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Biodiversité et médecine traditionnelle, même combat

Chris Simoens
19 août 2019
Au Bénin, les plantes médicinales favorisent l'emploi et la santé. Il est essentiel de préserver les connaissances en la matière mais aussi les plantes elles-mêmes.

 

La médecine traditionnelle est toujours bien vivace au Bénin. Les herbes médicinales sont cueillies – souvent à l'état sauvage –, commercialisées et utilisées à de multiples occasions. Les Béninois les emploient pour traiter des maladies telles que l'hypertension artérielle et toutes sortes d'infections. Certaines herbes sont également utilisées dans la cuisine traditionnelle. 

Le commerce des plantes médicinales représente un secteur économique important au Bénin. La cueillette et la culture, le commerce de gros, le transport, la transformation, la vente sur les marchés locaux sont source d'emploi. Naturellement, la récolte des plantes sauvages ne doit pas dépasser certaines limites au-delà desquelles la biodiversité serait menacée, de même que l'avenir de ce secteur florissant.

Des scientifiques béninois - avec le soutien de la Belgique - ont donc procédé à une analyse de la médecine traditionnelle dans leur pays et ont relevé 202 espèces de plantes fréquemment utilisées. Certaines des espèces les plus vendues étaient devenues relativement rares. Les connaissances sur les plantes médicinales se transmettent principalement par voie orale au sein des familles.
 

Panneaux indiquant que les plantes ne doivent pas être touchées.
© KBIN/IRBNS

Les chercheurs souhaitent donc approfondir les connaissances en médecine traditionnelle. Outre un magazine, un atlas devrait lui être consacré, présentant également les sites de cueillette des plantes. Chaque grande commune devrait posséder un jardin botanique et il incombe au gouvernement de mettre en place des formations destinées aux personnes qui possèdent encore les connaissances traditionnelles.

Les scientifiques désirent également apprendre à multiplier les plantes médicinales, surtout celles qui se font de plus en plus rares. Les sites où se trouvent les herbes doivent être protégés; de plus, les plantes médicinales peuvent enrichir des forêts dégradées. Les experts proposent également de fournir un meilleur cadre aux producteurs et aux négociants, entre autres pour prévenir l'extinction de certaines espèces végétales. Enfin, un observatoire ethnobotanique national doit suivre de près toute la chaîne de valeur des plantes médicinales.

Voir aussi le document de politique original.

CEBioS

L'étude faisant l’objet de cet article a été réalisée avec le soutien du CEBioS (= « Capacities for Biodiversity and Sustainable development »). Ce programme est financé par la Coopération belge au développement et hébergé à l'Institut royal belge des sciences naturelles (IRBSN). CEBioS aide un certain nombre de pays tels que le Bénin, la RD Congo, le Burundi et le Vietnam à développer des indicateurs de surveillance de leur biodiversité afin de mieux en rendre compte dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique.

Au sein du CEBioS, une dizaine de personnes assurent le suivi du volet « biodiversité et développement », notamment le soutien à la recherche, l'information, la sensibilisation, les avis stratégiques et les publications sur la biodiversité et le développement dans les pays du Sud. Le CEBioS organise également de courtes visites de stage en Belgique et des ateliers sur le terrain pour des institutions de pays en développement. Ce programme numérise également les archives coloniales des anciens parcs nationaux afin d'en faciliter la consultation.

 

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