La Belgique renforce le Sud

BTC
01 septembre 2015
La Coopération belge au Développement aborde le changement climatique dans divers domaines. Première préoccupation : renforcer le Sud. Quelques exemples de la coopération multilatérale et gouvernementale via respectivement la Coopération technique belge (CTB) et les organismes internationaux.

Gestion de l’eau au Vietnam

Le changement climatique frappera fort au Vietnam : hausse des températures, plus de précipitations et donc d’inondations, montée du niveau de la mer. Par ailleurs, la population se rue vers les villes. L’urbanisation devrait augmenter et atteindre 50% d’ici 2050.
L’extension rapide du tissu urbain est un défi majeur pour la planification urbaine.

Le pays connaît souvent des inondations, qui ont de graves conséquences pour la subsistance, l’infrastructure et la santé. Comment le Vietnam va-t-il faire face au futur climat ? Le gouvernement vietnamien veut donc réduire les risques de catastrophe et créer des zones urbaines résilientes.

La CTB collabore avec trois provinces côtières (Ha Tinh, Ninh Thuan, Binh Thuan) sur le programme Gestion de l’eau et urbanisme en rapport avec le changement climatique. Le programme tente d’évaluer comment le climat changeant influencera les flux d’eau et le niveau de la mer dans ces provinces et quel sera l’impact des inondations. On étudiera avec les autorités locales les adaptations possibles pour répondre à ces menaces. Des systèmes peuvent par exemple être mis en place pour lancer un avertissement précoce afin que la population puisse quitter plus rapidement la zone dangereuse.

Un homme travaille à un système d’évacuation d’eau
© BTC

Electricité verte pour 150.000 familles rwandaises

Afin de favoriser le développement social et économique du Rwanda, le gouvernement mise sur l’approvisionnement en électricité. Actuellement, le pays produit 130 MW et seuls 17 % des familles ont accès au réseau électrique. D’ici 2018, le Rwanda veut produire 560 MW et que 48 % des ménages soient raccordés au réseau. Le but est de produire ou d’importer autant d’énergie que possible de manière durable.

Dans le secteur énergétique, la Coopération belge au Développement se concentre sur la production d’électricité à partir de sources renouvelables et veut accroître l’accès à l’électricité dans les zones rurales. L’approvisionnement en énergie est destiné aux infrastructures sociales, comme les centres de santé, les écoles et les bureaux publics. La CTB a donc construit avec les autorités rwandaises quatre petites centrales hydroélectriques produisant près de 5,5 MW et approvisionnant environ 150.000 familles. Amener l’électricité à la campagne change la vie dans les villages et améliore la prestation de services sociaux. Cela crée de l’activité économique et favorise la création d’emplois en dehors de l’agriculture.
Des panneaux solaires ont été installés dans 50 centres de santé. Avec l’électricité ainsi produite, le personnel peut conserver les médicaments au frais et réaliser à tout moment des opérations chirurgicales/obstétricales.

Amener l’électricité à la campagne crée de l’activité économique et favorise la création d’emplois en dehors de l’agriculture

Ecoles écologiques en Palestine

La température est souvent désagréable dans les écoles palestiniennes : glaciale en hiver et suffocante en été. La rive ouest du Jourdain accueille de plus en plus de constructions écologiques afin d’améliorer le confort dans les classes. L’école de Wadi al Mughair d’Hébron est un projet-pilote utilisant pleinement l’énergie solaire et géothermique.

A dix mètres de profondeur, la température est toute l’année à 16°C. Des tunnels souterrains ont donc été construits et raccordés aux classes pour profiter de l’énergie géothermique. Ils fournissent de l’air « chaud » en hiver et « frais » en été. Les cheminées solaires activent le courant d’air et en fonction des besoins, le professeur ouvre ou ferme les conduites.

L’école présente un mur solaire innovant. On trouve sur le côté est du bâtiment des panneaux métalliques avec de petits trous qui absorbent l’énergie solaire et préchauffent l’air en hiver, avant qu’il soit transporté vers les classes. Sur le côté sud, les classes sont équipées de pare-soleils pour conserver la fraîcheur en été, qui sont démontés en hiver pour profiter de la chaleur du soleil.

La nouvelle école de Bakri va encore plus loin. Toits verts, panneaux et murs solaires, techniques de chauffage et de rafraîchissement passives... Autant d’innovations permettant d’économiser de l’énergie et adaptées au climat local difficile. L’école, fruit d’un concours d’architecture et en cours de conception, doit devenir l’exemple ultime de l’écologie combinée aux approches les plus adaptées pour les enfants.

Une école durable
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La population tanzanienne gère ses ressources

Les ressources naturelles sont sous pression en Tanzanie. Si la population continue d’augmenter à ce rythme et que les ressources naturelles restent intensément exploitées sans réinvestissement, les générations futures en pâtiront. Les écosystèmes intacts offrent en effet un éventail de services et de revenus.

C’est pourquoi la Coopération belge au Développement aide via la CTB la population locale de la Vallée de Kilombero à gérer ses ressources naturelles. Le but est de conserver l’équilibre écologique dans la vallée et que la population locale puisse mieux assurer sa subsistance.

Les communautés locales locaux assurent la gestion des ressources naturelles, en mettant l’accent sur les animaux sauvages, la pêche et les forêts. La riche biodiversité des marais demeure ainsi intacte, ce qui freine les conséquences du changement climatique. Cette approche accroît aussi la sensibilisation écologique de la population locale et renforce les liens sociaux, de sorte qu’elle peut mieux s’adapter à un environnement changeant.

Une femme relève des filets de pêche
© IRD

Fonds pour les Pays les moins avancés | FPMA

Le FPMA a été créé en 2001 en tant que fonds climatique sous le Fonds pour l’Environnement mondial (FEM) (cf. p. 5). En 2014, la Belgique a octroyé 12 millions d’euros d’aide au FPMA. L’aide totale atteint jusqu’à présent 49,44 millions d’euros.

Le fonds veille avec les Programmes d’Action nationaux aux fins de l’Adaptation (PANA) à ce que les pays les moins développés s’adaptent au changement climatique. Il s’agit d’activités à court terme, devant renforcer les pays concernés. Les pays partenaires belges avec statut PMA ont développé un PANA avec le soutien du FPMA et plusieurs programmes sont en cours d’exécution.

Au Burkina Faso, un tel projet a joué un rôle important pour intégrer les risques liés au changement climatique dans sept stratégies de développement spécifiques au secteur. Le processus relatif au plan d’adaptation national du Burkina Faso a aussi servi de moyen d’adaptation des besoins à moyen/long terme.

Agrobiodiversité dans les Andes péruviennes

Victor Rojas vit à Patahuasi, un village en hauteur dans la cordillère des Andes centrale du Pérou. C’est un Yachichiq, ou gardien de connaissances ancestrales. Il a hérité de son père et de son grand-père d’innombrables connaissances sur la riche agrobiodiversité de Patahuasi, et surtout sur la grande variété de céréales, légumineuses et tubercules indigènes. Ce savoir lui permet de cultiver avec succès à diverses altitudes et d’être mieux armé contre les risques que représente le climat andin orageux.
Il est convaincu qu’une telle agrobiodiversité est la clé pour aborder le changement climatique dans le monde. Il a répertorié 124 variétés de pommes de terre indigènes, chacune spécifiquement adaptée à certaines altitudes et conditions écologiques.

Grâce aux efforts de Victor et d’autres Yachichiq locaux, l’administration régionale d’Apurimac a proclamé les districts d’Huayana et de Pomacocha premières « Zones de conservation d’agrodiversité » au Pérou. Ce tournant souligne l’importance de l’agrobiodiversité unique et précieuse des Andes péruviennes. Cela permet de garantir une sécurité alimentaire aux générations futures malgré le changement climatique, et ce dans le cadre de PRODERN, un projet en partie réalisé par la CTB et le ministère péruvien de l’Environnement.

Des paysans exposent leur marchandise dans une prairie
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Fonds international de Développement agricole | FIDA

Le Fonds international de Développement agricole (FIDA) soutient les agriculteurs pauvres dans les pays en développement afin de lutter contre la pauvreté et la faim, mais aussi pour améliorer leur productivité agricole, leurs revenus et leur qualité de vie.

Les petits agriculteurs sont encore plus touchés par le changement climatique. C’est pourquoi le FIDA a développé un programme spécifique pour mieux les armer contre ce climat changeant : il s’agit de l’Adaptation for Smallholder Agriculture Programme (ASAP). En 2013, la CTB a soutenu l’ASAP à hauteur de 6 millions d’euros.

L’ASAP est actif dans plus de 30 pays, dont le Mozambique, le Niger, le Mali, le Maroc, le Rwanda, la Bolivie et le Vietnam. Ses activités visent notamment à rendre les informations climatiques pertinentes plus accessibles aux agriculteurs, à améliorer la gestion de l’eau et les systèmes d’irrigation pour la production agricole, à diversifier les plantes agricoles, à développer des activités alternatives comme source de revenus complémentaires pour les agriculteurs, à tester des plantes résistantes à la sécheresse, etc.

Programme des Nations Unies pour l’Environnement | PNUE

Le changement climatique est l’un des sept domaines prioritaires du PNUE, se concentrant sur la résistance au climat, l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique. Le PNUE a des partenariats avec d’autres organisations et institutions de l’ONU, tant pour l’atténuation (soutien du développement pauvre en carbone, économie verte) que pour l’adaptation. Dans certains pays partenaires belges, le PNUE mène avec le Programme de Développement de l’ONU (PNUD) la Poverty Environment Initiative : une lutte contre la pauvreté tenant compte de l’environnement.

L’Ecosystem based adaptation est l’un des piliers du programme climatique du PNUE. La biodiversité et les services d’écosystème appartiennent à une stratégie d’adaptation générale pour aider les citoyens et les communautés à s’adapter aux effets négatifs du changement climatique aux niveaux local, national, régional et mondial. Des écosystèmes sains, qui fonctionnent bien, renforcent en effet la résistance naturelle contre les conséquences du changement climatique et réduisent la vulnérabilité de la population. La gestion basée sur les écosystèmes complète en outre les actions traditionnelles comme le développement de l’infrastructure.

La Belgique, partenaire de longue date du PNUE, octroie chaque année environ 4 millions d’euros.

Climat Eau Energie renouvelable Biodiversité Nutrition
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