L’éducation des enfants réfugiés en crise

Sophie Carreau
18 octobre 2019
Le HCR, l’agence des Nations-Unies pour les réfugiés, a récemment publié un rapport concernant l’éducation des enfants réfugiés dans le monde et dresse le portrait d’une possible « génération perdue ».

Sur les 7,1 millions d’enfants réfugiés en âge d’aller à l’école, 3,4 millions d’entre eux n’ont pas cette chance, rapporte le HCR. Cependant, tous sont conscients de l’importance que l’éducation peut avoir pour leur futur. Par exemple, Gift, 10 ans, a fui la guerre au Soudan du Sud en direction de la République Démocratique du Congo. Il a appris le français et a bricolé sa propre lampe solaire, afin de mettre toutes les chances de son côté pour continuer à suivre les cours dispensés par l’école primaire à Uboko.

Selon Filippo Grandi, Haut-Commissaire des Nations-Unies pour les réfugiés, l’école peut être considérée comme une « seconde chance » pour tous ces jeunes. Pourtant, si 63% des enfants ont l’opportunité d’aller à l’école primaire, ce chiffre chute drastiquement à 24% concernant les adolescents ayant la chance de continuer dans le secondaire et seuls 3% d’entre eux continueront des études de cycle supérieur.

Sur les 7,1 millions d’enfants réfugiés en âge d’aller à l’école, 3,4 millions d’entre eux n’ont pas cette chance.

Comment expliquer cet écart considérable ?

Cela s’explique, tout d’abord, par le manque d’infrastructures scolaires pour les réfugiés, voire l’absence totale de celles-ci et ce, même pour la population locale.

De plus, les réfugiés remplissent rarement les conditions d’inscription et d’admission dans les écoles: vaccins pas en ordre, documents d’identification perdus ou non reconnus, maîtrise de la langue insuffisante, etc. Si certains enfants ont pu profiter d’une éducation « non-officielle » afin de rester à niveau, celle-ci est rarement valable et ne leur permet pas de continuer leurs études.

Il faut aussi savoir que les trajets depuis les camps - ou les logements pour les plus chanceux - jusqu’aux aux portes de l’école sont souvent très longs et traversent des zones dangereuses et instables. En outre, la liberté de mouvements de ces communautés est fréquemment limitée.

Et enfin, la pression familiale à laquelle doivent faire face les adolescents joue également un rôle. En effet, beaucoup d’enfants ont, en grandissant, le devoir d’aider financièrement leurs familles. Celui-ci est souvent vu comme étant plus important que leur scolarité. A cet égard, les filles sont régulièrement désavantagées par rapport aux garçons, et plus facilement encouragées à laisser tomber leurs études au profit d’un mariage ou d’une possibilité de percevoir un revenu.

 

Que propose le HCR ?

Le HCR cherche le soutien des gouvernements, des secteurs privés et autres établissements d’enseignement pour ses projets de restauration des bâtiments et de formations des enseignants. Il veut également mettre en place un meilleur accompagnement financier des  familles, afin de leur donner les moyens de faire face à leur statut de réfugié. Ces initiatives ne profiteront pas qu’aux enfants réfugiés, mais également aux enfants des communautés qui les accueillent. En effet, les situations mises en lumière par le HCR concernent, pour la plupart, des pays ayant eux-mêmes peu de moyens pour l’éducation.   

C’est donc par l’investissement dans leur éducation, que les jeunes réfugiés auront l’opportunité de trouver un travail, de contribuer au bien-être de leur communauté et de se préparer à être des acteurs du monde d’aujourd’hui et de demain.

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