Vivre et aider à vivre

Chris Simoens
01 avril 2016
Vêtements équitables made in Nepal
Pour une véritable garde-robe écologique et équitable – du producteur à l’acheteur – c’est à Gand qu’il faut se rendre. « L’entraide et la sauvegarde de notre planète procurent davantage de joie de vivre que le profit pur ».

Manteaux, chandails, chemises, sacs, écharpes de couleurs ocres chaudes, bijoux, carnets confectionnés à la main, musiques de l’Himalaya : le Népal s’offre à vous en plein centre de Gand. Le magasin Yak&Yeti incarne la vocation du Népalais, Bharat Shrestha. Tous ses vêtements et articles cadeaux sont conçus avec le plus grand amour et le plus grand soin selon la devise : vivre et aider à vivre.

C’est sa rencontre au Népal avec un vendeur de vêtements équitables qui lui a donné l’idée de faire de même en Belgique pour venir en aide à son pays. Les bénéfices étaient alors investis dans une école destinée aux enfants des rues.

Il n’avait cependant pas encore trouvé son créneau : « Mes clients me posaient souvent des questions relatives aux conditions de travail de mes employés, mais mon distributeur népalais me refusait constamment l’accès à ses ateliers ».

Mijn werknemers zijn gelukkig en mijn klanten zijn tevreden. Dat geeft me voldoening.

Du producteur à l’acheteur

Bharat n’avait donc plus le choix : il se devait de faire un maximum lui-même, y compris la conception de ses produits. S’il fait ses débuts avec 14 licenciés d’un atelier, il emploie aujourd’hui 51 personnes au Népal. Et pas uniquement des couturiers, mais aussi des tisseurs, des coloristes, des tricoteurs ou encore du personnel administratif. Il se procure son coton auprès de petits agriculteurs biologiques dans le sud du Népal et en Inde. Il utilise soie, laine et cuir de yak entièrement écologiques en plus de matériaux recyclés comme la laine polaire. Ses colorants sont autant que possible végétaux. Barhat parvient à tisser et tricoter la moitié de ses propres matières premières et se procure le reste auprès de fournisseurs de confiance.

Un homme devant une machine à coudre
© Bharat Shrestha

« L’indépendance est fondamentale, je ne veux pas imposer un rythme journalier trop strict à mon personnel. Certaines travailleuses sont mères célibataires ou ont été défigurées et travaillent simplement à domicile, d’autres souffrent d’un handicap. Tous sont d’excellents employés qui ont retrouvé goût à la vie ».

Et le salaire ? « Le salaire moyen au Népal s’élève à 170-180 € par mois.Pour ma part je paie entre 300 et 500 € en fonction des responsabilités. Mes employés reçoivent  également une part des bénéfices après une bonne vente et/ou une grosse production. Je veille également à ce que leurs enfants accèdent à l’éducation. Ces dernières années, la formation de qualité et l’expérience professionnelle acquise dans mon atelier ont permis à certains collaborateurs de se mettre à leur compte. C’est l’âme de mon projet : si je peux leur apprendre à travailler seuls et prendre leur avenir en main, ce n’est que du bonheur ».

La formule semble porter ses fruits, mais pas question cependant de s’agrandir. Les 2 magasins gantois suffisent. Ses vêtements sont également livrés à des enseignes situées dans d’autres villes pourvu qu’elles partagent les mêmes préoccupations et fassent abstraction du profit.

Bharat est au four et au moulin. Il conçoit tous les vêtements et dessine des modèles pour certains clients, il est présent en magasin, s’occupe de la gestion et se rend 2 à 3 fois par an au Népal. C’est loin d’être un fardeau. « Je suis simplement ravi de pouvoir faire quelque chose pour mon prochain et pour le bien-être de la planête. Je m’épanouis de voir mes collaborateurs heureux et mes clients satisfaits ».

 

www.yak-yeti.be

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