Vous consommez (beaucoup) plus d'eau que vous ne le pensez !

Protos
18 septembre 2018
En moyenne, un Belge consomme environ 100 litres d'eau du robinet par jour. Cependant, en réalité, nous consommons beaucoup plus d'eau, en moyenne 7 400 litres d'eau par personne et par jour. En effet, nous utilisons l'eau non seulement de manière « directe » pour boire, cuisiner, nous laver, entre autres, mais aussi de manière « indirecte », pour produire tous les biens et services que nous consommons.

La fabrication d'une feuille de papier nécessite environ 2 à 13 litres d'eau. Le processus de culture et de production d'1 tasse de café nécessite 176 litres d'eau. Pour produire et transformer le coton nécessaire pour 1 pantalon en jeans, il faut 8 000 litres d'eau. Pour 100 grammes de bœuf, environ 1 500 litres sont nécessaires (principalement pour produire la nourriture de la vache).

 

Eau directe et indirecte

Afin de mesurer la consommation d'un produit en eau tout au long de la chaîne de production, le professeur A. Y. Hoekstra de l'Université de Twente aux Pays-Bas a mis au point l’indicateur « empreinte eau », une mesure de la consommation d'eau pour un produit ou service, et qui tient compte de tous les maillons de la chaîne de production.

L'empreinte eau d'une personne correspond à la quantité d'eau qu'elle consomme directement et indirectement. L'eau directe est celle du robinet ou les eaux souterraines et de pluie que l'on utilise. L'eau indirecte désigne l'eau virtuellement contenue dans tous les produits et services utilisés : alimentation, papier, énergie, vêtements, mobilité. Cet indicateur permet donc de mesurer l'empreinte eau d'une école, d'une municipalité ou d'un pays par exemple.

 

L'eau douce, une ressource précieuse

Il existe une quantité constante d'eau douce dans le monde entier. Cependant, une population mondiale croissante doit se partager ce volume. En 1800, le globe comptait 1 milliard de personnes ; en 1960, 3 milliards ; en 2017, 7,5 milliards. Nous consommons aussi de plus en plus. En outre, en raison des conditions météorologiques plus extrêmes résultant des changements climatiques, les populations sont plus fréquemment confrontées à des sécheresses et des inondations extrêmes. Ces facteurs exercent une pression sur les réserves mondiales d'eau douce. Si toute cette eau était partagée équitablement, chaque habitant du monde disposerait d'environ 5 500 litres d'eau par jour. Ce volume représente la « juste part de l'eau ».

Nous consommons aussi de plus en plus. En outre, en raison des conditions météorologiques plus extrêmes résultant des changements climatiques, les populations sont plus fréquemment confrontées à des sécheresses et des inondations extrêmes.

Importation d'eau

La disponibilité et l'utilisation de l'eau ne sont pas équitablement réparties. En Belgique, nous importons 75 % de l'eau que nous utilisons. Nous sommes donc très dépendants des autres pays. Une grande partie des biens que notre pays consomme proviennent de pays en développement qui souffrent déjà d'une pénurie d'eau : Inde, Pakistan, Indonésie, Thaïlande, Côte d'Ivoire, Ghana, Somalie, Djibouti, Cameroun.

Notre mode de consommation actuel a des répercussions importantes sur la disponibilité en eau (souvent déjà faible) dans les pays en développement. À court terme, cela signifie des revenus pour le pays. Cependant, lorsque la quantité d'eau utilisée dans une région est telle que les lacs, les rivières et les nappes phréatiques s'assèchent, on est bien loin de l'objectif de durabilité. Par exemple, la mer d'Aral située à cheval sur l'Ouzbékistan et le Kazakhstan – autrefois le quatrième plus grand lac du monde – a presque totalement disparu. L'eau du fleuve qui alimente le lac a été détournée pour l'irrigation des champs de coton environnants, entraînant une perturbation de l'écosystème. La réduction de la taille du lac signifie également moins d'évaporation, de nuages et de pluie.

La consommation d'eau est donc un sujet très complexe à l'échelle mondiale. Les responsabilités en la matière relèvent non seulement des gouvernements et des entreprises, mais aussi des consommateurs. Si nous voulons consommer l'eau de manière durable, la Belgique doit réduire son empreinte eau de 30 % par rapport à la juste part de l'eau.

Si nous voulons consommer l'eau de manière durable, la Belgique doit réduire son empreinte eau de 30 % par rapport à la juste part de l'eau.

Quelques conseils pour réduire votre empreinte sur l'eau :

 

  • Consommer moins

 

  • Donner une seconde vie aux biens usagésManger plus de végétaux et moins de viande

 

  • Ne pas gaspiller les aliments

 

  • Choisir des aliments biologiques

 

  • Opter pour des produits locaux et de saison

 

  • Chercher des alternatives au coton, comme le chanvre, le bambou ou la viscose

 

  • Soutenir l'énergie solaire ou éolienne

 

  • Réduire sa consommation d'eau du robinet et la remplacer par de l'eau de pluie si possible.

 

  • Réduire la pollution de l'eau :

                         o Choisir des produits biodégradables

                     o Éviter les emballages en plastique

                     o Ne pas utiliser de pesticides

                     o Apporter les substances nocives au parc de recyclage

 

 

Plus d'infos sur l'empreinte eau ?

https://www.protos.ngo/fr/lempreinte-eau (seulement disponible en néerlandais)

 

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