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Il faut mobiliser les mères

Enabel
30 mars 2018
La plupart des filles au Niger quittent l'école avant la fin de leurs études. Le projet Sarraounia (Enabel) tente d'inverser cette tendance en stimulant la confiance en soi des filles. Amina, une jeune fille de 16 ans, nous raconte qu’elle ne sait pas encore se qu’elle veut devenir plus tard puisqu’il y a encore tant de choses à découvrir.

 

Pourtant, elle a vu beaucoup de ses camarades de classe quitter l’école après leur mariage, mais Amina ne veut pas suivre le même chemin. « Je pense qu’il est très important de nous éduquer, même si ce n’est pas toujours facile », dit-elle, « En plus de mon travail scolaire, il faut aussi que j’aide mes parents, tout comme mes frères et sœurs : emmener les animaux au pâturage, ramasser le bois de feu et aller chercher de l’eau, et labourer, arroser et surveiller les champs. »

Pour Amina et ses frères et sœurs, l’école la plus proche est à six kilomètres. Cela veut dire que sa journée commence très tôt le matin. « Tous les matins, je balaye, je récure les marmites, je cherche de l’eau et je prépare le petit déjeuner de la famille. Après cela, j’ai environ une heure et demie de marche à faire avant d’arriver à l’école. Heureusement, je ne dois pas faire le trajet toute seule, il y a trois autres filles du village qui m’accompagnent. Avant, on était plus nombreuses, mais la plupart de mes copines ont abandonné », nous confie-t-elle, « Je pense qu’il y a plusieurs de raisons pour cela. D’une part, la plupart des gens ici voient l’éducation des filles comme un gaspillage, car quand elles se marient, elles rejoignent la famille de leur mari. D’autre part, c’est souvent les filles mêmes qui deviennent démotivées. Pas nécessairement parce qu’elles n’arrivent pas à suivre les cours, mais parce que l’école est loin et quand on rentre, il y a encore beaucoup de travail qui nous attend. »

« Moi, j’ai la chance que mes parents me soutiennent. Après les cours, je peux rester à l’école encore quelques heures avant de rentrer. Comme ça, j’ai le temps de faire mes devoirs et de réviser en toute tranquillité. C’est grâce à eux que j’ai réussi à obtenir le BEPC cette année. »

« Nous sommes responsables du faible taux de réussite des filles », déclare Fati, la secrétaire de l’association des mères d’élèves à Birni N’Falla. « Nous donnons tout le temps nécessaire aux jeunes garçons pour s’adonner aux études, mais nous reléguons les filles aux travaux de ménage », poursuit-elle. Pour Fati, les parents doivent accorder autant d’attention à l’instruction de leur fille qu’à celle de leur fils. « Tous deux peuvent et doivent aller à l’école le temps qu’il faut », ajoute-t-elle.

 

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