Enseignement dans les pays en développement – un aperçu

Chris Simoens
01 octobre 2012
Dans les pays en développement, 'aller à l'école'  n'est pas toujours évident. Un bref aperçu pour comprendre pourquoi.

IMPORTANCE

Selon l’UNESCO, facteur essentiel de développement, l'enseignement a un grand impact sur des domaines très divers. A condition toutefois qu'il s'inscrive dans un "environnement favorable" : taux d'emploi suffisant, liberté d'expression…

  • L'enseignement réduit la pauvreté et stimule la croissance économique

Chaque année supplémentaire de scolarité entraîne une hausse de 10 % des revenus. Par année supplémentaire consacrée à l'étude, un pays voit son PIB progresser de 0,37 %.

  • L'enseignement promeut l'égalité des sexes et freine la croissance démographique

Les femmes instruites font davantage entendre leur voix et sont mieux armées pour contrôler le nombre de leurs enfants. Chaque année supplémentaire de scolarité réduit la fécondité des femmes de 10 %. La prolongation de la scolarité permet également un meilleur accès au travail.

  • La scolarisation des mères améliore l'alimentation des enfants et leurs chances de survie

Une année de scolarité supplémentaire des mères diminue le risque de décès des enfants de 7 à 9 %. La hausse du revenu (de 10 %) leur permet en effet de bénéficier de davantage de nourriture et d'eau potable. Les femmes instruites feront plus facilement vacciner leurs enfants et accoucheront plutôt dans un environnement sécurisé. Lorsque la mortalité infantile baisse, les femmes ont moins d’enfants.

  • L'enseignement contribue à la lutte contre le VIH/sida et d'autres maladies

A l’école, les enfants apprennent sur l’hygiène et les femmes instruites recourent davantage aux moyens de contraception.

  • L'enseignement encourage la participation à la société

L'enseignement développe la confiance en soi et encourage la prise de parole. Il permet de prendre des décisions intelligentes et de participer à la vie publique.

DES PROGRÈS…

  • Depuis 2000, au niveau mondial, on a vu régresser d'environ 40 millions le nombre d'enfants fréquentant l’école et ce, malgré la croissance démographique. Dans la catégorie des enfants de 6 à 12 ans (env. 700 millions), 90 % vont à l'école (2009).
  • En Afrique subsaharienne, la scolarisation primaire a crû de 31 % entre 1999 et 2008; les inscriptions ont augmenté de 46 millions.
  • La durée de scolarité des enfants à travers le monde est passée de seulement 9 ans en 1990 à 11 ans en 2008.
  • En 2008, 'l'égalité des chances pour les deux sexes' dans l'enseignement primaire a été mise en œuvre dans pas moins de 116 pays.
  • Tous les 10 ans, le nombre d'enfants fréquentant l'enseignement secondaire augmente de 100 millions.

Le nombre d’enfants non scolarisés est en baisse, mais il pourrait s'élever encore à 56 millions en 2015.

… MAIS DES BESOINS PERSISTANTS

  • 61 millions d'enfants âgés de 6 à 12 ans ne vont pas à l'école, et parmi eux 53 % de filles (2010). 47 % (28 millions) d'entre eux pourraient bien ne jamais aller à l'école; tandis que 26 % abandonnent leurs études, 27 % devraient bientôt entrer à l'école. La moitié (31 millions) habite en Afrique sub-saharienne, où le nombre d'enfants non scolarisés s'est à nouveau accru au cours des 3 dernières années.
  • 48 millions de filles et 34 millions de garçons de 11-12 à 14-15 ans (secondaire inférieur) ne vont pas à l'école.
  • 793 millions d'adultes (au-delà de 15 ans) – parmi lesquels 64 % de femmes – ne savent ni lire ni écrire. Plus de la moitié des adultes analphabètes vivent en Asie du Sud, et on atteint les 75 % si l'on ajoute l'Afrique sub-saharienne.
  • Seulement 36 % des 12-18 ans fréquentent l'école secondaire, les filles manquant le plus à l'appel.

PROBLÈMES PRINCIPAUX

Qualité médiocre

Il arrive que les enfants n'apprennent pas suffisamment à l’école primaire.

Principale cause : les professeurs sont en sous-effectifs, ont des salaires trop bas et sont incorrectement formés.

Autres causes : manque d'équipements (infrastructures, livres scolaires…) ; classes en surnombre ; méthodes d'apprentissage dépassées ; les élèves apprennent peu de choses utiles à leur vie quotidienne ; mauvaise gestion des écoles…

Freins à l'accès

L'école est trop éloignée, le trajet scolaire est trop dangereux, les sanitaires sont absents, les frais trop élevés…

Abandon scolaire fréquent

Les enfants, et en priorité les filles, quittent l'école prématurément car ils doivent aider à la maison, et aussi parce qu'ils y apprennent si peu. 215 millions d'enfants doivent aller travailler.

Groupes vulnérables

Plusieurs facteurs font obstacle : la pauvreté, le sexe, le fait de vivre à la campagne, et parfois aussi la langue et l'ethnicité. Les 28 millions d'enfants restants – issus des familles les plus défavorisées, qui n'iront probablement jamais à l'école – seront les plus difficiles à aider.

L'enseignement secondaire oublié

La lutte contre la pauvreté reste conditionnée au développement de l'enseignement secondaire mais les moyens sont insuffisants. L'enseignement secondaire est en effet plus cher que l'enseignement primaire, les branches spécifiques demandent la présence d'enseignants spécialisés. Les frais à charge des parents sont également plus élevés.

Trop peu d'emplois

L'échec de l'enseignement est l'une des causes principales de la crise politique dans le monde arabe. Le nombre d'inscriptions d'enfants et de jeunes à l'école et à l'université ne cesse de croître, mais le marché du travail n'offre presque aucune perspective.

PARTENARIAT MONDIAL POUR L'ÉDUCATION

Le Partenariat Mondial pour l'Education ou GPE (anciennement: Education pour Tous – Initiative Fast Track) est la seule initiative mondiale de promotion de l'enseignement. Il s'agit d'une collaboration entre pays donateurs et en développement avec des organisations multilatérales, des ONG, le secteur privé et des fonds privés. Son financement est pris en charge exclusivement par les pays donateurs. Le GPE s'est fixé six objectifs ambitieux en faveur de l'enseignement :

  1. Développer l'éducation préscolaire
  2. Education primaire gratuite et obligatoire pour tous d'ici 2015
  3. Promotion des compétences nécessaires à la vie courante pour les jeunes et les adultes
  4. Alphabétisation des adultes (50 % de plus d'ici 2015)
  5. Egalité des chances pour les deux sexes d'ici 2015
  6. Amélioration de la qualité de l'enseignement

QUE FAIT LA BELGIQUE ?

En 2011, la Belgique a octroyé un montant de 6 millions d'euros au profit du GPE. Une augmentation du financement est prévue dans les prochaines années. L'enseignement constitue un secteur prioritaire de la coopération gouvernementale dans 4 pays partenaires: les Territoires palestiniens, le Burundi, la RD Congo et l'Ouganda. Pour le Rwanda, la Belgique a délégué son aide en matière d’enseignement aux Pays-Bas. La Belgique participe à des initiatives internationales de soutien de l'enseignement dans des pays en crise, comme Haïti via l'UNICEF et le Soudan via le GPE. Des moyens sont également alloués à l'enseignement via des ONG comme Plan Belgique, VVOB et APEFE.

Budget de la Belgique pour l'éducation en 2011:

Education général – 40.374.965 (22%)

Enseignement primaire – 14.723.529 (8%)

Enseignement secondaire – 18.018.400 (10%)

Enseignement supérieure – 108.634.616 (60%)

 

Education totale – 181.751.509 ou 9% de l’aide officiel (ADP) belge totale

 

Comparaison avec les chiffres mondiaux

L’enseignement a bénéficié de 8,9 % de l'APD totale en 2009, par rapport à 6,5 % en 2002.

Enseignement primaire : 42 %, enseignement secondaire : 18 %, enseignement supérieure : 40 %

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