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Des conditions de vie plus sûres autour d'un volcan

Chris Simoens
30 juillet 2019
Grâce aux recherches du professeur belge Alain Bernard (ULB), les Philippines anticipent mieux les éruptions volcaniques.

 

Les Philippines, composées de 7641 îles, comptent un total de 300 volcans dont 23 potentiellement actifs. Il s'agit notamment du volcan « Taal », situé à 60 km de la capitale, Manille, sur l'île de Luzon. Le Taal est le cinquième volcan le plus risqué au monde, il comptabilise 33 éruptions depuis 1572.

Le Taal possède la particularité de former une île dans un grand lac, le lac Taal. Un lac de cratère occupe également le cœur du volcan lui-même. Depuis 1975 – après la dernière violente éruption de 1965 – de plus en plus de poissons sont élevés dans le lac Taal : des milliers de tonnes de tilapia et de poisson-lait, chaque année.

La pisciculture a attiré 8 000 habitants qui vivent à seulement 2 ou 3 km du principal cratère actif. En raison de la forte pression démographique, notamment sur l'île de Luzon, le gouvernement ne peut empêcher ces personnes de s'y installer : chaque parcelle de terrain doit être utilisé.

De plus, la vue époustouflante qu’offre le lac Taal attire chaque week-end des masses de touristes venus de Manille. Au total, en cas d'éruption, le pire scénario serait d'évacuer 230 000 personnes.

 

 

Carte du lac Taal avec au milieu l'île volcanique et le lac de cratère.
© ULB

Teneur en CO2

Le professeur Alain Bernard a réussi à mettre en place un système permettant de prévoir une éruption à un stade précoce. Une série de mini-capteurs, placés dans le lac de cratère, mesurent en continu un certain nombre de paramètres tels que l'émission de dioxyde de carbone (CO2) et la température. La teneur en CO2 s'est avérée être un indicateur extrêmement sensible de la quantité de gaz magmatiques dans le lac de cratère et donc de l'activité volcanique du Taal.

Le professeur Bernard a déjà installé un système similaire en Indonésie, qui a permis de prévoir une éruption du mont Kelud trois semaines avant son déclenchement.

La recherche est le fruit d'une collaboration entre l'UCLouvain et l'Institut philippin de vulcanologie et sismologie (PHIVOLCS) qui est également l'organisme national officiel chargé de l'évacuation en cas d'éruption. Pour ses recherches, le professeur Bernard a reçu un demi-million d'euros de l'ARES, l'organisation faîtière des universités francophones pour la coopération au développement.

 

Vue du lac Taal avec l'île volcanique au milieu.
© Shutterstock
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