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L’impression 3D aide la revalidation en Afrique

Antoine Delers
07 juin 2019
Handicap International mise sur la technologie en 3D pour venir en aide aux victimes de catastrophes naturelles et de conflits. Le projet Imp&Acte3D, mené en Afrique, apporte des résultats concluants.

 

Plus de 30 millions de personnes vivant dans les pays à faible revenu ont besoin d’un appareil orthopédique. Pourtant, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), seulement 5 à 15 % d’entre elles ont accès à ces dispositifs. Le développement de nouvelles technologies, comme l’impression 3D et la télémédecine (pratique médicale à distance par le biais des télécommunications), a ouvert la voie à de nouvelles approches en matière de prestation de services de santé. Elles permettent entre autres d’atteindre des patients victimes de catastrophes naturelles et de conflits ou vivant dans des régions éloignées.

Avec le soutien de la Coopération belge au Développement, à raison de 700 000 euros, Handicap International a mis en place un projet de recherche en télémédecine et impression 3D d’appareils orthopédiques, appelé Imp&Acte3D. Cette étude a été menée par Kris Cuppens et Tom Saey, chercheurs du centre d’expertise Mobilab de l’Institut Thomas More, à Bruxelles. En introduisant la technologie d'impression 3D dans la rééducation physique en Afrique de l'Ouest, le but est d’augmenter la productivité actuelle des orthopédistes sur le terrain, afin de pouvoir traiter plus d'enfants et d'adultes souffrant de handicap. Les chercheurs ont mené ce projet de novembre 2017 à novembre 2018 dans trois pays d’Afrique : le Togo, le Mali et le Niger.

Le projet Imp&Acte3D avait également pour but de comparer les effets cliniques des orthèses produites par impression 3D avec celles fabriquées de manière conventionnelle. Statistiquement, les patients préfèrent les premières, notamment pour leur qualité et leur design, bien que les orthèses conventionnelles soient perçues comme plus durables. Du côté de la production, l’impression 3D d’appareils orthopédiques constitue un véritable gain de temps et d’argent, par rapport aux méthodes de production plus traditionnelles.

Un médecin ajuste un appareil orthopédique à la jambe d'un homme.
© Xaume Olleros/HI
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