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Alexander De Croo blogue depuis New York - 20/9

Alexander De Croo
20 septembre 2017
New York, 20 septembre 2017 – Un discours neuf et inspirant. Un vigoureux plaidoyer en faveur de la coopération internationale et de l’unité. Un vibrant appel au respect accru des droits de l’Homme, et notamment des réfugiés. Non, ces termes ne qualifient pas la toute première allocution du président américain Trump devant l’Assemblée générale de l’ONU mais celle du nouveau secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.
 

Dans son discours d’ouverture de la 72e Assemblée générale, Guterres a évoqué les problèmes essentiels auxquels la communauté internationale doit faire face : la prolifération nucléaire, le terrorisme, les conflits non résolus, les changements climatiques, les inégalités, la révolution numérique et la migration. Mais alors que Trump se faisait le chantre de la destruction et poussait à la division, le secrétaire général en appelait à la responsabilité et à des solutions pacifiques.

Le message de Guterres n’était pas tiède, ni pétri de termes vagues et abstraits. Au contraire. Il a appelé un chat un chat, ce qui est un premier pas vers des solutions. Et il l’a fait avec un talent oratoire que nous n’avions plus connu depuis quelque temps chez un secrétaire général de l’ONU.

Guterres pendant son discours
© Belgaimage

Le contraste avec le tout premier discours de Trump devant l’ONU ne pouvait être plus grand. Le président américain a commencé son speech par un nombrilisme américain sans vergogne, comme si la campagne présidentielle de l’année dernière était toujours en cours. S’en est suivi un plaidoyer éculé en faveur de l’État-nation, teinté d’égoïsme et d’intérêt propre. Nous avons aussi eu droit à des postures militaires et des braillements belliqueux, comme si la paix et la sécurité s’obtenaient par la brutalité.

« L’Etat-nation est le meilleur moyen de promouvoir le progrès humain », a déclaré Trump. Avec un tel raisonnement, l’Europe n’aurait jamais pu voir le jour, nous n’aurions pas connu 70 ans de paix en Europe et autant supprimer l’ONU, tant qu’on y est.  Les clés du développement humain et de la paix ne résident pas dans la souveraineté ni dans l’intérêt propre. Ce qu’il nous faut, au contraire, c’est davantage de coopération, d’innovation et d’engagement commun.

Qu’est-ce qui inspire la Belgique et l’Europe : la voie tracée par Antonio Guterres ou celle de Donald Trump? Mon choix est fait.

Nations unies