L'accord de Paris sur le climat est irréversible

Chris Simoens & Ulrik Lenaerts
20 janvier 2017
Au début de l'année dernière, nous évoquions l'accord de Paris sur le climat (Globe, 1/2016). Un nouveau sommet sur le climat a eu lieu fin 2016 à Marrakech. Quels en sont les résultats ?

RATIFICATION : PLUS VITE QUE PRÉVU

L'accord de Paris sur le climat est entré en vigueur le 3 novembre 2016, juste avant la Conférence de Marrakech sur le climat (7-18 novembre 2016). À cette date, au moins 55 pays, responsables ensemble d'au moins 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, avaient officiellement déposé leur ratification auprès des Nations unies. Cette ratification s'est faite bien plus vite que prévu, notamment grâce aux efforts du président Obama (États-Unis) et du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon. L'Union européenne a ratifié l'accord en octobre et n'a donc pas attendu la reconnaissance de chacun des États membres, prévue en 2017.

LES 4 RÉSULTATS DE LA CONFÉRENCE DE MARRAKECH SUR LE CLIMAT (COP22)

Peu de résultats concrets étaient attendus lors de la Conférence de Marrakech sur le climat. Mais encouragée par l'activation rapide de l'accord sur le climat, la conférence souhaitait montrer qu'il existait une volonté politique forte d'aborder la thématique du changement climatique. La conférence a finalement obtenu quatre résultats importants.

1. Le « rulebook » doit être établi d'ici 2018

La Conférence de Paris sur le climat ne mentionne souvent que des principes importants et des objectifs pour chacun de ses chapitres tels que la transparence, l'imputabilité et le renforcement des capacités. Il s'agissait donc d'établir un « rulebook », c'est-à-dire un ensemble de règles applicables et détaillées sur la base de ces principes, et notamment qui fait quoi. La Conférence de Marrakech sur le climat a décidé que ces modalités d'application devaient être établies d'ici 2018, et non d'ici 2020 comme initialement prévu.

2. Le processus de décision jusqu'en 2018 sera pris en charge par toutes les parties

Une « conference of the parties » est généralement organisée après une ratification : il s'agit d'une conférence pendant laquelle les pays qui ont ratifié l'accord – les parties à l'accord – se concertent. La première réunion de l'accord sur le climat a eu lieu à Marrakech. Il y a été convenu que tous les pays seraient impliqués dans l'élaboration des modalités d'application jusqu'en 2018, même ceux qui n'ont pas encore ratifié l'accord, mais qui ont l'intention de le faire. Ces pays ne sont donc pas exclus du processus décisionnel.

3. Il est possible d'allouer 100 milliards de dollars par an à la réduction des émissions des pays en développement et au renforcement de leur résilience face aux changements climatiques

Il n'est pas facile de calculer précisément les montants consacrés au climat. À Marrakech, les pays riches ont présenté une analyse très solide concernant leur financement climatique des pays en développement. L'étude indiquait que le financement public par les pays riches passerait de 41 milliards de dollars au cours de la période 2013-14 à environ 67 milliards de dollars à l'horizon 2020. En incluant le financement privé (les crédits à l'exportation par exemple), nous devrions dépasser les 100 milliards de dollars en 2020. Les pays en développement ont eux aussi accepté les conclusions de cette étude. La promesse de Copenhague (2009) de mettre 100 milliards de dollars à la disposition des pays en développement n'est donc pas restée lettre morte.

4. L'accord de Paris sur le climat est irréversible

L'accord de Paris sur le climat de 2016 a été largement soutenu par la société civile. Il a marqué un tournant dans la manière dont le monde fait face au changement climatique. Marrakech devait confirmer la volonté politique d'évoluer vers une économie faible en carbone. L'élection du climatosceptique Donald Trump à la présidence des États-Unis pendant la Conférence de Marrakech n'a fait que renforcer l'urgence d'un tel signal. La conférence est parvenue à envoyer un signal politique fort soulignant l'irréversibilité de l'accord de Paris sur le climat. Par ailleurs, l'initiative réside depuis entre les mains de toutes les parties concernées et ne se limite plus seulement à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Les pays, les ONG, le secteur privé, les particuliers, etc., sont encouragés à mettre l'accord en pratique.

 

Trouvez les réponses à cinq questions courantes sur l'accord sur le climat. 

 

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