L'eau: un si précieux liquide

Moussa Badji & Elise Pirsoul
01 décembre 2013
L'eau: quand il en manque, quand elle déborde, quand on n'y a pas accès, ou qu'elle n'est pas potable, quand elle coule dans les toilettes, ou des océans, quand le climat change, quand la coopération s'en mèle... Voici un apreçu des défis et des approches de développement dans le domaine de l'eau. 

Un besoin fondamental :

L’eau, c’est la vie. Le précieux liquide est en effet un élément fondamental de l’alimentation saine, de la santé et également de la production alimentaire et du commerce.

-L’eau potable est indispensable à l’alimentation de base.  Quotidiennement, le corps humain a besoin d’eau saine.
-L’eau douce est utile à d’autres besoins de base comme l’hygiène.
-L’eau douce est nécessaire à la production alimentaire. L’ agriculture grande consommatrice d’eau : les besoins sont de mille fois celle que nous buvons. Dans les régions côtières, le poisson fournit une grande partie des protéines
-L’eau douce est nécessaire pour l’industrie et le commerce : des secteurs qui en sont grand consommateurs et sont les piliers économiques d’un pays

Un hamburger nécessite 2.400 litres d’eau, tenant compte du maïs nécessaire à nourrir les vaches.

Mais les défis sont nombreux                   

-L’accès à l’eau : même dans les régions où l’eau est présente en quantité suffisante, les populations n’y ont pas toujours accès. L’eau est une ressource naturelle qui doit être accessible à tous, mais si les services publics n’ont pas les moyens techniques et financiers pour en assurer l’épuration et l’adduction, faut-il faire appel au privé qui risque d’en faire un produit commercial ? 
-L’assainissement : le traitement des eaux usées. L’accès à l’eau ne suffit pas, il faut en plus qu’elle soit potable (pour boire) ou exempte d’agents porteurs de maladies  (les grandes maladies liées à l’eau sont le choléra, l’onchocercose, Bilharziose, ainsi que la malaria, dans le sens où la présence d’eau stagnante favorise la prolifération des moustiques porteurs de malaria).
-L’augmentation démographique : l’augmentation des besoins alimentaires et l’urbanisation rapide provoquent une pression toujours plus grande sur les ressources hydriques. Celle-ci est également accélérée par les changements dans les habitudes alimentaires des populations. Ainsi, la consommation croissante de viande pèse lourdement : 1 kg de viande nécessite 4 fois plus d’eau qu’un kilo de céréales !
-Les changements climatiques peuvent provoquer sécheresse, inondations, fonte des glaciers, montée du niveau hydrique, perte d’eau douce. Ces conséquences font de l’eau un élément central au coeur des stratégies d’adaptation.
-Océans : surpêche, pollution, élévation du niveau des mers sont autant de dangers pour la planète et autant de points discutés à la conférence de la terre Rio+20.
-Rôle des femmes et des enfants. Dans les pays du Sud, c’est généralement aux femmes et aux enfants qu’incombe la « corvée de l’eau ». Celle-ci nécessite dans beaucoup de cas de faire des kilomètres pour ramener l’eau de la famille.

Ce qu’il faut savoir sur l’eau douce :

 

-L’eau est considérée comme potable lorsque c’est une eau douce propre à la consommation humaine et exempte de germes pathogènes ou de substances toxiques.

-De toute l’eau présente sur Terre, 97,5% est salée and 2,5% est de l’eau douce. De cette eau douce, environ 69% est de la glace, 30% est retenue par les sols et un peu moins de 1% (0,007% de l’eau totale) est de l’eau facilement mobilisable pour l’utilisation humaine.

-2 milliards de personnes vivent dans une région qui subit un « stress hydrique » (qui offre moins de 1700 m3 annuel d’eau douce par habitant). La Flandre en fait partie.

-Les pays à faible revenu ou à revenu moyen utilisent 82% de l’eau douce pour l’agriculture, 10% pour l’industrie et 8% pour les besoins domestiques.

-Les pays à haut revenu utilisent 30% de l’eau douce pour l’agriculture, 59% pour l’industrie et 11% pour les besoins domestiques.

Deux paires de main sous l'eau coulante
© Isabel Corthier

Quand la Coopération belge s’en mêle

La Coopération belge au développement entretient une coopération gouvernementale dans 18 pays partenaires. Parmi ces pays, nombreux sont ceux qui manquent d’eau régulièrement. Les populations souffrent des aléas de la pluie (trop peu ou trop) et sont  vulnérables aux sécheresses et aux inondations. Le secteur de l’eau a pâti pendant des décennies de sous-investissement dans les infrastructures de l'eau et les services connexes.

La Coopération belge soutient le secteur de l’eau potable et de l’assainissement en raison de l'impact sur les rendements agricoles pour les petits agriculteurs et la santé des populations. La coopération belge propose des programmes articulés autour de :

- l’augmentation de la disponibilité des ressources en eau
- l’accès durable aux services de l’eau
- la résilience aux changements climatiques.

Via

- des investissements dans les infrastructures de l’eau à grande échelle (barrages, grande adduction) et petite échelle  (fontaines, puits…)
- le renforcement des capacités des institutions (formations, équipement, etc.) et la promotion de la gestion intégrée, durable et équitable des ressources en eau ainsi que des installations d’assainissement de base.
- le monitoring et évaluation des ressources en eau 
- la collaboration avec d'autres bailleurs de fonds
- la participation contrôlée du secteur privé dans le secteur de l'eau.

La problématique de l’eau est traitée selon l’approche « intégrée » : la coopération prend en compte les différents composants (sociaux, environnementaux, climatiques)  qui entourent la problématique dans un lieu donné.

Les bonnes nouvelles des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) :

  • En 2010, 89 % de la population mondiale (6.1 milliards de personnes),  utilisaient d’avantage de points d’eau potable. Ce résultat est au-delà des objectifs du Millénaire (88 %).En  2015,  92 % devraient y avoir accès.

  • Entre 1990 et 2010, 2 milliards de personnes ont obtenu l’accès à l’eau potable.
  • D’ici 2015, 67 % de la population bénéficiera des infrastructures sanitaires (l’objectif OMD est de 75 %).
  • Depuis 1990, 1.8 milliards de personnes ont obtenu l’accès à des  WC.

593 millions de personnes en Chine et 251 millions en Inde ont accès à des sanitaires depuis 1990. La Chine compte pour plus de 95% des progrès sanitaires réalisés en Asie de l’Est.

Mais:

  • 11% de la population mondiale, soit 783 millions de gens n’ont toujours pas accès à l’eau potable
  • 2.5 milliards de personnes n’ont pas d’accès sanitaire. Ils seront encore 2.4 milliards en 2015.

Les pays d’Afrique Sub-saharienne représentent 40% de la population globale qui n’a pas accès à l’eau potable.  

Environnement Eau
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