat

Jean-Claude Juncker

44 milliards d’euros

Juncker évoque également le plan d’investissement externe (PIE) qui rapporterait 44 milliards d’euros à l’Afrique pour 2020. Ce plan est une innovation depuis septembre 2017 et est destiné à renforcer le partenariat avec les pays d’Afrique et les pays voisins de l’UE en soutenant les secteurs privés afin de contribuer à atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD).

Toutes ces réformes seront accomplies grâce à plusieurs actions concrètes tels que l’investissement stratégique et la création d’emplois, en attirant des investisseurs privés, en soutenant l’éducation et les formations ou encore en encourageant les échanges commerciaux et en améliorant le climat des affaires.

En conséquence, l’alliance offrira une participation au programme Erasmus+ pour 105 000 étudiants d’ici 2027 ; un accès à des routes carrossables en toute saison pour 24 millions de personnes ; des formations professionnelles visant à améliorer leurs compétences pour 750 000 personnes ; enfin, 30 millions de personnes et d'entreprises bénéficieront de l'accès à l'électricité grâce aux investissements de l'UE réalisés dans les énergies renouvelables et à un renforcement de la capacité de production de 5 GW.

Union européenne Afrique Emploi
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