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Alexander De Croo blogue depuis New York - 19/9

Alexander De Croo
19 septembre 2017
New York, 19 septembre 2017 – Waw ! Quelle soirée hier au Global Citizen Live! Dans la salle du Skirrball Centre bien remplie à la New York University, on a pu entendre la musique de Bridge Over Troubled Water du tout bon Paul Simon et la formidable Annie Lennox (l’une de mes chanteuses préférées pendant ma jeunesse). Et en intermezzo, j’ai pu délivrer un message de quelques minutes devant un millier de personnes.

Innover pour sauver des vies

Et ce message consistait d’abord à demander plus d’investissements dans l’innovation pour sauver des vies. L’année prochaine, la Belgique doublera ses investissements dans l’innovation humanitaire pour les faire passer de dix à vingt millions d’euros. Aujourd’hui, un pour cent seulement des budgets humanitaires sont affectés à l’innovation et à la recherche. Alors que ce sont justement les progrès de la recherche qui nous permettront demain de sauver des vies.

Je vous donne un exemple ? Avec le Programme alimentaire mondial (le PAM), nous investissons dans un programme de recherche sur les drones humanitaires. Grâce à ces drones, les organisations humanitaires pourront recueillir plus rapidement des informations sur les zones touchées par des catastrophes et venir en aide aux personnes les plus vulnérables, souvent situées dans les endroits les plus reculés et éloignés.

Notre pays doit être un pionnier de l’innovation humanitaire. D’autant plus que d’année en année, les budgets humanitaires sont mis sous pression, face à l’augmentation du nombre de crises humanitaires, et qu’il faut de ce fait rechercher des moyens plus efficaces pour répondre aux besoins humanitaires grandissants.

Drone passant devant un couché du soleil
© Shutterstock

Autre approche

Une autre approche. Tel a aussi été le message principal que j’ai délivré à la Columbia University hier matin (vous trouverez ici mon discours). Nous devons concevoir autrement le développement international. Nous avons appris, ces dernières décennies, que le simple fait de fournir de l’aide ne fonctionne pas. Ce qui marche, c’est de rendre les gens plus forts et plus libres. Cela requiert d’autres programmes et d’autres projets, qui sont plus orientés sur les personnes que sur les institutions. Et surtout : il faut laisser beaucoup plus de place aux investissements privés.

C’est une illusion que de penser que les pays occidentaux, avec leurs budgets publics, vont faire la différence dans des pays qui doivent encore faire un bond dans leur développement. J’étais content que Nana Akufo-Addo le président du Ghana, ait exactement le même discours. Nous devons laisser de côté l’aide au développement classique pour parvenir à un véritable développement humain. Et d’ajouter que plusieurs pays asiatiques sont effectivement parvenus, en une seule génération, à passer de la pauvreté à la postérité, “from poverty to prosperity”.

Tous les regards sur Trump

Aujourd’hui, au cours de la séance d’ouverture de l’ONU, tous les regards seront rivés sur un seul homme : le président américain. Il s’agit du premier grand discours de Donald Trump devant les Nations unies. Je me demande s’il parviendra à jeter des pont au-dessus des eaux troubles, bridge over troubled waters… Va-t-il renouer avec le leadership international dont jouissent les États-Unis depuis des décennies ? Ou bien va-t-il s’isoler davantage convaincu de son bon droit, accentuer la polarisation et tourner le dos au reste du monde?

 

 

 

Alexandre De Croo pendant son discours
© Glo.be
Nations unies Aide humanitaire Drone